By the Sword – Chronique de l’Heroic Fantasy au Cinéma

Category: FanzinesLivres Comments: 3 comments

Yeah, we’re warriors, warriors of the world comme diraient nos bestiaux de Manowar : alors please Thierry Augé, tell me a story, celle de l’heroic fantasy au cinéma… Dans une yourte si possible, au feu crépitant et sauvage d’un foyer rustique. Pas dans La Séance à Roggy hein – site imparable s’il en est – mais sur beau papier, comme dans l’ancien Monde (qui a définitivement du bon), et dans un fanbook déjà majeur pour qui bande dur aux exploits des Conan, Frodon et autres Roi Arthur, ou de leurs petits frères – même les plus mal fagotés.

 

 

 

By the Sword donc, ou l’histoire ici contée d’un genre absolument pluriel, mouvant, voire désuni, et riches de ses fugues ou de ses prolongements : péplums barrés qui affleurent, anim’ qui dessinent leurs petites perles (Tygra – la Glace et le Feu), aventures orientales très « heroic » ou science-fiction frappadingue qui mixe les ambiances. Il fallait donc bien cette épaisseur et cette densité, 184 pages glacées qui forment parfait écrin à ce filon ô combien cinégénique : une couverture hypra incitative, l’intérieur tout couleur et une maquette au cordeau (signée Rigs Mordo) font de ce By the Sword un bel objet comme on dit, que l’on feuillette et refeuillette des étoiles plein les mirettes et des souvenirs plein le cervelet. Bref, le support fabriqué là redonne ses lettres de noblesse à un genre que l’on aime adorer, ou qu’on adore détester. Car avec les mondes de l’heroic fantasy, c’est souvent tout l’un ou tout l’autre : on aiguise amoureusement son épée, ou on la laisse rouiller dans les orties. Mais il est un fait que le genre ne laisse pas indifférent, revenu à la mode ces derniers temps avec la fameuse série Game of Thrones… et profitant peut-être de cet irrépressible sentiment d’un monde hic et nunc qui déva, sans substance ni valeurs, où la seule épopée qui vaille est celle de réussir son Black Friday, ou son Cyber Monday. La nostalgie d’un âge d’or en quelque sorte – voire d’un âge sombre – où la quête était ivresse et l’acier était plaisir…

 

 

Pas mieux donc que By the Sword pour recouvrer la puissance de la burne (Papacito style) et la magie du muscle, en un sommaire aussi gouleyant qu’étendu : des vieilleries du genre (Fritz Lang et sa suite) aux hollywooderies contemporaines (Hobbit et compagnie), tout passe ici au fil d’épées tranchantes et massives ; celles de Thierry et de sa tribu, autrement dit les marsouins de Black Lagoon Fanzine : Augustin Meunier, Jérôme Ballay et Adrien – Prince – Vaillant. De là cette tonalité à la fois sincère, amusée et savante de l’expression, qui fait le charme unique de By the Sword tout autant que de Black Lagoon. Et n’allez pas dire qu’il manque des gros seins et des fesses rondes : Où sont les Femmes ? se demandait Patrick, joli titre pour un joli chapitre sacrifié aux femmes virilisées des Hundra, Barbarian Queen ou Amazons. En un mot, les lecteurs du fanzine ne seront pas dépaysés, quand bien même le book est gouverné par un exotisme absolu, invitation réitérée aux voyages les plus aventureux vers des temps, des contrées et des films impensables : Le Mondial de l’Heroic Fantasy tel qu’un chapitre est titré, accroche qui eût pu tout aussi bien convenir au livre entier. Bien sûr, les bisseux pur jus se jetteront sur l’heroic fantasy ritale de nos primes 80’s (L’Heroic Fantasy Spaghetti), pendant que les plus curieux trouveront plaisir à fouiner dans les replis du genre – ces films un peu sur la brèche, méconnus et venus des quatre coins du monde…

 

 

Un peu de sérieux cependant, car il est de l’heroic fantasy comme de n’importe quel rayon du cinéma populaire : la maison compte évidemment ses murs porteurs, largement décryptés ici, comme des phares dans la galaxie d’un filon multiforme et foisonnant : l’immuable Excalibur, The Dark Crystal, Conan le Barbare, la trilogie du Seigneur des Anneaux… Autant de classiques qui creusèrent les sillons de l’heroic fantasy, dans lesquels essaimèrent des paquets de petits films ici chroniqués. Du gros et beau travail donc, fabriqué suivant un patron chronologique ou des orientations plus thématiques (Des Dragons et des Hommes), qui rendent compte de la richesse et de la permanence d’un genre pourtant casse-gueule. A la fin de l’ouvrage, on trouvera encore une petite bibliographie et un inventaire sélectif des principaux titres, classés par année. Vous avez donc compris : The Power of thy Sword est immense, nouvelle pierre angulaire de cette littérature « amateure » et cinéphile qui pourrait très largement en remontrer aux plus « grands ». Indispensable.

David Didelot

3 comments to By the Sword – Chronique de l’Heroic Fantasy au Cinéma

  • denis eric  says:

    un grand bravo pour ce livre… Très complet … du beau boulot
    merci à Thierry Auge, Jerome Ballay, Augustin Meunier e tAdrien Vaillant sans oublier Laurent Faiella à la correction

    Eric

  • Roggy  says:

    Merci beaucoup Eric 🙂

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