The Babysitter

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Si l’on vous dit que la nièce d’Hugo Weaving, que l’on a pu croiser dans Ash vs Evil Dead ou Mayhem, s’en va jouer les babysitter pour l’un des marmots croisés dans le génial Summer of 84, le tout sous la direction de l’agité McG (les deux films Drôles de Dames, Terminator : Renaissance), vous en déduisez forcément que ce n’est pas pour s’en tenir à une chaste partie de Monopoly. Gagné, The Babysitter (2017) rappelle que le Teen Movie ce n’est pas que des baisers sucrés sur le parking du terrain de football américain, mais aussi de vils coups de couteau dans le crâne.

 

Souvenez-vous, ce n’est pas si loin : voilà une dizaine d’années, l’expression « Pfff, encore un film de sale clippeur » était sur toutes les lèvres et pendait de chaque clavier, trahissant la lassitude grandissante de cinéphiles lassés de voir leurs auteurs favoris – mais un peu vieillissants pour certains – progressivement remplacés par des petits jeunes ayant fait leurs dents sur MTV. Du lot, McG faisait indéniablement partie des plus détestés : outre un patronyme ne plaidant pas férocement en sa faveur et faisant plus vite penser à un menu de chez McDonald qu’à un intemporel artiste, le bonhomme, qui offrit son savoir-faire à Korn, Cypress Hill et The Offspring, s’attira les foudres des fans du T-800 en shootant Terminator : Renaissance. Pensez-vous, un simple yes-man parti crapahuter avant ça avec Cameron Diaz dans des comédies d’action regardables mais pas terribles quand même pour succéder à James Cameron ? Pas loin d’être inacceptable pour le fantasticophile à qui Sarah Connor donna le sein… Bon, il s’avéra que le résultat était loin d’être aussi catastrophique que prévu (qu’espéré?), Renaissance, s’il n’atteignait bien évidemment pas le niveau trop élevé des deux premiers opus, ni même celui du trop vite descendu Terminator 3, se présentant comme un blockbuster tout ce qu’il y a de plus fréquentable, McT y mettant en sourdine son style « fun et dynamique » des Drôles de Dames. N’empêche que depuis, c’est pas la gloire : quelques films à milles lieues d’avoir cassé la baraque (Target, 3 Days to Kill) et des séries parfois embarrassantes (L’Arme Fatale version petite lucarne). Et quand le Mister G shoote enfin quelque-chose de réputé, le résultat pourrit au-dessus des étagères des producteurs, tel ce The Babysitter tourné en 2015 mais sorti du purgatoire par Netflix en 2017. Mieux vaut tard que jamais, et si cela permet de trouver le point G, pourquoi pas après tout ?

 

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Du haut de ses 12 ans, Cole (Judah Lewis) n’a pas la vie rose. Certes, sa jolie babysitter Bee (Samara Weaving) semble l’adorer, au même titre que sa voisine d’en face (Emily Alyn Lind). Et puis ses parents (Ken Bad Milo Marino et Leslie Midnight Meat Train Bibb) font tout leur possible pour qu’il soit heureux, papa n’hésitant pas à l’amener sur des circuits riches en gros bolides dans l’espoir que ce petit timide se découvre une virilité sur le bitume. Mais bien trop craintif et discret, le jeune homme est surtout la cible de ses camarades, et la tête de turc toute désignée des petites frappes du quartier. Comme la série noire ne prend jamais de pause, Cole découvre que la Bee qu’il admire tant est une dangereuse psychopathe : alors qu’elle était censée le garder pour que papa et maman puissent retrouver un peu de complicité au lit lors d’un weekend en amoureux, la belle blonde en profite pour inviter quelques amis et sacrifie un nerd à Satan. Son jeune ami ayant assisté à ce tribut satanique, il est comme de juste décidé de le pousser au silence, par tous les moyens possibles… Sorte de Better Watch Out inversé, The Babysitter reprend lui aussi à son compte la méthode Maman, j’ai raté l’avion, faisant du bambin lambda la proie d’intrus aux sombres intentions. La comparaison s’arrêtera néanmoins là, McG n’essayant jamais de créer la surprise, là où Better Watch Out prenait un grand plaisir à inverser les rôles entre ses assaillants et quelques jeunots désireux de passer un Noël au calme. Certes, The Babysitter se plaît à débuter comme la comédie romantique typique et bouffie de clichés (la cabane dans l’arbre, les ballons dans la tronche aux cours de sport, les sales gosses à vélo, la bombasse badass) pour mieux virer au splatter mal élevée et teinté de slapstick, Evil Dead style. Mais une fois sur ses rails horrifico-comique, le film n’en déraille plus et suit son chemin, respectant un cahiers des charges et des horaires si serrés que l’on sait par avance que nous arriverons bien à l’heure à la gare.

 

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Pas vraiment mauvais en tant que tel, le scénario de Brian Duffield (Insurgent) se montre beaucoup trop routinier pour générer la moindre surprise, et le spectateur à moitié attentif devinera vite les méthodes utilisées par Cole pour se sortir du pétrin. Le gosse a peur de démarrer une voiture ? C’est dans une belle embardée qu’il conclura The Babysitter. La cabane coincée au sommet de son noisetier tombe en miettes ? Un affrontement y aura bien évidemment lieu. Froussard, notre héros n’ose se glisser sous le plancher de sa bicoque de peur d’y croiser les mygales qui y traînent ? Il devra comme de juste s’y cacher à un moment ou un autre. Pas la peine d’être l’arrière-petit-fils de Nostradamus pour voir où McG nous mène, le script de The Babysitter ne s’extrayant jamais des carcans du genre, comme si l’entreprise toute entière reposait sur le côté irrévérencieux (mais pas trop) du pitch et ses attributs visuels. En la matière, McG décide d’ailleurs de se lâcher et ressort tous ses trucs de démouleur de clips, au point d’en faire un peu trop : textes plaqué sur l’image, ralentis, accélérations, tubes connus de tous en guise de bande-son… Le jeune public encore vierge de toute expérience cinématographique y verra le summum du cool, mais les trentenaires et plus habitués à bouffer trois pelloches par jour n’y trouveront jamais qu’une épidémies de tics inutiles. Un peu plus sobre, le résultat aurait sans doute été tout autre… Pur produit destiné aux jeunes hipsters – un peu trop référentiel pour son propre bien, le bazar cite Alien, Star Trek et Predator à qui-mieux-mieux -, le dernier essai en date de McG n’en est pas moins un divertissement efficace, dynamique et fort justement rythmé – allez, pour râler encore un peu, on dira que le dernier acte est un peu mou du zboub et se met en difficulté en se comparant à La Nuit des Masques. En outre, le tout profite d’une très bonne interprétation générale, Judah Lewis étant prometteur, tandis que Samara Weaving fait des merveilles en salope folle du grand bouc et que Robbie Amell déborde de charisme en chippendalle avide de sang. De bons moments, qui s’évaporent malheureusement dès que retentit la sonnerie signant la fin de la récré…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: McG
  • Scénarisation: Brian Duffield
  • Production: McG, Mary Viola, Zack Schiller
  • Pays: USA
  • Acteurs: Judah Lewis, Samara Weaving, Robbie Amell, Bela Thorne
  • Année: 2017 (tourné en 2015)

 

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