Mortal Kombat

Category: Films Comments: 7 comments

Puisque l’arrivée imminente dans vos consoles de salon de Mortal Kombat 11 (eh oui, déjà!) a transformé nos chaînes Youtube en un gigantesque ring où se croisent ninja cracheurs de feu et divinité du tonnerre, l’envie de dépoussiérer le film qui lança la carrière de Paul W. Anderson finit par se faire sentir par chez nous. Après tout, c’est aussi l’occasion de vérifier si Mortal Kombat, the movie, est toujours le bon divertissement martial qu’il était il y a plus de vingt ans. Et même d’en profiter pour dire tout le bien que l’on pense de Christophe Lambert, tiens !

 

Ben oui : souvent moqué pour ses petits « hin hin hin » et la plongée vertigineuse que fit sa carrière, le bon Totophe n’en reste pas moins un bon gars, suffisamment simple pour prendre autant de bon temps sur les plateaux du roi de la débrouille Albert Pyun que sur le blockbo de l’été Mortal Kombat (1995). Faut dire que Cricri d’amour est fan de la saga aux ninjas multicolores, ce qui aide sacrément lorsqu’il s’agit d’aller faire le zouave dans une production fantastique qui, vue de loin (et un peu vu de près aussi, faut avouer), a tout du délire d’adolescent attardé. Sorte de Bloodsport partant en vrille et quittant les dojos classiques pour aller se rouler dans un outre-monde décoré de corps calcinés et de cranes, Mortal Kombat narre le combat entre le sorcier Shang Tsung (Cary-Hiroyuki Tagawa, Dans les Griffes du Dragon Rouge) et la race humaine. Le premier, à la solde de l’empereur Shao-Khan, cherche à envahir le monde des hommes, et doit pour ce faire gagner dix Mortal Kombat, tournoi décidant du sort des univers des uns et des autres. On vous le donne en mille, Shang Tsung et ses copains, dont Goro le monstre aux quatre bras, ont déjà remporté neuf éditions au fil des décennies, et la prochaine sera la bonne les concernant. Raiden (Totophe), Dieu des éclairs, ne l’entend bien sûr pas de cette oreille et se constitue une petite équipe de choc pour contrecarrer les plans de son ennemi. Au revanchard Liu Kang (Robin Shou, le remake de Death Race d’Anderson), dont le frère à été liquidé par Tsung, à la star du cinoche branchée tatane Johnny Cage (Linden Ashby, Resident Evil : Extinction) et la flic Sonya Blade (Bridgette Wilson, La Maison de l’Horreur) d’éviter le game over. Et après les 30 ou 40 minutes d’exposition obligatoires, c’est bagarre, bagarre, bagarre !

 

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Difficile de faire un croche-pied à Mortal Kombat à ce niveau, cela dit : pour le meilleur et pour le pire – mais surtout pour le meilleur quand même – le film adapte aussi fidèlement que possible le matériau d’origine, épousant par conséquent sa maigre histoire. Il aurait d’ailleurs été malvenu de s’attendre à plus d’un jeu d’arcade, surtout pensé pour avaler la petite monnaie des gamins pressés de voir des décapitations à mains nues et des karatékas brûlés vifs. Donc non, tout cela n’est pas des plus finauds, et le film se prend un méchant coup de vieux derrière la nuque au niveau des dialogues, basiques et torchés à la va-vite. Si la franchise vidéoludique saura acquérir au fil de ses épisodes le statut d’une saga à l’histoire assez étoffée, jouant sur les vengeances et les conflits familiaux tourmentant ses personnages, elle n’était à la sortie de ce premier métrage qu’une vaste excuse pour montrer des pros du coup de genou s’entre-tuer gaiement. Pas refroidi par la bêtise, surtout lorsqu’elle est assumée et sert à distraire le chaland, Anderson prend le pli d’assumer clairement la nature « bête et méchante » de son sujet, tout comme il tient à respecter le feeling du jeu. Après les présentations d’usage et une fois le décor planté, les combats s’enchaîneront à la même allure que sur une borne d’arcade, chaque adversaire chassant le précédent, chaque gladiateur décédé étant remplacé dans la seconde par une nouvelle brute. Au point que la deuxième moitié de Mortal Kombat prend des airs d’ouragan de mandales, le tempo ne se calmant qu’au détour d’une ou deux sentences de Christophe Lambert, par ailleurs ravi d’être là. Ca se sent au fil de ses éternels ricanements, et cela se s’apprend en potassant le sujet : le Français, soucieux de livrer aux fans le film qu’ils sont en droit d’attendre, acceptera par exemple de tourner toutes ses scènes en Thaïlande gratuitement, la production pensant à l’origine faire appel à une doublure restant sagement à l’arrière-plan. Un beau geste de la part de Totophe, tout comme celui de payer de sa poche la fiesta de fin de tournage, et une preuve que l’acteur ne prenait pas son rôle à la légère…

 

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Et bien heureux Paul Anderson de l’avoir à ses côtés, le réalisateur, totalement inexpérimenté question pelloche d’action, avouant que la décontraction de la star d’Highlander finit par rendre le boulot moins stressant. Heureusement aussi que le futur metteur en scène des Resident Evil profitera de la présence du sympathique Robin Shou, cascadeur venue d’Asie et trouvant en Lui Kang son premier (et seul?) grand rôle au cinéma, et bon conseil pour les chorégraphies et la manière de les filmer. Le résultat se fait sentir : fidèle aux jeux sur le plan visuel (contrairement au naze Street Fighter avec Van Damme, les personnages sont tous fidèlement représentés), les combats affichent une forme plus que satisfaisante et peuvent même offrir, ça et là, quelques beaux mouvements. Dommage tout de même que New Line Cinema, aux cordons de la Bourse, préféra un divertissement tous publics et refusa donc que le gore se fraie un chemin jusqu’aux échanges de politesse entre Scorpion, Reptile, Sub-Zero et compagnie. Anderson contournera le problème en montrant tout de même un squelette pisser le sang et exploser, ou un pauvre figurant finir en morceaux gelés suite à sa rencontre avec le ninja maniant la glace. Pas aussi trash que les jeux, mais toujours mieux que rien.

 

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Le constat est donc sans appel : malgré quelques rides autour des yeux et des articulations qui craquent quand il se baisse, Mortal Kombat tient toujours largement la route. Si l’on oublie quelques CGI désormais hideux (ouch la téléportation de Raiden!), largement compensés par un Goro aux belles animatroniques et une bande-son toujours aussi classe malgré ses vingt piges dans le nez : Napalm Death, Gravity Kills, KMFDM et le Fear Factory de la bonne époque dans vos feuilles de chou ! Flawless Victory ? Pas loin, pas loin…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Paul W.S. Anderson
  • Scénarisation: Kevin Droney
  • Production: Lawrence Kasanoff, Lauri Apelian
  • Pays: USA
  • Acteurs: Robin Shou, Christophe Lambert, Linden Ashby, Bridgette Wilson
  • Année: 1995

7 comments to Mortal Kombat

  • Nazku Nazku  says:

    Quand j’ai vu sur Twitter que tu avais fait la critique de ce film, j’étais déjà mentalement prête à monter aux barricades pour sauver l’honneur du film mais finalement je n’ai pas besoin de le faire puisque tu as écrit une critique positive. Ouf! Le seul vrai problème du film est le manque de sang, mais sinon on passe un chouette moment. MORTAL KOMBAAATTTT!

  • Pascal G.  says:

    Jolie réhabilitation de ce film, qui le mérite, et de Totof, qui le mérite tout autant !

  • Roggy  says:

    Ca ne nous rajeunit pas vieille branche pour ce film vu en salle avec des mômes surexcités :).

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