Thor le guerrier

Category: Films Comments: 2 comments

Puisque le fanbook By The Sword de Thierry Augé vient d’atterrir sur les étals et possiblement dans vos boîtes aux lettres – et si vous n’avez toujours pas passé commande, n’hésitez pas à cliquer sur la bannière à droite, elle vous mènera jusqu’à la caverne de Mister Augé -, nous avons pensé que le moment était propice pour ressortir les glaives rouillés du cinéma bis rital. Pour l’occaz’ on tape dans le special guest, et c’est Jérôme Ballay qui s’y colle avec Thor, Le Guerrier (1983).

 

 

Accrochez-vous, parce qu’avec cette production des début des années 80 de Tonino Ricci, nous atteignons le fond du fond du panier de l’heroic fantasy à la romaine. Si l’Italien, comme a son habitude planqué derrière le pseudo d’Anthony Richmond, n’avait jamais vraiment brillé jusque-là dans le fantastique (Bermudes, Triangle de l’Enfer se laisse mater mais ne casse pas trois pattes à un canard, Bakterion est super chiant…)  s’est-il seulement rendu compte qu’avec cet énième Conan-like du pauvre il avait poussé le bouchon un peu trop loin ? Gare à vos mirettes donc, vous allez faire connaissance avec Thor le Guerrier (en vo Thor il Conquistatore), un nouveau héros biberonné aux hormones bovines qui n’a peur de rien. Et encore moins du ridicule.

 

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Ne cherchez aucun lien de parenté avec le dieu asgardien made in Marvel, le Thor qui nous intéresse ici est un orphelin élevé  par le sorcier Etna (Luigi Mezzanotte) après que son père ait été lâchement assassiné par le vilain Gnut et sa horde de sauvages. Une fois adulte, notre héros, au nom du dieu Teisha, se lance dans une quête qui le conduira jusqu’à l’assassin de son vieux. Quelle misère que ce sous-Conan avec Bruno Minniti, bellâtre bien plus reconnu pour son physique d’athlète que pour la qualité de ses prestations, qui pour nous convaincre d’être un barbare au sens propre du terme, est contraint de manger du poisson cru comme un goret, de parler à l’infinitif  quand il y pense (« Thor pille ! », « Thor tue ! » gueule-t-il sans comprendre pourquoi on se fout de sa gueule ; passages obligatoirement coupés au montage) et d’apprendre ce qu’est réellement une femme à travers les propos ultra misogynes du gazier qui l’a pris en charge dés sa naissance. A savoir un magicien d’opérette passant la majeure partie de son temps sous la forme d’un hibou et qui ne file un coup de main à son pupille que quand ça lui chante. En ces temps lointains, la gent féminine est encore loin d’avoir le droit de vote, toute dévolue qu’elle est à se faire tripoter les nibards par de gros rustres après avoir pris une dérouillée, tout ça pour finir directement au plumard sans qu’on ne lui demande son avis. Thor apprendra quand même à regarder celle-ci d’un autre œil quand il s’éprendra de la belle Sheeba (Maria Romano), guerrière qu’il a capturée en cours de route et qu’il foutra rapidement en cloque. Bon, ça ne l’empêchera quand même pas d’aller culbuter la vierge blonde que lui offre un chef de village en guise de cadeau, pour être venu les défendre de l’oppression. Vu que sa compagne « officielle » est ok, y’a pas de lézard… C’était cool la vie en ce temps-là.

 

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Le scénario de Tito Carpi semble avoir été rédigé en cinq minutes sur la table d’une trattoria et ne laisse place à aucun semblant d’intrigue : Thor, une fois devenu grand, s’en va gambader dans quelques forêts et prairies, affronte d’autres barbares, un démon téléporteur au visage ravagé, un trio de donzelles armées jusqu’aux dents, des cannibales peinturlurés braillant comme des fans de M Pokora, un fermier borgne qui se foutait de sa gueule, avant de s’installer définitivement dans un petit patelin de paysans où il se retrouve face à face avec le sadique Gnut, qui lui crève les yeux. Heureusement le dieu Teisha le guérira grâce au venin d’un serpent magique, lui refilera un beau cheval blanc pour faire peur aux larbins de Gnut (scène hilarante où les crétins, apeurés devant le canasson, décampent la queue entre les jambes), lui permettant ainsi de coller tranquillement une dégelée à ce dernier au moment même où Sheeba lui offre un fier descendant. Fin du long métrage, circulez y’a rien d’autre à voir ! Ah si, Thor plante des graines miraculeuses – du blé visiblement – qui permettront à son peuple d’adoption de manger à sa faim, mais ça tout le monde s’en fout.

 

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On notera également de longs combats chorégraphiés avec les pieds, une mise en scène raplapla, une bande originale fade composée par le pourtant très prolifique Francesco DeMasi, des décors ultra-minimalistes, et quelques poitrines dénudées, seul point à peu près positif de cette production fauchée et sans surprise. A la différence de son cousin Ator, Thor a dû se faire fracasser la tronche par le véritable dieu du tonnerre car personne n’entendit plus jamais parler de lui. Et c’est tant mieux !

Jérôme Ballay

 

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  • Réalisation: Tonino Ricci
  • Scénarisation: Tito Carpi
  • Production: Roberto Poggi, Marcello Romeo
  • Titre Original : Thor il conquistatore
  • Pays: Italie
  • Acteurs: Bruno Minniti, Maria Romano, Malisa Longo, Angelo Ragusa
  • Année: 1983

2 comments to Thor le guerrier

  • Roggy  says:

    Jérôme a bien raison, ce Thor ne vaut pas tripette et aurait pris une sacrée volée face au Thor blond et huilée de Marvel. Mais est-ce si important :).

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