Bonne année 2019 !

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editoteaser

Bon bah, tout est dans le titre pour le coup : bonne année à toutes et à tous ! Eh oui, est déjà revenu le temps des triple-bises baveuses, des étrennes plus ou moins généreuses, des réunions familiales fortes en bulles, des épis de sapins collés à la moquettes et des bonnes résolutions qui ne durent que le temps de le dire. Et dans la crypte toxique, c’est aussi le moment de la jouer comme Macron ou le Pape et faire semblant d’avoir des choses profondes ou des sentences rassurantes à débiter. Mais en même temps, vu que je n’ai pas de gilets jaunes au pas de ma porte, nul besoin de me fouler, et je vais même pouvoir avouer l’impensable : on ne va rien changer, ou pas grand-chose, sur Toxic Crypt. Aucune mesure particulière, aucun nouveau projet de loi, aucune augmentation des salaires (désolé David, tu seras toujours payé en pain rassis) et pas de hausse des chroniques en prévision. On garde le cap, on ne change rien au rythme, et si léger changement il doit y avoir, il se trouvera au niveau des news. Vous allez me dire que nous ne sommes déjà pas super productifs en la matière, ou tout du moins que nous avons certaines périodes très creuses. La raison en est simple : Toxic Crypt n’étant pas vraiment un cador du net en matière de cinéma fantastique/horreur, j’ai parfaitement conscience qu’absolument personne ne va débarquer ici dans l’espoir d’y trouver des news toutes fraîches sur le prochain Chucky ou les productions Jason Blum à venir. D’autres sites nettement plus vivants se chargent très bien de vous amener toutes les infos que vous vous devez de connaître, et si une news doit se frayer un chemin jusqu’à nos pages, c’est qu’elle traitera plutôt de quelque-chose d’un peu plus underground, de moins connu. N’y voyez aucun snobisme, aucune posture anti-mainstream, c’est juste que cela ne servirait à rien que l’on tente de lutter sur ce terrain contre des sites en place bien avant nous et qui ont donc légitimement acquis la confiance et les habitudes des lecteurs.

Et puis, pour ne pas vous mentir (vous voyez, c’est déjà mieux que du Macron ou du Pape cette affaire), ça nous arrange pas mal de freiner encore un peu les news : nous avons en effet soufflé nos cinq bougies cette année, Toxic Crypt ayant débuté ses activité en septembre 2013, et si j’étais bien heureux de me rendre compte que j’ai tenu la barre pendant tout ce temps, j’ai aussi reçu un joli mail de mon hébergeur. En cinq années, une sacrée masse d’articles ont été publiés et la limite de stockage se rapprochait dangereusement, me forçant soit à supprimer certains papiers, soit à payer plus cher pour avoir un surplus de place pour causer de goules en noir et blanc, de pervers traquant la biquette dans les ruelles les plus sombres de New York ou de vampires poussiéreux trouvant le temps long dans leur caveau. Pas franchement motivé à l’idée de lâcher un billet supplémentaire, j’ai donc décidé de virer certains modules aidant à la gestion – tant pis, on fera sans – et de progressivement faire moins de news pour mieux me concentrer sur ce dont j’ai réellement envie de causer ou soutenir, et d’effacer peu à peu les plus anciennes. Pas toutes, car certaines gardent un peu d’intérêt, surtout celles rendant hommage à des personnalités disparues ou traitant de films dont aucune chronique n’a été faite ensuite. Mais celles annonçant des crowdfunding terminés depuis 2016 ou  des sorties de DVD que tout le monde a pu s’offrir depuis déjà plusieurs mois finiront enterrées au bout d’un moment. Paix à leur âme. Ce sera peut-être l’occasion de rendre un peu plus vivace la page Facebook, de partager plus de choses dessus et donc d’en faire une entité complémentaire au site. Tout du moins si je m’y tiens…

Par contre, comme d’habitude, ce n’est pas la peine de vous attendre à un top ou un flop 2018 de ma part. Non pas que je sois férocement contre les classements ou contre l’idée de distribuer les bons et les mauvais points à ce que j’ai vu courant de l’année, cela peut au contraire être un exercice plutôt fendard bien que prise de tronche. Le problème est en fait tout autre : je vois finalement peu de films lors de leur sortie. Pour tout dire, si je fais les comptes, je ne dois pas avoir visionné plus de cinq ou six trucs sortis ces douze derniers mois, ce qui rend difficile la tâche d’en sortir un ou deux du lot et les présenter comme les best of the best. Ou les worst of the worst. Ce qui ne veut pas dire que je ne m’émerveille plus devant rien (si je devais choisir un grand winner parmi ces cinq ou six pelloches matées, ce serait sans doute Summer of 84) ou qu’à l’inverse j’ai perdu la capacité de soupirer de tout mon souffle devant un truc que je juge pénible (même s’il date de 2017, le prétentieux Laissez Bronzer les Cadavres remporte la palme de l’insupportable par chez nous). C’est juste que plus le temps passe, moins je me presse pour voir le dernier truc dans le coup, et moins je me sens obligé d’être à la page dans le but de participer aux débats facebookiens (quels débats d’ailleurs ? La discussion y est impossible). En bref, je vois ce que je veux voir quand je veux le voir, vierge de toute pression et en pleine communion avec le spectacle qui se déroule devant mes yeux verts, oubliant si possible sa bonne ou mauvaise réputation sur les réseaux. A mon aise et en fonction de mon humeur. D’ailleurs, après quelques années à s’être presque exclusivement consacré au cinoche bis et horrifique, votre serviteur tout de slime enduit s’est senti pousser l’envie d’aller nager dans les eaux d’un cinéma plus traditionnel. 2018, avant d’être l’année des Marvel (gros fan il y a encore trois ans, je commence à sentir la lassitude me serrer dans ses gros bras, et tous les gants de l’infini n’y changeront rien) ou celle des gros blockbusters pétés de thunes mais similaires à des tatouages qui partent au premier jet d’eau (Deadpool 2 c’est bien sympa, mais quelles sont les chances qu’on y revienne un jour ?), mais celle des histoires à plus petites échelle. Mon gros coup de coeur de l’année fut ainsi Okja, qui confirme que Bong Joon-Ho est le plus important réalisateur surgi lors du nouveau millénaire. Une œuvre coup de poing, qui vous retourne le bide et, en plus de m’empêcher de trouver le sommeil, aura eu pour effet de me faire réviser ma façon de me nourrir. Un classique qui fait mal, au point que tomber sur la moindre image du film continue de me faire l’effet de sortir d’une lessiveuse… En vrac, que de bons moments aussi passés devant le tendre mais dur Florida Project, cette espèce de Chinatown ayant trop fumé de pétards qu’est Under the Silver Lake, l’un peu trop prévisible mais sacrément sympatoche Suburbicon de George Clooney, l’enneigé Wind River ou encore le plus noir que noir Une Pluie sans Fin (attention, spleen assuré…), preuve supplémentaire que pour du thriller de première classe, c’est désormais en Asie qu’il faut voyager. Gros plaisir aussi devant quelques valeurs sûres retrouvées après une trop longue absence, comme un 187 Code Meurtre qui montrait un Samuel L. Jackson inspiré, bien avant qu’il ne devienne le nouveau Morgan Freeman et se contente du pilotage automatique. Ou un Mean Creek toujours aussi percutant près de 15 ans après sa naissance, ce petit bijou qu’est This is England et l’intégrale de Takeshi Kitano. Toujours été fan du Takeshi, et plus le temps passe, plus son œuvre résonne en moi.

Mais ne paniquez pas, amis issus des années 70 qui dormez encore avec vos vieilles VHS de chez René Chateau ou Scherzo : je ne retourne pas ma veste et ai toujours le bis dans la peau, le fantastique gravé en lettre capitale sur le coeur et l’horreur en train de ramper quelque-part dans le ciboulot. Et si peu de nouveautés se sont glissées jusqu’à mon antre, j’ai tout de même pris un pied monstre – c’est le cas de le dire – devant un bon gros paquet de pelloches dont Bernard Henry Levi ignore l’existence : Blood Freak et son dindon mutant, le meilleur de Jess Franco que forme Les Expériences Erotiques de Frankenstein, le finalement pas hypé pour rien It Follows, l’encore meilleure The Autopsy of Jane Doe, l’absolument parfait Werewolf in a women’s prison, un The Alien Factor qui fait toujours battre mon petit palpitant, les excellents brûlots de Pete Walker (Frightmare, Flagellations et surtout Mortelles Confessions), ce modèle de débrouillardise qu’est The Barn, le culte Meurtres à la Saint Valentin qui prend une nouvelle dimension et gagne des points une fois vu en version uncut (merci encore, Pascal!), l’incroyable Island of Death, le dingo The Urge to Kill, le poussiéreux mais si séduisant Le Masque d’Or et son Fu Manchu plus sardonique que jamais, la belle surprise Happy Birthdead, le simiesque et brutal Night of the Bloody Apes, le très Z et totalement raté (mais génial, entendons-nous bien) A Night to Dismember, L’Île des Morts-Vivants et son Bruno Mattei copieur mais bon élève tout de même, le top de Troma que reste Terror Firmer, la trilogie aux viscères fumantes Plaga Zombie qui m’a réconcilié avec les zomblards, ce modèle de Série B qu’est The Halfway House ou encore le metal movie par excellence qu’est Trick or Treat. Yep, la plupart ne date pas d’hier, et quelques rides sont visibles ça et là, mais les meilleures années ciné sont celles où l’on navigue entre la maison de retraite et le bac à sable, nous rendant compte que les deux ont toujours des choses à offrir.

Alors certes, je recycle un peu mes vœux de l’année passée et en arrive une nouvelle fois à la même conclusion, mais elle me semble toujours valable : en 2019, je vous souhaite de voir ce que vous avez envie de voir, de ne pas vous laissez influencer par le buzz, qu’il soit good ou bad, et de naviguer dans les mers où l’air vous semble le plus doux. C’est en tout cas tout le mal que je vous souhaite…

Rigs Mordo

12 comments to Bonne année 2019 !

  • Pascal G.  says:

    Mais comment ! C’est trèèèèès bien « Laissez bronzer les cadavres ». La preuve, je n’ai pas dormi (bon en même temps, le son était très très fort au ciné, ceci explique peut-être cela, j’aurais du mettre la crème solaire…dans les oreilles)

    • jacques  says:

      Je confirme … Un cinéma « vain » qui ne vieillira pas comme le bon vin !

  • Pascal G.  says:

    T’aurais du, ça devient bien après le générique de fin…

  • M. Bizarre M. Bizarre  says:

    T’as oublié de mettre « The Barn » en gras, gars.
    Sinon content que je sois pas le seul gars au monde à avoir vu The Urge to Kill et même à m’être marré 😀 Et tu peux pas savoir comment je suis ravi que tu associe Laissez Bronzer les Cadavres à « prétentieux ». Nan j’ai pas vu le film, mais le matraquage publicitaire à fait son boulot (rien que le titre déjà).

    Par contre cette histoire de mail indiquant la limite de stockage m’inquiète en effet boule de neige @_@

  • Nazku Nazku  says:

    Bonne année à toi aussi, je te souhaite un autre 5 ans pour ton site!
    Malheureusement pour les films de super-héros, je crois qu’on est bon pour encore quelques années, mais oui, il y en a beaucoup trop maintenant. Un par année ok, mais là juste pour 2018 on a eu quoi? Black Panther, Ant-Man 2, Avengers 3, Venom, Aquaman, Deadpool 2… Même en animation on a eu Spiderman et The Incredibles. Pfiou! J’avoue par contre que je me plains mais je les ai tous vu… Je fais partie du problème, je sais. ^^;

  • Trapard  says:

    « Laissez Bronzer les Cadavres », ça n’a plus rien à voir avec le cinéma de genre des Seventies, c’est plutôt un retour vers les années 80 et les débuts de Leos Carax : « Mauvais sang » (1986). Le type de réalisation/montage est le même, précis et inventif. Mais c’est sûr que Leos Carax n’a jamais fait l’unanimité.

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