New Year’s Evil

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Et une année de plus dans les dents, une ! Après le festin de petits fours et la beuverie sponsorisée par Moêt & Chandon, et peut-être pour échapper au défilé de bises familial, on s’est envoie un New Year’s Evil (1980) de circonstance. Pas sûr que c’est là la meilleure façon d’enterrer 2018 et débuter 2019, cependant…

 

 

Souvent résumée à une maison des fous renfermant des ninjas qui jouent mal, des justiciers moustachus adeptes des gros canons et un Chuck Norris jamais contraire à une bonne bagarre, la Cannon fut aussi un distributeur loin d’être en reste question slasher. Savage Weekend, Schizoid, X-Ray et donc New Year’s Evil sont autant d’exemples de la volonté de l’un des studios les plus déglingués de se faire un peu de monnaie sur le dos du succès de La Nuit des Masques, ainsi que la preuve que le catalogue de la Cannon n’aura jamais renfermé de chef-d’oeuvre en la matière. Du lot, New Year’s Evil est peut-être le plus mauvais (les trois autres cités allant du moyen à l’agréable), bien que ce ne soit pas faute d’essayer de bouleverser un brin la routine du genre. Leonard Neubauer, en activité comme scénariste depuis 1940 et A Fugitive from Justice, semble effectivement plus séduit à l’idée de bâtir un thriller haletant qu’une banale soirée meurtrière lors de laquelle des jeunes cons se font occire un à un. New Year’s Evil s’inspire dès lors des faits divers survenus dans les années 70, comme les crimes commis par le Zodiaque ou le Fils de Sam, faisant de son assassin, un dénommé Evil (ils se sont pas fait un claquage de la matière grise quand ils ont réfléchi au blase de ce mec-là, c’est sûr…), un accroc aux médias. Si Son of Sam et Zodiac étaient des démons du courrier et n’étaient plus à une carte postale près pour se faire une place dans la presse papier, Evil vise beaucoup plus haut et décide de s’immiscer dans le show Hollywood Hotline, sorte de rock show dans lequel la présentatrice Diane Sullivan (Roz Kelly, habituée de la petite lucarne aperçue dans Kojak ou Charlie et ses drôles de dames) prend les appels des téléspectateurs et leur demande quelles furent leurs chansons préférées lors de l’année écoulée. Loin d’être un grand mélomane, Evil (Kip Niven, Magnum Force) préfère prendre le combiné pour menacer Diane, lui promettant qu’en cette soirée du nouvel an il tuera quelqu’un à chaque fois que minuit résonnera dans une région des Etats-Unis. Et ce sera de préférence des proches de la demoiselle qui seront visés…

 

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As du déguisement (enfin… il se colle une moustache chopée en occasion dans un magasin de farces et attrapes, quoi), Evil voyage donc à droite et à gauche, liquidant toutes les copines de la Diane. Il se fait ainsi passer pour un infirmier pour aller trouer le cuir à une MILF bossant dans un asile, pour un pilier de bar invité dans une fête de bourgeois pour mieux attirer une blonde crétine et va même jusqu’à porter la robe de curé pour mieux passer inaperçu. Un sadique particulièrement misogyne (toutes les femmes sont des putes, des manipulatrices, des infidèles… vous connaissez le topo à ce stade) et sadique, qui enregistre les râles d’agonie de ses victimes pour ensuite les faire écouter à la pauvre Diane. Sur le papier, pourquoi pas après tout, New Year’s Evil promettant une course contre la montre pas déplaisante, avec la police cherchant à attraper l’ennemi de ces dames avant que les douze coups de minuit ne sonnent à nouveau. A l’écran, c’est une toute autre paire de manche, le réalisateur Emmett Alston (Demonwarp), alors encore à ses débuts, nous rendant un devoir sur lequel nous sommes tentés de faire couler de l’encre rouge. Outre un rendu général globalement laid et une mise-en-scène incapable de balancer le moindre plan mémorable, Alston ne parvient jamais à insuffler du rythme à sa chasse au maniaque. C’était pourtant là que se trouvait tout le potentiel du projet, qui ne peut de toute évidence jamais compter sur le suspense puisque le coupable est connu de tous et qu’en prime, on le suit tout du long. Difficile de stresser pour les potentielles victimes dès lors, vu que c’est le point de vue d’Evil qui se trouve privilégié à chaque étape du récit… Avec un tempo un minimum correct, cela pourrait passer pour une sorte d’Inspecteur Harry inversé, dans lequel Scorpio volerait la vedette au vieux Clint et ne cesserait de galoper d’un bout à l’autre de la ville en évitant les patrouilles. Mais avec cette cadence de paresseux traînant derrière lui une cargaison d’enclumes, New Year’s Evil rate la case « palpitant » pour poser son pion sur celle « le temps est long, quand même… ».

 

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Pour ne rien arranger, Alston n’a jamais l’intention de mettre les deux pieds dans le seau aux entrailles, misant sur des homicides soft et se déroulant le plus souvent à l’abri des regards. Pas avec ça que le bonhomme pimentera un peu son psychothriller triste comme un nouvel an  dans une maison de repos… Reste une scène un peu plus courageuse voyant la pauvre Diane pendue à un ascenseur, séquence plus impressionnante que le reste mais n’aboutissant malheureusement pas à grand-chose ; et le caractère troublant du fiston de notre héroïne. Très déçu que sa chère môman ne fasse pas plus attention à lui et préfère faire la belle dans le carré magique, le blondinet réagit de plus en plus étrangement, allant jusqu’à aller l’observer en douce. Pour ce faire, il s’enfile un collant rouge sur la tronche et place des lunettes de soleil dignes de Retour vers le Futur 2 par-dessus, gagnant automatiquement le grand prix du déguisement le plus voyant et le plus pourri du monde de la Série B. Sans doute le personnage le plus intéressant de ce réveillon du reste assez ringard, avec son rock new age de mauvaise qualité et son audience de punks qui semblent sortir de Death Sentence 3. Et sa misogynie qui ne se limite pas à la psyché du fameux Evil, le script tendant à donner raison à notre cher névrosé en montrant toutes les femmes qu’il croise comme des filles faciles, des imbéciles ou des accrocs à la gloire incapables de s’occuper de leur famille. La Cannon et sa finesse légendaire… Et histoire de ne rien oublier au petit manuel de l’exploitation cheesy, un petit twist se glisse jusqu’à nous en dernière de bobine, ultime tentative de réveiller le malheureux installé devant New Year’s Evil. En vain : on s’emmerde toujours autant.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Emmet Alston
  • Scénario: Leonard Neubauer
  • Production : Yoran Globus, Menahem Golan
  • Pays: USA
  • Acteurs: Kip Niven, Roz Kelly, Grant Cramer, Chris Wallace
  • Année: 1980

4 comments to New Year’s Evil

  • Trapard  says:

    Vu il y a quelques années sur youtube en VO, et c’est vrai que ce n’est pas un film très bon. SCHIZOID est un peu mieux.
    Et dans le genre tueurs névrosés misogynes ou tueurs misogynes psychotiques (ça en fait des variantes !!) on ne peut que préférer au tueur de NEW YEAR’S EVIL, ceux de MANIAC et de PYROMANIAC. Mais pour eux, c’est pas de leur faute nous diraient leurs mamans !!

  • Roggy  says:

    Je ne connais pas ce film mais visiblement on peut s’en passer. En revanche, je viens de voir « Maniac » récemment en festival et le film reste encore un pilier solide du genre.

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