Don’t Kill It

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Si sur TF1 le réveillon est l’occasion de montrer Mimie Mathy louer une échelle pour placer son étoile au sommet du sapin, ou sur France 3 celle de faire un Plus Belle la Vie spécial Noël, par chez nous l’accouchement d’une Sainte Marie infidèle est l’excuse parfaite pour dégainer monstres hivernaux et vieux barbus meurtriers. Avec Don’t Kill It (2016), c’est même Dolph Lundgren qui joue les Santa Claus en empaquetant quelques démons devant la cheminée.

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la carrière de Mike Mendez ne décolla pas immédiatement après la sortie du Couvent (2000), B-Movies fendard rappelant que les nonnes n’ont pas attendu la saga Conjuring pour faire les salopes. Loué un peu partout, et même placé en couv’ dans le Mad Movies de la grande époque, The Convent fit son petit effet et avait tout du coup de feu d’une belle carrière pour le réalisateur du déjà bien dingo Killers en 1996. Etonnament, il faudra attendre 2013 (malgré un Grave Dancers sorti en 2006 sans créer de tsunami) et Big Ass Spider! pour que la machine se mette réellement en branle, le père Mendez enchaînant alors avec Lavantula (2015), un segment pour Tales of Halloween (2015), The Last Heist (2016) et donc le présent Don’t Kill It. En voilà un qui veut rattraper le temps perdu… Et qui le fait plutôt bien, cette petite chasse aux envoyés de Satan, si elle ne ravage pas tout sur son passage et n’entrera pas au panthéon, prouve dans tous les cas que Mike-le-sympa n’a jamais rien perdu de sa capacité à détendre sa clientèle. Faut dire que pour le coup, le bonhomme a lorgné vers un pro de la question, un certain Sam Raimi jadis parti avec son copain Bruce dans une cabane pour y décimer tous ses meilleurs amis possédés. Yep, Don’t Kill It fait de son mieux pour perpétuer la recette Evil Dead – et plus précisément celle de sa suite – retrouvant cette vieille règle du fun an gore.

 

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Alors que le bon peuple s’apprête à se bourrer la gueule au jus de raisin et que les plus petits trépignent d’impatience à l’idée que le papy tout de rouge vêtu leur apporte les dernières sorties Nintendo, les légions du Mal peaufinent leur invasion. C’est tout du moins le cas d’un démon enfermé dans une sorte d’oeuf de Fabergé, qu’ouvre le clebs d’un chasseur. D’un coup d’un seul, l’animal se montre agressif et tente d’arracher la gorge de son maître, dès lors résolu à tirer une balle dans le crâne de son fidèle compagnon. Quelques minutes plus tard, c’est au trappeur de rivaliser de violence, le salopiaud dézinguant toute sa famille au plomb de chasse avant d’aller saluer ses voisines, qu’il découpe au hachoir. Au père de famille de réagir en liquidant l’intrus… avant de devenir à son tour une boule de brutalité, aux yeux noirs et au cri d’outre-monde, assassinant ce qu’il reste de sa famille. Bizarre vous avez dit bizarre ? Ca l’est en tout cas pour l’agent du FBI Evelyn Pierce (Kristina Klebe, le remake de Halloween selon Zombie, et bientôt à l’affiche du nouvel Hellboy), qui a toutes les peines du monde à croire le vagabond badass Jebediah Woodley (Dolph Lundgren), tueur d’entités démoniaques depuis son plus jeune âge. Pour le grand blond venu du Nord, nul doute quant à l’origine de ce massacre : un diablotin ancestral passe de corps en corps, la personne tuant celui qu’il manipule étant la prochaine à devenir son pantin. Pas pratique pour mettre fin au carnage… Mais une base plutôt séduisante et maligne, à même d’éloigner Don’t Kill It du tout-venant du genre, puisque cette fois il s’agira justement de ne surtout pas occire la menace infernale puisque cela ne ferait que transférer le mal ailleurs.

 

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Une bonne idée scénaristique (due à Robert Olsen et Dan Berk, réalisateurs de Stake Land 2) qui ne transforme pas le film de Mendez en un monstre d’originalité, mais lui permet d’ apporter un peu de nouveauté et de modifier la dynamique des scènes d’action, montrant dès lors un Dolph sur la réserve puisque ne pouvant pas se permettre de ruer dans les brancards. Pas mal, surtout dans la Série B moderne telle que nous la vivons actuellement, où l’on se contente bien souvent de copier le voisin sans jamais tenter d’apporter ne serait-ce qu’un soupçon d’identité. Voir pour s’en convaincre les 36 000 DTV ou téléfilms à base de requins que l’on balance dans nos baignoires depuis le succès de Sharknado… Mike Mendez ne mange pas de ce pain-là, et il paraît clair que l’évidente décontraction de Don’t Kill It, dans lequel la comédie ne cesse d’avoisiner l’horreur, ne lui sert jamais d’excuses pour bâcler le travail. Vrai fan du genre et respectueux de son public, qu’il connaît mieux que personne, Mendez flatte l’amateur de bandes old-school en ayant recours à des effets gore tout ce qu’il y a de pratique, ne recourant aux CGI que lors d’une ou deux explosions et une lévitation. Plus qu’appréciable en ces années 2010, où la moindre gerbe de sang est une soupe au pixels. Don’t Kill It, un film des années 80 sorti avec 30 ans de retard ? Plutôt, et on en revient à un style à la Raimi, où le comique de situation se mélange à de franches saillies gorasses. S’il prend un peu trop de temps pour poser ses enjeux – quarante bonnes minutes sur les quatre-vingt que compte le métrage étant consacrées à présenter les personnages et leur mythologie – le metteur en scène s’assure que la deuxième moitié du récit soit un festival de coups de hache dans la face, de tronches plantées sur les bois d’un cerf, de caboches explosées ou de membres découpés à la tronço. Difficile d’ailleurs pour le goreux éduqué par Ash et ses deadites de ne pas esquisser un sourire malicieux devant la tuerie dans la salle communale, où Lundgren et Klebe ne savent plus en qui se trouve le démon tant tout le monde s’entre-tue dans la joie et la bonne humeur.

 

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Une séquence résumant parfaitement Don’t Kill It, délassement efficace au sein duquel le Suédois semble bien s’amuser dans son rôle de vieux beau mal élevé, dont les contours humoristiques sont encore soulignés par une très bonne Kristina Klebe nous la jouant on ne peut plus sérieux. Un buddy movie fantastique fait entre gens de bonne compagnie (Robert Kurtzman aux effets, le scénariste  de Jason X et My Bloody Valentine 3D Todd Farmer dans un petit rôle), dans la lignée d’un bon Flic ou Zombie, pas prêt de changer la face du monde mais qui devrait trouver sa place dans votre pile de DVD « à voir ». Car il y a de grandes chances que Mike Mendez vous sauve un samedi soir. Un de plus.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Mike Mendez
  • Scénario: Dan Berk, Robert Olsen
  • Production : Robert Yocum, Dan Berk,…
  • Pays: USA
  • Acteurs: Dolph Lundgren, Kristina Klebe, Tony Bentley, James Chalke
  • Année: 2016

One comment to Don’t Kill It

  • Roggy  says:

    Je viens de voir le film et je suis d’accord avec toi, ce « Don’t kill it » est très sympa avec cette idée très « Hidden » de passage d’un corps à l’autre du démon. Bon, si on retrouve le Mike Mendez du « Couvent », certaines séquences, notamment dans la voiture, font très amateurs et quelques seconds rôles sont limites même si la bonne ambiance est de mise. Et puis, Dolph fait le job toujours avec plaisir fout les pieds sur la table, bouffe des ribs et se moque des autres personnages. Bref, sans être génial le film reste divertissant. C’est déjà ça.

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