Elves

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Eh non les geeks, les elfes ne sont pas aussi sexy et nobles que ce que le cinoche mainstream tente de vous faire croire. Oubliez donc la propagande de Tolkien et de Peter Jackson, celle qui tente vaille que vaille de nous faire gober que ces êtres fantastiques sont de grands blonds et de fins archers. La vérité, c’est que ces machins-là sont hauts comme trois pommes, ont la tronche d’Alain Juppé au réveil, se baladent à oilpé et lisent Mein Kampf le dimanche après-midi. La preuve dans Elves (1989), sous-Gremlins en mode low budget ne se privant pas de d’aller piocher dans le slasher ou la nazisploitation.

 

Ne sous-estimez jamais la peine que vous faites aux vôtres en leur offrant des cadeaux de merde pour Noël, cela les tourmente bien plus que vous ne pourriez l’imaginer. En tout cas, n’avoir rien reçu de bien terrible l’année dernière continue de peser sur le moral de la jeune Kirsten (Julie Austin de Fatal Exposure et Twisted Justice), au point qu’elle s’en va en pleine forêt avec deux copines pour s’adonner à une séance de spiritisme, formant une sorte de petit groupe de grandes déçues des festivités hivernales. Mais a peine nos cocottes ont-elles débuté leur audience avec les fantômes que Kirsten se coupe à la main avec un morceau de verre, répandant de son sang dans le sol. Les demoiselles décident d’en rester là et repartent dans leurs foyers respectifs, ne se rendant pas compte que l’hémoglobine semble avoir réveillé un elfe (oubliez le titre, y avait pas assez de pognon dans Elves pour toute une armée ou même deux ou trois monstres), qui sort de terre pour dévoiler à la face du monde son épiderme caoutchouteux. Et pendant que Môssieur déambule dans les bois le cul à l’air, la pauvre Kirsten doit faire face à la pire famille jamais imaginée dans une Série B : la sienne. Ca commence avec la gifle que lui colle son taré de grand-père (Borah Silver, vu dans New York 1997, ici dans son avant-dernier rôle), vieil Allemand en chaise roulante dont la bibliothèque déborde de vieux bouquins occultes. Pas prêteur, l’ancêtre n’est pas très heureux que sa petite-fille lui emprunte des livres et part galoper dans les bosquets une fois la nuit tombée. Ca continue avec les réprimandes de la mère de Kristen (Deanna Lund, décédée en juin 2018, vue dans Roots of Evil et Hammerhead), salope intégrale venue annoncer à sa gamine qu’elle lui a retiré de l’argent sur son compte, juste pour la faire chier. Et pour ne rien arranger, le petit frère de notre blonde héroïne est un sacré pervers du haut de ses sept ou huit années, puisqu’il prend grand plaisir à aller mater sa sœurette lorsque celle-ci prend sa douche. Pour que le tableau soit complet, la malheureuse n’a même pas de papa pour la réconforter, le bonhomme semblant décédé alors qu’elle était en bas âge (mais alors, de qui est le petit frère? Kirsten ne semble pas se poser la question).

 

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Kirsten, c’est un peu Cendrillon, mais sans le carrosse en forme de citrouille, le prince charmant et les chaussures à talons en diamant. Bref, c’est Cendrillon mais sans la poésie mais avec une multiplication des emmerdes. Et la pauvre n’est pas encore au bout de ses surprises puisque le fameux elfe, qu’elle présente plutôt comme un troll, va se mettre à la harceler. Jusqu’à son lieu de travail, un centre commercial bien évidemment bondé puisque c’est les fêtes, mais où personne ne semble remarquer une bestiole à la gueule de travers traînant entre les rayons pour y jouer de l’opinel. Car malgré son statut de creature feature, Elves ne va pas miser sur les habituels coups de griffes ou morsures, préférant lorgner du côté du slasher et refiler à sa bestiole des armes blanches dont elle saura faire bon usage. Comme par exemple en allant poignarder à répétition les burnes d’un employé fraîchement viré de son rôle de Père Noël, ou plus tard en lardant de coups de couteaux une brunette restée dans le magasin dans l’espoir d’y retrouver quelques beaux gosses lors d’une fiesta nocturne (alors qu’un Santa Claus s’y est fait couper les couilles plus tôt ? Ok…). Une prochaine fois, peut-être ? Car la petite sauterie tourne d’autant plus court qu’en plus du tas de plastique agité de la lame, les lieux sont envahis par trois Allemands armés jusqu’aux dents et tirant dans tous les sens. Heureusement pour Kirsten que se trouve sur les lieux l’ancien détective mais désormais clodo à peine sorti de l’alcoolisme Mike (Dan Haggerty des deux Abducted), dont la descente de canettes de Rolling Rock ne semble pas avoir altéré la badass attitude puisqu’il répond au plomb par le plomb et vide quelques chargeurs à son tour.

 

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Si tout est bien qui finit à peu près bien (Kirsten s’en sort mais ses deux copines sont mortes, leurs boyfriends censés les rejoindre aussi), notre blondinette n’en est pas au bout de ses surprises pour autant, puisqu’elle découvre (attention spoilers, pour peu qu’il y ait quelque-chose à spoiler dans Elves…) que son papa était bien at home depuis tout ce temps… puisqu’il s’agit de son grand-père ! Ancien nazi, le bonhomme a en effet participé à des expériences sur les elfes lors des guerres mondiales (!) et a découvert que ces petites saletés sont les soldats parfaits : en plus d’être particulièrement meurtriers, ils sont quasiment invincibles et ne seraient pas compliqués à nourrir ou manipuler. Mais pourquoi s’arrêter à ça et ne pas créer une nouvelle race, encore plus puissante que celle des elfes ? C’est là que tout ce beau monde, avec le concours de la secte d’Allemands nostalgiques des années Adolf, ceux-là mêmes venus tirer dans le tas dans le centre commercial, décida que le mieux à faire serait de pousser à l’accouplement l’un de ces monstres avec un aryen ultime, que l’on ne pourrait avoir qu’en forçant un père à faire des frottis avec sa propre fille. Kirsten naquit donc de cette union et les teutons aimeraient désormais qu’elle épouse ce peu séduisant elfe et lui fasse plein de petits, histoire de conquérir le Monde une bonne fois pour toutes… Bref, Kirsten n’a pas fini d’en chier des boulons carrés.

 

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Sacrée histoire tout de même ! Et sans aucun doute le gros point fort de cette toute petite production Action International Pictures (Deadly Prey, Future Force), pauvrement réalisée par un Jeffrey Mandel (Cyber-C.H.I.C.) également au poste de scénariste. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le gus semble avoir une case en moins pour avoir imaginé cette espèce de Chinatown de l’horreur low cost, bourré jusqu’à la gueule de séquences folles ou dénuées de sens (le final, où l’on apprend que Kirsten est engrossée par l’elfe alors qu’il n’a jamais eu l’occasion de déboutonner son froc). L’amateur de B-Movies cheesy en diable en aura donc pour son argent, tant rien ne manque à l’appel à ce niveau : l’interprétation est atroce, l’elfe est à peine animé et souffre d’une paralysie faciale (pas de bol, elle s’est produite lorsqu’il tirait sa grimace la plus imbécile), le pitch est absolument ridicule (quand on voit la tronche du monstre, on peine à croire que les nazis veulent en faire le socle de leur quatrième reich) et le gore est particulièrement soft vu qu’il n’y a plus un sou dans la caisse. Tout pour passer une soirée entre amis hilares en somme, même si, entre deux larmes, il faudra reconnaître que cet Elves dispose d’une bonne production value (nombreux décors permettant de croire un minimum au monde ici créé) et profite de la plastique impeccable de Deanna Lund, venue nous offrir une scène de bain très… électrique. Mais c’est sans conteste la folie d’un script fort en personnages mémorables (la mère est si salope qu’elle va noyer le chat de sa fille dans les chiottes, par pure méchanceté!) et finalement jamais chiant malgré quelques scènes trop bavardes (mais drôles, telle cette causerie sur les elfes autour de la dinde au marron), qui finit par faire de ce drôle de christmas movie une valeur sûre. Tout du moins pour l’amateur de délires couchés sur pellicule cherchant à s’envoyer, entre la poire aux airelles et la bûche au moka, une version miséreuse mais fun des classiques de Joe Dante. Pour les gens biens, quoi.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Jeffrey Mandel
  • Scénario: Jeffrey Mandel, Mike Griffin, Bruce A. Taylor
  • Production : Mark Paglia, John Fitzgerald,…
  • Pays: USA
  • Acteurs: Dan Haggerty, Julie Austin, Deanna Lund, Borah Silver
  • Année: 1989

2 comments to Elves

  • Mighty Matt  says:

    Ce qui me fait peur c’est que tu aies pu imaginer la tête de Juppé au réveil !!
    Sinon cool chro mec as usual !

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