Chromeskull – Laid to Rest 2 (Skull)

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Robert Hall a plus d’un squelette chromé dans son placard et tient à le faire savoir avec Chromeskull, séquelle d’un Laid To Rest à la fois brutal et tout en ambiances. Est-ce que Chromeskull, tueur sadique se créant ses petits snuff movies dans son coin, confirme la bonne impression qu’il nous avait faite en 2009 ? Disons que c’est compliqué…

 

La mouche de la malhonnêteté aurait-elle piqué l’éditeur Condor, coupable d’avoir posé dans les bacs Chromeskull – Laid to Rest 2 (2011) en le nommant Skull et en le faisant passer pour tout sauf la suite d’une première aventure. Et tout cela sans avoir sorti le volet introducteur, bien sûr… Un coup de pute pour le consommateur mal informé, qui se retrouvera avec un DTV incompréhensible s’il n’a pas déjà croisé la route du crâne chromé auparavant, Chromeskull débutant pile-poil là où Laid to Rest premier du nom finissait sa route. On retrouve donc la pauvre Princess, persuadée qu’elle a zigouillé son assaillant et partie se reposer avec le jeune fêtard Tommy (Thomas Dekker de Terminator : The Sarah Connor Chronicles, série sur laquelle Hall a bossé et dans laquelle il fait son marché question comédiens) dans un motel. Tout cela sans savoir qu’un étrange commando récupère vite-fait bien-fait la dépouille de Chromeskull pour la ramener chez lui et le rafistoler, le tueur en série étant si riche qu’il dispose de toute une équipe pour l’aider dans ses jeux de massacre. Et son bras droit Preston (Brian Austin Green,  Terminator : The Sarah Connor Chronicles itou) s’empresse d’aller finir le boulot, liquidant salement Princess sans se rendre compte qu’il a oublié de refaire le portrait à Tommy, absent au moment du meurtre. Quelques mois passent et, remis sur pied malgré la mort qu’il subit à la fin du premier film, Chromeskull est fin prêt à reprendre son hobby sanglant et jette son dévolu sur Jess (Mimi Michaels, Boogeyman 3), blondinette bientôt rendue aveugle par de graves soucis oculaires. Et pendant que son patron kidnappe de la donzelle fraîche, Preston, qui essaie d’avoir une place plus importante au sein de la drôle d’organisation fondée par Chromeskull, tente de retrouver Tommy, devenu parano au dernier degré (ce qui se comprend, honnêtement).

 

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En bref, si vous n’êtes pas passés par la case Laid to Rest 1, Chromeskull sera aussi compréhensible pour vous qu’un poème chinois récité par un redneck édenté, et c’est là que Condor se fera bien évidemment des ennemis pour la vie. Car pas décidé à faire une suite/remake toute simple qui se contente d’envoyer son maniaque auprès d’autres garnements en rien reliés à ceux du premier volet, comme cela arrive fréquemment dans le slasher, Hall profite de ce nouveau chapitre pour étendre son univers, et même développer une mythologie qu’il considère comme acquise par le spectateur. Donc si vous n’êtes pas prêts à aller fouiner sur le web après un fichier sous-titré du first one ou que faire importer des galettes des states c’est pas votre genre, vous resterez sur le carreau à coup sûr… Drôle de tactique de Condor donc, éditeur loin de faire honneur aux efforts de l’équipe derrière ce Chromeskull qui est ce qu’Aliens, le retour était à la partie de cache-cache spatiale de Ridley Scott : une greffe bigger and louder. Car ici, c’est la carte du « plus » à tous les étages ou presque que l’on dégaine : plus de persos, plus d’histoire, plus de détails, plus de parlote et plus de variété dans les meurtres, toujours aptes à causer des descentes d’organes à toutes les femmes de ménage du monde. Hall le sait mieux que personne, Laid To Rest avait deux qualités indéniables, et la première était de bénéficier de carnages plus méchants que la moyenne. Normal qu’il ne dévie pas trop de cette route, imaginant un visage chromé puis brisé, la moitié d’une caboche arrachée à la lame, une tronche coupée au niveau de la mâchoire et tout un tas d’autres sévices lors desquels on note une certaine obsession du meurtre buccal. Un peu pervers, le Robert ?

 

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Reste que si Hall se garde bien de passer la serpillière et continue de donner dans le gore vicieux, il oublie un peu vite que son climat de road movie en bordure d’onirisme faisait le sel de Laid To Rest, le rapprochant par instant des Phantasm. Un avantage que le réalisateur laisse sur le bas-côté, préférant miser sur un thriller urbain, avec course contre la montre pour des flics soucieux de sauver Jess des griffes de Chromeskull et Preston. Outre une mise-en-scène dès lors moins chatoyante (ça ressemble un peu à un épisode de Dexter) et moins généreuses en plans iconiques (Chromeskull a moins de prestance que jadis), on notera surtout un décorum très torture-porn, avec tout ce que cela implique de hangars désaffectés, de grillages, de chaînes pendues au plafond et de pièces à moitié vide. On peut regretter les morgues et pompes funèbres d’antan, et préférer le style Coscarelli à ces gris entrepôts échappés des Saw… La franchise perd donc un peu de sa personnalité et revient dans les clous de la productions indépendante post-Hostel, et c’est bien entendu assez frustrant, voire décevant. Pas suffisamment pour jouer au frisbee avec la galette ou s’en servir pour couper le beurre, car Chromeskull a de beaux restes et fait partie des slashers modernes les plus recommandables, d’autant que ce n’est pas tous les jours qu’un créateur comme Hall développe un véritable microcosme (dont fait partie Danielle Harris en vilaine pas zentille) plutôt que de se la jouer routinier à la Vendredi 13. Elle est d’ailleurs pas mal, même si pas toujours bien utilisée et loin d’apporter autant de variations qu’espéré, cette drôle de situation voyant Preston tenter de prendre la place de son boss, laissant deux Chromeskull en liberté pour le prix d’un. Bref, ya de l’idée dans tout ça, mais on espère tout de même que le troisième film, Exhumed, sans cesse reporté (au point que ça en devient inquiétant), retrouvera un peu de la verve gothique des débuts, car c’est encore comme ça qu’on la préfère, notre tête de mort.

Rigs Mordo

Merci à David pour le DVD!

 

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  • Réalisation: Robert Green Hall
  • Scénario: Robert Green Hall, Kevin Bocarde
  • Production: Kevin Bocarde, Chang Tseng, Stephen Niver
  • Titre Original : Chromeskull – Laid To Rest 2
  • Pays: USA
  • Acteurs: Brian Austin Green, Thomas Dekker, Mimi Michaels, Danielle Harris
  • Année: 2011

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