Castlevania, Saisons 1 et 2

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Véritable arlésienne, le Castlevania sans manettes et pixels a longtemps fait partie de ces projets sans cesse annulés, mais que le septième art n’a pour autant jamais véritablement arrêté de draguer. Il faut dire qu’avec son décorum hammerien, ses personnages dramatiques et ses promesses d’une action fouetteuse (comprendra qui y joua), le jeu-vidéo phare de Konami qui poussa une génération entière à pester contre la Nes de Nintendo avait tout pour  muer en plaisir pelliculé. Surprise, c’est à Netflix de récupérer la bête pour une version animée plutôt extrême…

 

L’un dans l’autre, ce n’était qu’une question de temps avant que Castlevania prenne de l’élan et fasse le grand saut, passant d’un monde interactif poussant le joueur à multiplier les crises à celui, plus confortable et posé, du live-action ou de la saga 2D. A ce sujet, on oubliera la récréation Captain N The Game Masters, dessin-animé lancé en 89 dans lequel un pro du pad rentrait dans sa télé pour aider les héros de ses jeux préférer à refaire le portrait à un cerveau géant (échappé de Metroid), un boxeur (tiré de Punch Out) et une aubergine cyclope (sortie de Kid Icarus). Et tout cela avec l’aide de la Gameboy, d’une princesse plutôt hot, d’un clebs, du robot bleu Megaman, de l’angelot Icarus et de Simon Belmont, chasseur de vampires sorti de Castlevania, vous l’aurez deviné. Une version risible du personnage, ici présenté comme un demeuré fini passant plus de temps à se recoiffer et s’admirer dans la glace qu’à prouver ses talents de monster hunter… Bref, justice devait être rendue à l’une des sagas les plus longues du petit monde du videogame, et culte pour de nombreux marmots élevés dans les années 80 et 90. Votre serviteur en sait quelque-chose, et la majeure partie des opus de la franchise sont un jour ou l’autre passés dans la crypte toxique. Difficile d’ailleurs de résister à l’appel de Dracula, grand méchant de la série, lorsque l’on est une petite goule cherchant le fantastique et l’épouvante dans films et bandes-dessinées, les Castlevania déroulant un bestiaire ne laissant que peu de monstres mythiques sur le banc de touche : bossus sautillants d’un bout à l’autre de l’écran (j’en connais qui ont des sueurs froides rien que d’y penser), têtes de gorgones volantes, momies envoyant leurs vieilles bandelettes vers le joueur, créature de Frankenstein vous lançant blocs de pierre ou fioles chimiques sur la tronche, loup-garou pro du kung-fu, chauve-souris géantes ou faites de pièces d’or, cyclope armé d’une énorme masse, chevaliers fantômes adeptes de la hache, crabes géants et hommes-poissons cracheurs de flammes, hydres, minotaures et golems… Tout le bestiaire du fantastique y passe, dans un joyeux mélange où la Universal se retrouve sur la même banquette que la mythologie grecque, le vieux Vlad Tepes s’étant créé une horde au sein de laquelle même la Mort lui sert de faire-valoir. Le prince des ténèbres, plus fort que la Grande Faucheuse elle-même. A la famille Belmont, ennemie juré de tout ce vilain monde, de remettre de l’ordre en s’aventurant au sein d’un château fort en pièges et chutes mortelles…

 

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Epopée gothique connue pour ses magnifiques OST et sa difficulté quelquefois injuste (ce qui vaut surtout pour le premier et, plus encore, le troisième volets), Castlevania fait figure de mythe de la plate-forme, et tout gosse ayant possédé une Nes ou une Super Nes à la grande époque s’est déjà vu donner des coups de fouets dans des squelettes ou des chiens zombies, les Belmont se battant toujours à grands coups de flagellations. Et puisque certains jeux moins facilement adaptables ont eu droit à leur version grand écran, Super Mario restant l’exemple le plus évident, pourquoi les Akumajō Dracula – petit nom d’origine de notre affaire – n’y auraient pas droit eux aussi ? Après quelques années de rumeurs plus ou moins fondées, dont la possibilité que James Wan (les Conjuring, Insidious 1 et 2, le premier Saw) s’y colle entre deux devoirs à rendre pour le studio Blumhouse, c’est finalement Adi Shankar, excellent producteur des terribles Dredd et Le Territoire des Loups, qui reçoit la visite des financiers et décideurs. Après tout, Shankar est on ne peut mieux placé pour rendre justice au matériau de base, lui qui est connu pour prendre le plus grand soin des mythologies placées entre ses mains, tout en se permettant quelques petites touches d’audace ça et là (renseignez-vous donc sur son fan film Power Ranger, vous verrez de quoi on cause). Problème : les tenanciers de la bourse qu’il trouve en face de lui se foutent des jeux Konami comme de leur première agression sexuelle, ne voyant là qu’un nom, une marque dans laquelle on pourra balancer tout et n’importe-quoi au mépris de la série et de ses fans. Un attrape-gogo en somme, au centre duquel brillerait l’endive Channing Tatum dans le rôle du héros. Adi Shankar mange d’autant moins de ce pain rassis que Castlevania, il a grandi avec et compte bien lui faire honneur. C’est en s’associant à Netflix qu’il y parviendra, délaissant l’option du film live pour plonger dans la mare de l’animation. D’abord pour une première saison de quatre épisode d’une vingtaine de minutes chacun, puis si le succès est au rendez-vous – et il le sera – pour une seconde de huit épisodes.

 

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Courageuse et portée par la volonté de répandre le bien autour d’elle, la doctoresse Lisa s’en va frapper à la porte de Vlad Dracula Tepes, être si cruel et sombre qu’il est devenu un démon que le Diable en personne pourrait redouter. Traversant un champ de corps empalés sur des pics dans la grande tradition Tepesienne, Lisa s’accroche à sa certitude que le château de Dracula, connu pour sa capacité à apparaître et disparaître où bon lui semble, renferme une somme de connaissances qui lui permettront d’améliorer sa médecine, et donc la vie de ses patients. Reste à survivre à la rencontre avec le maître des lieux, menaçant et froid, et potentiellement touché par soudaine une soif de sang… Mais déstabilisé par l’assurance de cette petite femme cachant sa peur face à ce grand barbu sorti des ombres, Dracula se laisse convaincre et ouvre à Lisa les portes de ses ateliers, qui archivent en effet des siècles de savoirs que l’être humain ne pourrait rêver effleurer. Mieux : tombé amoureux de son invitée, à laquelle il offre un enfant du nom d’Alucard, le vieux Vlad accepte de tourner le dos à sa vie de créature de la nuit et accepte de vivre tel un humain plusieurs mois durant, quittant son sinistre castel pour une vie de nomade. Et c’est bien évidemment en son absence que l’inquisition décide de s’en prendre à Lisa, coupable de fricoter avec l’égal de Satan himself et dont les potions médicinales sont trop efficaces pour être honnêtes… Brûlée vive sur le bûcher, elle se consume alors en implorant son époux de ne pas s’en prendre à ces hommes ignorants quel terrible courroux ils viennent de déclencher. Car légitimement furieux, Dracula renonce à son humanité naissante et décide de déchaîner les enfers sur les prêtres, mais aussi sur un peuple pourtant innocent, des gargouilles sortant de la pénombre pour réduire en charpie tous et toutes, enfants compris… Considérant que son père va trop loin et s’engouffre dans une vengeance que n’aurait jamais souhaitée sa femme, Alucard se dresse face a Dracula lors d’une lutte qui le laissera blessé, poussant le jeune vampire à partir se réfugier dans une crypte cachée. Un an plus tard, Trevor Belmont, vagabond constamment aviné, tente d’éviter des ennuis qui lui collent pourtant à la peau : issus d’une famille réputée pour la chasse aux vampires, il est aussi mal vu par les minions du blood sucker que par la populace, pour qui l’arrivée de ces armées diaboliques pourraient bien être imputées à une famille Belmont détruite par l’Église.

 

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En un épisode, Castlevania, la série, pose d’un coup d’un seul toutes ses thématiques sur la table et dévoile sa volonté de ne pas se contenter de quelques stéréotypes bon marché. Après tout, si un vague pitch de chasse à la roussette pouvait suffire pour un jeu sorti dans les années 80, alors que le public n’était pas encore habitué aux histoires plus cinématographiques que le cinoche n’en propose lui-même, il n’en est pas de même en 2017. D’ailleurs, les video games de la franchise avaient appris à se complexifier avec le temps, Symphony of the Night en 97 jouant déjà du cruel sort d’Alucard, vampire au grand coeur forcé de liquider lui-même son daron ivre de haine, à grand renforts de dialogues parfois longuets, là où les premiers opus se passaient de discours. On arrivait dans la salle du trône du vieux Drac’ après quelques niveaux, on lui faisait bouffer du fouet et des crucifix volants, et c’était bien tout pour le scénar’. Envisageable pour une série animée à la Adventure Time (il se disait, fut un temps, que les créateurs de cette géniale série auraient pu se charger de Castlevania), mais certainement pas pour une fresque voulue violente – les passages gore sont légion et n’hésitent pas à déchiqueter des gosses à l’occasion -, puisant son inspiration visuelle dans la première série Berserk (la meilleure) et l’oeuvre de Yoshiaki Kawajiri. Pas la surprise du siècle, on sait que l’auteur des incroyables Ninja Scroll et Wicked City a plus que la cote aux states (même si Castlevania est une série développée un peu partout sur le globe, et notamment écrite par un Anglais), où il est l’égal du dieu Hayao Miyazaki. Et puis, avec son Vampire Hunter D : Bloodlust de 2001,  Kawajiri avait déjà mâché le travail pour Castlevania, auquel il suffit désormais de suivre son intemporel modèle. Le character design évoque donc celui du bon Yoshiaki, avec ces visages aux traits anguleux, ces femmes aux yeux grands ouverts si elles sont des figures positives, ou plus perçants si elles sont du côté du mal. Quant aux scènes d’action, elles retrouvent le dynamisme et l’inventivité d’un Ninja Scroll, Trevor multipliant les chorégraphies flattant la rétine, tandis qu’Alucard, avec son épée flottante, s’occupe du côté chanbara. Tout américaine soit-elle, la saga Castlevania ne rejette donc jamais une patine japonaise, ici fièrement assumée et faisant finalement suite à la charte graphique que s’étaient imposé les jeux depuis Symphony of the Night.

 

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Et qui dit animation puisant son inspiration chez les Nippons, dit donc enjeux dramatiques, voire grandiloquents, et personnages tourmentés (Vampire Hunter D : Bloodlust ne comptait-il pas l’amour impossible entre un seigneur vampire et une humaine, tous deux pourchassé par un héros, lui-même vampire, ne sachant trop que penser de leur idylle?). Le manichéisme est ainsi évité à grands sauts, Trevor n’ayant rien du preux chevalier très heureux d’aider son prochain en plantant un pieu dans le palpitant du Prince of Darkness. Il est à l’inverse, du moins au départ, un sac de vin ayant tout le mal du monde à se défendre face à quelques paysans alcoolos, et plutôt que d’aller à la rencontre des troupes maléfiques de Dracula, il les évite autant que faire se peut. Quant au père Tepes, si sa violence semble disproportionnée, ses blessures sont bien compréhensibles, et tout evil soit-il, il est difficile de ne pas avoir un pincement au coeur pour ce pauvre homme qui goutta à un amour éclair (au regard d’une vie millénaire comme la sienne) et, désormais moralement épuisé, ne cherche plus que le silence. Binaire, Castlevania ne sera point, preuve en est le renversement des valeurs opéré lors du premier épisode : la science de Dracula, et donc une discipline présentée comme celle du Mal, servira aux plus démunis, guéris de terribles maux grâce à la bienveillance de Lisa. Tandis que l’Église, en principe garante de la paix, est ici présentée comme l’antre de la Bête, une secte parfaitement organisée (ce qu’elle est réellement, cela dit en passant) cherchant à étendre son emprise, et brûlant les infidèles au premier écart. La fin de l’humanité, si c’est bien Dracula qui la mène, on la doit surtout à un évêque, par ailleurs ravi de voir ses supérieurs se faire décimer puisque cela sous-entend que c’est désormais à lui que reviennent les rennes des villes les plus proches. Bref, entre méchant touchant, héros fainéant et poltron, et figure du Bien répandant finalement la douleur, Castlevania débute de la plus noire des façons.

 

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La courte première saison et ses quatre épisodes questionnent donc la foi, malmenée, de chacun : celle d’un Dracula ayant un jour cru en l’humanité et sa faculté à vivre en paix avec celle-ci, celle d’un Trevor ayant perdu toute confiance en lui et en son blason, et celle d’une Eglise rongée par l’avidité et le pouvoir (d’ailleurs, si le château de Dracula est lugubre, il ne manque jamais de poésie, et les cathédrales et autres lieux de culte sont ici présentées comme plus angoissantes). Unique lanterne perdue dans une nuit sans fin : Sypha, prêcheuse et magicienne tentant de répandre la bonté et la morale autour d’elle, et seule influence positive sur Trevor, qui acceptera finalement de faire honneur à sa famille en partant au front. Non sans avoir réveillé Alucard, aide indispensable dans la lutte contre le barbu aux dents limées… Les connaisseurs reconnaîtront les grandes lignes de Castlevania 3, dans lequel le joueur pouvait passer d’un personnage à l’autre pour profiter de leurs pouvoirs distincts, ici respectés : si Trevor est le meilleur pour un combat au corps à corps, les sorts de feu ou de glace de Sypha demeurent une grande aide, tout comme les capacités de morphing d’Alucard. Certes, l’histoire avance lentement et le climax de cette first season (Trevor et Alucard se mettent sur la tronche, l’un et l’autre restant, même face à l’adversité, comme chien et chat) manque de mordant de part son absence d’enjeux : on sait par avance qu’Alucard acceptera de se joindre au duo Sypha/Trevor, puisqu’il fut introduit comme un adversaire de Dracula dès les premiers instants. Mais tout comme la scénarisation n’était pas le point fort des quatre ou cinq premiers jeux de la saga lorsqu’elle en était encore à faire s’arracher des tignasses entières aux gamers les plus acharnés, il est ici plutôt question de tremper dans une ambiance pesante, de profiter de magnifiques décors et d’apprécier une animation s’emballant de fort belle manière lorsque les monstres viennent faire du chahut. En outre, le vieux fans appréciera quelques clins d’oeil, comme cette scène voyant Trevor et Sypha sauter d’un rouage géant à un autre, comme il était de coutume de le faire dans les jeux voilà trente ans. Et si les créatures ne jouissent pas forcément d’un design pleinement satisfaisant, ceux-ci étant simplifiés par rapport à leurs modèles, on appréciera de croiser ça et là quelques silhouettes reconnaissables (en saison deux, c’est Slogra et Baigon, deux boss de Super Castlevania IV, que l’on croise lors d’une rixe dans les bois). Autant dire que tout cela débutait on ne peut mieux. Malheureusement, la deuxième saison viendra sabrer dans notre enthousiasme…

 

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Prise de la maladie dite de la Walking Deadinite aigue, Castlevania s’engouffre en effet dans une seconde saison inutilement longue et incroyablement bavarde. Peut-être soudainement tentés d’apporter à leur soupe miso quelques ingrédients typiquement américains, les auteurs semblent en effet prendre exemple sur les déambulations de Rick Grimes et compagnie, tout comme sur les trames complotistes de Games of Throne, sans doute dans l’espoir de fidéliser sa clientèle comme l’ont fait les deux exemples en question. Dès lors, c’est direction talk show toute, avec d’un côté les gentils le cul bien enfoncé dans les fauteuils de C’est mon choix, sans Évelyne Thomas mais avec Sypha en psychiatre du dimanche venue régler les problèmes de famille de Trevor et Alucard. Et de l’autre les incessantes querelles chez les méchants, Dracula étant très mal entouré puisque ses différents généraux commencent à se demander si leur empereur n’a pas les plombs qui rouillent, sa manière désorganisée de mener une guerre laissant ses hommes on ne peut plus sceptiques. Il n’en faut d’ailleurs pas beaucoup pour que la vicieuse Carmilla en poussent certains à la mutinerie, d’autant que les rangs sont déjà divisés par la présence d’Isaac et Hector, deux humains ayant décidé de suivre Dracula dans l’éradication de leur espèce. Les débats politiques entre deux chandeliers ou dans une morgue où l’on réveille les cadavres, pourquoi pas, après tout ? Bien fait, cela peut même donner quelque-chose de captivant et le récit pourrait s’y prêter. Malheureusement, si ce n’est à jouer la montre, ces nouvelles intrigues n’apportent pas grand-chose, et poussent la série à faire un sur-place franchement ennuyeux. Sur les huit épisodes de cette deuxième saison, la grande majorité sera donc constituée de causeries en loucedé, dans le dos d’un Tepes déprimé et plus très sûr de ce qu’il veut, ou de la recherche de documentations dans la bibliothèque souterraine des Belmont. Alors que l’on pensait que cette étape ne tiendrait qu’un épisode, maximum deux, c’est pas moins de six qui seront passés entre les manuscrits et d’ancestraux bouquins.

 

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Pas franchement ce que l’on pourrait considérer comme palpitant, et doubler le nombre d’épisodes n’aboutit finalement qu’à une multiplication de sous-intrigues tantôt inutiles (Godbrand, monté en épingle trois épisodes durant, quitte la série par la porte de service sans avoir apporté quoique ce soit à l’histoire), tantôt étirées artificiellement alors qu’une scène aurait suffit (les répétitives entrevues entre Hector et Carmilla). Le temps semble dès lors long, et les quelques petites bévues qui nous avaient échappées durant la saison 1 commencent à nous sauter aux yeux. Comme par exemple cette mauvaise habitude de faire causer la plupart des personnages comme des charretiers, ne parlant qu’en « lui il ne veut que baiser tout ce qui bouge », en « mange ta merde et crève », « va te faire foutre » et compagnie. Adapté à un ou deux personnages, comme un Trevor Belmont présenté comme je-m’en-foutiste, ou à Godbrand sauvage. Un peu moins pour un Alucard tout en grâce, qui fait ici des doigts d’honneur et ne cesse de provoquer son ami/rival Trevor comme le ferait un ado attardé. Un manque de finition dans l’écriture, très à l’américaine dans l’esprit, heureusement rattrapé par un pessimisme et une noirceur pour le coup jamais prises en défaut, telle la violente torture que subit Isaac. Pas mal non plus ce côté contemplatif (la jeunesse d’Hector, capable de ressusciter les êtres morts), qui apporte un peu de finesse dans un récit hésitant constamment entre la délicatesse à la Japonaise et la bruyante récréation made in America, où tout trait de caractère et où chaque avancée scénaristique, même maigre, est souligné cinq fois pour être certain que tout le monde a bien compris.

 

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Fort heureusement, si Castlevania se pare de nouvelles faiblesses, il sait aussi garder ses forces bien au chaud. En témoignent les sixième et septième épisodes, fabuleux concentrés  d’action, créant le frisson aussi bien par l’utilisation des mélodies des jeux que par les chorés (voir Sypha en action est un ravissement de tous les instants). Et que dire de ce combat final contre Dracula ? Rien, il est tout simplement parfait en tous points, parvenant à satisfaire aussi bien sur le plan de la baston pure que sur celui des sentiments. Quant à l’ultime épisode, qui appelle inévitablement une suite, s’il se fait plus posé, tel le calme après la guerre, il n’en oublie pas pour autant de se montrer sanglant (le carnage dans le désert), cruel (le destin peu enviable du naïf Hector) et crédible dans la déprime suivant la perte d’un être cher. Poignant, et pas qu’un peu… Et dès lors encore plus frustrant, car si l’équipe s’en était tenue à quatre épisode comme précédemment, cette saison aurait enfoncé le clou et aurait tout dévasté sur son passage. En l’état, on doit se contenter d’un divertissement tirant un peu trop sur l’élastique, quitte à le casser par instants, mais auquel on restera fidèles, ses grands instants demeurant plus étincelants que ses maldonnes. On garde le fouet en main et notre soif de sang Castlevanien intacts, donc, prêts à voir ce que Netflix et ses succubes nous préparent pour la suite…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Spencer Wan, Sam Deats, Adam Deats
  • Scénarisation : Warren Elis
  • Production : Adi Shankar
  • Pays : USA
  • Acteurs (voix) : Richard Armitage, James Callis, Alejandra Reynoso,…
  • Année : 2017

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