Blood Surf

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Si Studio Canal nous surprend agréablement en sortant le classique Six Femmes pour l’Assassin de Mario Bava, antique giallo que l’on n’attendait plus, on n’oublie pas non plus qu’il était devenu rare que l’éditeur se frotte au bis ou à la Série B. Alors que dans une période pas si lointaine, mais qui nous semble déjà être une autre vie, celui-ci n’hésitait pas à balancer dans les bacs tout et n’importe-quoi. Tel ce Blood Surf (2000) de James D.R. Hickox jouant la carte du gros crocrodile pas zentil zentil…

 

Qu’on se le dise : il y des familles baignant dans le septième art plus intéressantes que les tribus Douglas, Sheen, Olsen, Baldwin ou Arquette, et le clan Hickox en fait partie. Pas surprenant d’ailleurs que le brave James ait fini par empoigner une caméra, lui dont le père Douglas était un réalisateur (Behemoth the Sea Monster, Théâtre de Sang), la mère Anne V. Coates une monteuse reconnue (Greystoke, Meurtre sur l’Orient Express, Lawrence d’Arabie et, il y a peu, 50 Nuances de Grey), tout comme sa sœur en moindre mesure (Rock of Ages, The Jacket). Et puis il y a bien sûr son frère, le trublion Anthony Hickox, que tous les fanas de la Série B connaissent fort bien puisqu’à l’origine des deux Waxwork, du toujours sympa Hellraiser III, du thriller sexy Jill Rips avec Lundgren, et à priori actuellement en train de mettre les dernières touches à Falconman avec Van Damme. On a connu pire curriculum vitae, et on comprend carrément que le brave James fut lui aussi foudroyé par l’envie de se perdre dans de la pellicule. Après avoir fait ses dents sur la table de montage avec quelques films de son frérot (les Waxwork, Full Eclipse), sous les ordres de sa môman sur Greystoke, ou sur de l’heroic fantasy via Les Maîtres de l’Univers ou Beastmaster 2, James Hickox se voit offrir un premier job de metteur en scène sur Children of the Corn III (1995). Suivront Garden of Evil (1998) avec Malcolm McDowell et quelques petites bandes que personne n’a vu ou presque, le deuxième fils Hickox n’ayant pas eu une carrière particulièrement couronnée de succès. Logique dès lors de le voir rester dans la division du DTV depuis, que ce soit pour de petites choses avec des bimbos (Girls Gone Psycho en 2006) ou en balançant des has-been comme David Keith ou John Rhys-Davies sous les crocs d’un chaton préhistorique (Sabertooth en 2002). Et avant ça, tel un tremplin vers le siphon l’aspirant pour de bon dans des productions sans gloire, Blood Surf, aka Krocodilus.

 

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Suivant le succès du divertissant Lake Placid, sorti de son lac une petite année auparavant seulement, cette baignade interdite joue la carte de l’exotisme en envoyant des surfeurs en quête de sensations fortes dans la gueule du grand méchant alligator, alors qu’ils pensaient tomber sur des requins qui feraient bien sur leur vidéo promo. Rien de bien original, d’autant que dans une volonté, classique dans les animal attack, de ne pas s’éloigner des Dents de la Mer et compagnie, on nous colle ça et là quelques clichés, tel celui du vieux loup de mer désireux de se venger du saurien, coupable par le passé d’avoir becté des touristes dont il était en charge. L’épouvante animalière recyclant encore et encore le script de tonton Spielberg, et le genre n’étant que rarement connu pour ses expérimentations, nous jouerons les outrés un autre jour. D’autant que Blood Surf n’est pas prétentieux pour un sou, bien heureux qu’il est de faire la nage papillon dans le bassin du B-Movie crétin et conscient de l’être. Et même fier ? On peut se le demander en voyant Hickox passer autant de temps à scruter les interminables mimiques de son pire acteur, Joel West (étrangement devenu un régulier des Experts : Miami), dans le rôle d’un demeuré complet, incapable de s’exprimer autrement qu’en grimaçant ou qu’en se comportant comme un chimpanzé lobotomisé. Pourquoi s’attarder (c’est le cas de le dire) sur pareil cas si ce n’est pour que le public se bidonne dans son canapé ? Bon, c’est vrai qu’au vu de la qualité du fameux sac-à-main aux dents longues, mieux vaut détourner l’attention du spectateur sur autre chose. Car si le monstre fait plus ou moins illusion lorsqu’il est une animatronique bougeant à peine et sortie de l’atelier de John Carl Buechler, rien ne va plus quand Hickox use de CGI et d’incrustations dégueulasses, sans doute façonnés dans la maison des jeunes de Vierves-sur-Viroin.

 

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Blood Surf foire donc sa bête mais parvient à faire tourner le regard de l’audience sur autre-chose, soit avec les gesticulations d’un Joel West finalement bien pratique en Californien fini à l’urine, soit en autorisant la part féminine du casting à faire tomber les bikinis. Les jolis boobs, ça marche toujours, d’autant que niveau nénettes contre lesquelles on se blottirait bien, il y a de quoi faire avec les appétissants œufs au plat de Taryn Reif. Ou encore Maureen Larrazabal, belle demoiselle des Philippines, où fut tourné le film et où elle est une petite star, qui chevauche le West pour une scène de baise assez graphique. Bien sûr, tous ces seconds rôles sont là pour se faire broyer à un moment ou un autre, histoire de faire de la place au fadasse héros courageux (Dax Miller, revu dans Le Couvent de Mike Mendez) et à sa copine aux gros tits (que l’on ne verra jamais, autant vous prévenir). A eux de calmer les ardeurs du croco, puisque même le marin expérimenté et froid comme les burnes d’un ours polaire qu’est Duncan Regher (Dracula dans Monster Squad) finira coupé en deux… Un peu de gore bienvenu, même si moins bien foutu que le sort peu enviable de ce pirate pervers imitant Godzilla en faisant le singe (véridique), qui sera empalé sur une poutre à pointes. Sympa, et toujours ça de pris pour un direct-to-video rigolo, que ce soit volontairement ou non, rendu appréciable par son rythme enlevé (dur de se faire chier) et des décors paradisiaques. On n’en demandait pas plus, surtout pour une petite chose ouvertement ratée…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : James D.R. Hickox
  • Scénarisation : Robert L. Levy, Sam Bernard
  • Production : Peter Abrams, Robert L. Levy, Nathan Zahavi
  • Titres: Krokodilus
  • Pays : USA
  • Acteurs : Dax Miller, Tziporah Malkah, Joel West, Taryn Reif
  • Année : 2000

2 comments to Blood Surf

  • Roggy  says:

    Il y a des crocos à Vierves-sur-Viroin ? 🙂

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