The Cinematic Art of Fantastic India – Volume 1

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Tim Paxton, vous connaissez ? Non ? Honte à vous les Aminches. Pour la peine, vous irez commander quelques publis d’un Amerloc’ au CV long comme le bras, dont les séries Monster ! et Weng’s Shop : d’imparables machins pour qui est branché cinéma d’horreur exotique (mex, hindi, indo…), d’indispensables guides pour qui veut s’aérer la tronche et courir d’autres lièvres que le cinéma bis européen ou la série B ricaine.

 

Comme dit un ami internaute, « il y a quoi devenir fou » quand on plonge le pif en ces pages (©Copyright 2018, Cédric Monget), et l’on confirme aisément, d’autant que Tim Paxton prépare actuellement un énorme book sur le ciné fantastique indien, qu’il cuisine depuis plus de cinq ans : au menu du festin annoncé, plus de 700 reviews dévolues au fantastique en terres indiennes ! Préparez des hectolitres de lassi, car ça va piquer sous la langue et brûler les papilles ! On vous tiendra au courant, n’en doutez pas. Bien sûr, Pete Tombs and Co. avaient déjà tracé le chemin au milieu de cette jungle, mais le continent reste encore à défricher pour le coup, trop méconnu par chez nous. En l’espèce, pas de meilleures boussoles que Tim Paxton et son confrère de passion (et d’édition), Steve Fenton.

 

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En apéritif dinatoire – ou en préliminaires de luxe : choisissez votre métaphore -, l’auteur ouvre ici la première pièce d’un immense musée couché sur papelard : le cinéma fantastique indien encore et toujours, mais par le prisme de ses artworks les plus iconoclastes et les plus délurés. Dans le premier volume d’une collection qui devrait en compter quatre (on piaffe déjà !), Paxton sacrifie aux VCDs, format vidéo exploitant le support CD – Video Compact Disc donc – qui connut son âge d’or sur le continent asiatique au tournant des années 90 et 2000. Support lui-même exotique pour nous autres Européens, tant nos vieux pays passèrent à côté de cette bête un peu bâtarde… Tout le matériel exposé ici provient de la propre collection de Tim Paxton, et l’on en bave des litres : plus de 150 reproductions concentrées en quelque 130 pages, qui donnent vite le vertige à l’amateur et lui fait comprendre qu’il n’aura jamais assez d’une vie pour tout s’avaler… Triste et réjouissant à la fois, mais comme toute chose.

 

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Par bien des aspects, le projet de Tim Paxton ressemble beaucoup à celui de notre Damien Granger national, dans cette volonté d’ouvrir sa collection personnelle au plus grand nombre, dans cette exigence de beauté formelle aussi (surtout), dans cette capacité à ramasser les choses en un format relativement court et dans cette manière d’exciter la glande bisseuse du novice le plus sincère ou du connaisseur le plus pointu. De la belle ouvrage en un mot, honnête et proprement incitatif. S’enchaînent donc des dizaines de jaquettes improbables, assemblages baroques de motifs photographiques agrémentés parfois de petits trucs repiqués ici ou là : il y a d’ailleurs des récurrences dans la flying jaquette indienne, très versée Zombie, Evil Dead, Creepshow, Van Helsing… ou masques d’Halloween vendus sur Amazon !  Autre lieu, autres mœurs.

 

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Accrochez-vous n’empêche, car nos margoulins défunts de la VHS sont des chantres d’honnêteté et de probité comparés aux éditeurs indiens de ces VCD’s… C’est bien sûr toute la poésie de la chose, ce mélange de naïveté et d’audace balancé full frontal pour attirer le chaland. Ce que Steve Fenton, dans son avant-propos, appelle psychotronica exotica. Evidemment, le bonheur des mirettes n’oblitère en rien la rigueur historique et technique de l’ouvrage, car si ce volume 1 est d’abord un beau livre d’images, Paxton replace en contexte et remet en perspective, pédagogue aguerri du support et du genre. Lire les pages liminaires du bouquin pour s’en convaincre – The Anatomy of a VCD -, et pour mieux saisir l’intérêt substantiel qu’il y avait à sacrifier tout un livre au sujet. De même, notre auteur se fend d’une petite notule immersive à chaque nouvelle jaquette, manière d’introduire des films que nous ne verrons peut-être jamais… Tant pis, le plaisir est aussi dans le désir – même inassouvi – et dans la contemplation ébahie de titres incroyables (dont le dingo Jadoo Tona), totalement inédits ici (si tant est que ce mot ait encore un sens aujourd’hui) et qui dessinent un horizon culturel absolument unique. Fascinant. L’ouvrage se clôt sur une petite section DVD (où l’on voit que les Indiens sont gourmands avec leurs « trois films en une galette » !) et entrebâille la porte d’un futur volume 2, en exposant quelques belles choses des affiches, lobby cards et pavés de presse du cinéma fantastique indien. Oui, de quoi bouffer des kilos de byriani en attendant, et nous le ferons volontiers s’il le faut !

David Didelot

 

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  • Auteur: Tim Paxton
  • Editeur: WK Books
  • Pays: USA
  • Année: 2018
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