Killer Instinct

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La perspective de poser nos petits culs devant une Série B venue de 2001 (soit d’une autre vie…) où se croisent Dee Wallace Stone (Hurlements, Critters, Cujo…) et Corbin Bernsen (Le Dentiste et sa suite) a de quoi séduire, à priori. Et le B-Movie en question se trouve être Killer Instinct, non pas une adaptation du jeu de baston culte de la Super Nintendo mais une oubliable production dénuée d’éclat… mais consommable quand même.

 

On a beau savoir qu’on va se faire sodomiser sans vaseline par les jaquettes mensongères de DVD, on oublie toujours de serrer les fesses à temps. Ainsi, pour vendre le Killer Instinct de Ken Barbet (The Eliminator avec Michael Rooker), ces vieux roublards de Swift Productions font croire au chaland que c’est une pelloche démoniaque qu’il s’apprête à acheter au kiosque du coin, collant sur la cover de leur produit des espèces de zombies fantomatiques. Bien sûr, y aura pas tout ça dans le film, en fait un slasher plus ou moins classique, dont la seule  once d’originalité se trouve dans les méthodes du serial killer de sortie, qui ne zigouille pas à l’arme blanche mais préfère poser des pièges dans un asile abandonné, où partent faire la teuf quelques jeunes glandus. C’est pas tout à fait le sous-Evil Dead que laissait espérer le visuel glissé dans le boîtier, mais à la décharge des mecs de Swift, le poster original brouillait déjà les pistes avec ses squelettes souriants, que l’on ne croisera pas non plus dans ces couleurs poussiéreux. A une époque où le neo-slasher régnait en maître, il est étonnant de voir un film du genre ne pas tenter de raccrocher les wagons à Scream et Souviens-toi l’été dernier, mais bon, font bien ce qu’ils veulent hein ! Et sans doute que Barbet et son équipe se sont dit qu’il serait plus profitable de draguer un public d’anciens, composé de vieux horror addicts ridés et bedonnants pour qui Dee Wallace et Corbin Bernsen sont de plus belles promesses que Neve Campbell et Jennifer Love Hewitt. Pas sûr que ce fut un bon calcul, cela dit…

 

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Tout débute dans les bois, alors que des villageois comme de juste très énervés (des Gaulois réfractaires, dirait l’ami Manu) chassent ce que l’on devine être un échappé d’asile, un meurtrier sanguinaire léchant la lame de son couteau après avoir planté ses victimes. Adeptes de l’auto-justice, les mécontents décident de le pendre à un arbre pour mettre fin à la série de crimes, avant de repartir avec la sensation du devoir accompli. Quinze années passent et voilà que pour pimenter un peu le week-end huit jeunes décident d’aller passer une nuitée dans l’hosto psychiatrique, désormais à l’abandon. Histoire de niquer dans les lits dégueulasses des mabouls ? Oui, mais aussi pour faire un petit jeu de cache-cache avec leurs slips, nos zouaves retirant leurs sous-vêtements pour les planquer dans les différentes pièces de cette large demeure sans vie. On s’amuse comme on peut… Bien sûr, ils vont tomber sur le dernier habitant des lieux, un mystérieux maniaque dont on ne sait trop s’il s’agit du fantôme du fou pendu ou un être de chair et de sang désirant reprendre le massacre. Et de manière inventive, si possible : électrocution, noyade dans une cuve d’eau bouillante, barbecue de blondinette, bris de verre pourfendant un type attaché au plumard (merci La Fiancée de Chucky!), mécanisme décapitant les fuyards… Comme un air de Dr. Phibes avec quelques décennies de retard, ou de Jigsaw avec un poil d’avance. Et pas forcément déplaisant, d’une part parce que cela change un peu des éternels coups d’opinel dans le nombril ou la jugulaire. Et d’une autre parce que Barbet parvient à créer une ambiance macabre en plongeant son asile dans la pénombre, désormais seulement éclairé par les bougies que les teenagers amènent avec eux. Ce n’est pas vraiment gore, ce n’est certainement pas original, et c’est même basique au possible, mais ça rappelle un peu le beau Hell Night avec Linda Blair et c’est toujours ça de pris.

 

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Et le dentiste et l’éternelle mère de famille des années 80, ils font quoi là dedans ? Eh ben ils se font la gueule, les enfants, car la Dee aimerait racheter un terrain appartenant à Corbin et ses copains, du coup ça se perd en réunions bien chiantes du côté de Bernsen et ça enquête sur ses adversaires chez Wallace. Manière comme une autre d’étirer un peu le bazar, avec des manigances confuses dont on se fout complètement, et dont on se demande pendant un bon moment en quoi elles sont reliées au carnage de petits cons sans caleçons. Heureusement que le final, à la noirceur bienvenue, vient relier les deux intrigues, car encore un peu et on se pensait propulsés devant un deux-en-un du copain Godfrey Ho… Bon sinon, rien de spécial dans le bouzin évidemment, c’est du DTV incapable de marquer les esprits comme il en sortait à la pelle à l’époque, ce genre de petits films pas trop mal troussés (Barbet varie un peu son filmage et peut balancer des plans efficaces), généreux en filles à oilpé, qui faisaient les grandes heures des Notules Lunaires de Mad Movies à l’entrée du millénaire. Rien de terrible, rien de honteux, et donc bien suffisant pour occuper vos écrans lors d’une soirée lasagne-Coca Light. Mais de là à le ressortir un jour…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Ken Barbet
  • Scénarisation : Bruce Cameron, Christopher Stone
  • Production : Tony Didio, Emilio Ferrari
  • Pays : USA
  • Acteurs : Dee Wallace, Corbin Bernsen, Paige Moss, Jeanine Meyers
  • Année : 2001

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