Porno Holocaust

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Entre gore cracra et porno tout mouillé, Joe D’Amato n’a jamais su choisir, et c’est donc le plus naturellement du monde qu’il mélange le sang et le sperme dans son Porno Holocaust (1981), où ça se culbute (beaucoup) et se charcute (un peu). Une bisserie grasse et méchante, mais pas si bête…

 

 

 

Voilà deux-trois ans, Bach Films s’était pris de passion pour Joe D’Amato, sortant plusieurs des pelloches de ce grand maître de la boucherie transalpine, comme les cultes Horrible ou Anthropophagous, et les plus coquinous Orgasmo Nero et Caligula, la véritable histoire. Tant qu’à faire, et puisqu’on en est à mettre sur le marché des avortements dégueulasses, des baby-sitters cuites au four ou des orgies où sont conviées nos amies les bêtes, pourquoi ne pas sortir Porno Holocaust ? Bande culte parmi les bandes cultes, cette énième réalisation de Big Joe est de celles qui laissent travailler l’imagination du futur spectateur ne sachant encore trop s’il osera sauter le pas. Un holocauste porno ? Une jaquette parlant parfois d’un « zombie mutant libidineux et cannibale », et montrant le mort-vivant en question forcer une pépée à lui faire une fellation ? Pas totalement le genre de menu par lequel on commence pour découvrir le cinoche d’exploitation rital, et de ces méfaits participant grandement à l’image de cinéma dégueu et presque dangereux que se traîne le genre italien. Car on a toujours cette douce appréhension en appuyant sur la touche « play » après avoir inséré une bisserie du pays dans nos lecteurs DVD ou magnétoscopes, conscients que nous sommes que tout est possibles chez ces joyeux jobards, et que l’on n’est pas à l’abri de voir un gosse arracher le téton de sa mère avec les dents, ou d’assister au french kiss entre une MILF et une caboche en putréfaction. Et oui, c’est ça l’exploitation romaine, toujours plus gruesome que les autres, toujours prête à partir dans le rouge à tous les niveaux, et c’est bien pour ça qu’on l’aime. Et aussi pour ça qu’on fait confiance au Mister D’Amato, qui ne déçoit d’ailleurs pas avec son Porno Holocaust

 

 

pornoholo1En vue de protéger les plus jeunes, un flou a été apposé pour masquer les parties choquantes.

 

 

Il s’en passe des drôles à Saint-Domingue (D’Amato y tournera plusieurs films du même style, d’ailleurs), surtout depuis que les animaux semblent avoir triplé de volume (comme Joe n’a pas un radis, il prend des crabes normaux et explique que normalement ils devraient faire 2 centimètres à peine), et qu’une vilaine bête semble sévir sur une île abandonnée, où l’armée y alla de ses habituels essais nucléaires. Partie étudier ce drôle de bazar, une expédition de chercheurs dont le boss est George Eastman en personne (l’ami Luigi Montefiori, son vrai nom pour ceux qui ont raté un épisode et même toute une saison, est aussi le scénariste bien sûr) pose donc ses sandalettes sur le sable chaud de cet îlot, où ils installent leur campement. Mauvaise idée, car traîne toujours dans ces buissons un grand black muni d’un groin de cochon et d’un zgeg de poney, un être ayant vécu seul pendant trop longtemps et ne sachant donc pas qu’on n’aborde jamais ces dames sans leur offrir une petite boîte de pralines. Violeur monstrueux – son engin est si gros que les nanas ne survivent pas au coït – et tueur bestial (tous les hommes sont des ennemis qu’il écrasera de sa force herculéenne), ce mutant était, comme nous l’apprend dans les bonus Sébastien Gayraud (grand spécialiste du Joe s’il en est), l’attraction principale du métrage du temps où il était prévu comme un simple ride horrifique, alors sobrement nommé Holocaust. Oui, sans le Porno, et donc sans la gymnastique qui muscle le bas-ventre. D’Amato aurait-il pressenti que sa carrière à venir serait placée sous le signe du sein ballottant et de la verge tendue ? Possible. En tout cas il se lance dans l’un des premiers mélanges entre gore et hardcore, même si l’on devine que la musicalité du frottement des chairs l’a plus attirée que les symphonies de barbaques déchirées par son monstre. Comprendre que ça va niquer plus que ça va zigouiller, quoi, la majeure partie du métrage étant consacrée aux ébats amoureux, qui vont du gentillet de M6 au pornhub pur et, surtout, dur.

 

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Au rayon softcore, on trouvera donc un anulingus peu graphique (et donc potentiellement simulé) et quelques caresses et frottements sur la plage entre nanas. Niveau « on y franco et on récure bien au fond », la présence de Mark Shannon, hardeur à toute heure, rassurera les potentiels clients effrayés à l’idée qu’aucune pénétration ne soit de la partie. On se fait des 69 sous les palmiers, on copule au soleil, on éjacule sur les foufounes poilues ou sur les jolis fessiers, on pompe et branle deux blacks en même temps,… Si c’est une aide masturbatoire que vous cherchez dans Porno Holocaust, vous l’aurez à coup sûr. Et pourrez compter sur D’Amato pour tourner autour de ses baiseurs ou aller se mettre sous eux, pour filmer en gros plan le dard de Shannon et son scrotum boutonneux, le vieil Aristide étant, on le sait, plutôt habile lorsqu’il s’agit de shooter des rapprochements plus qu’intimes. L’ennui, c’est que pendant qu’il s’assure que son public le plus excité aura de quoi se lustrer, il délaisse son audience venue dans l’espoir de se refaire un festin gorasse à la Blue Holocaust… A ce niveau, il faudra prendre son mal en patience, puisqu’il faut attendre 45 minutes pour avoir les habituels plans en vue subjective de l’assassin, et plus d’une heure pour qu’il se mette à attaquer le casting. Ca fait long quand même, et vu que le budget devait être moins élevé que le prix que vous allez payer pour le DVD Bach, les effets sont des plus rudimentaires et D’Amato ne s’attarde guère dessus. Un peu de navarin d’agneau sur la tronche et hop, on a un crâne fracassé par une pierre ou par un gros morceau de bois. Et quand l’irradié à la grosse truffe étrangle le pauvre Eastman, celui-ci crachera un peu de sauce tomate sans plus d’effets. Ouais, c’est la misère, mais il y a néanmoins quelque-chose de plaisant dans ce slasher ensoleillé, dans cette tuerie tropicale, qui sent les vacances et la déviance dans le même temps. Une drôle de mixture, mais qui fonctionne plutôt bien.

 

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Et qui se trouve être moins conne que prévu, ou en tout cas moins mécanique que ce que ce type de production exige d’ordinaire. Joe imagine donc un monstre pathétique et sympathique malgré ses viols et massacres, vivant avec les ossements de ses parents et tentant, telle une bête draguant sa belle, de séduire l’une des fifilles, dont il tombe sincèrement amoureux. Il ne la viole pas, il ne la blesse pas, il se contente de la nourrir et de lui apporter des fleurs, preuve qu’il y a encore une étincelle d’humanité à trouver dans le bestiau. Pas mal pour un petit Z made in Italy, bien que la rigolade soit aussi au menu lorsque l’on découvrira que, bien que se sachant menacés de mort, les protagonistes ne pourront résister à l’envie de baiser à couilles rabattues ici et là, au mépris de tout danger. Un peu stupide, il faut bien le dire, mais qu’importe ici, le respect des envies du public passe avant la plausibilité .Et c’est bien ainsi…

Rigs Mordo

Merci à Laurent pour le DVD !

 

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  • Réalisation : Joe D’Amato
  • Scénarisation :  George Eastman
  • Pays : Italie
  • Acteurs : Mark Shannon, Dirce Funari, Annj Goren, George Eastman
  • Année : 1981

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