Creepies 2 : Las Vegas Attack

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Contrairement à 99% des participants de Fort Boyard, Jeff Leroy aime les araignées. Et plus elles sont grosses, mieux c’est ! C’est qu’il lui faut bien des bestioles de la taille d’un paquebot pour mettre à feu et à sang Las Vegas. Et si d’aventure ça ne suffit pas, Jeff le bricoleur a un gros robot en réserve pour faire cramer quelques bandits manchots…

 

Jeff Leroy est un homme à l’image de ses goûts : simple. Vous voulez lui faire plaisir comme à un gosse auquel vous achetez la Switch avec le dernier Super Mario pour Noël ? Pas compliqué : vous rentrez dans l’un de ces magasins vendant des trains miniatures, vous repartez avec tout ce qu’il est possible de dénicher comme décors, vous installer le tout dans la cave du poto Jeff et vous lui refiler une grosse boîtes de pétards et une ou deux araignées, qu’elles soient en plastoc ou en mousse. Si le gaillard a encore du jus dans sa caméra, vous pouvez être sûr que deux heures plus tard il revient vous voir avec 30 minutes d’Armageddon en boîte, avec ses rangées de bagnoles Majorette désossées, ses tanks miniatures piétinés et même, s’il en a eu le temps, quelques piétons en pixels brûlés par les feux d’artifices ayant servi à faire sauter immeubles et ambassades. Yep, ce qui branche Leroy, c’est de donner dans la démolition, d’enchaîner les véritables cauchemars d’architecte, et notre petit doigt nous dit que, gamin, il était du genre à mettre des gros coups de pieds dans les commissariats et casernes de pompiers LEGO de ses petits camarades. Certes, quelques-unes de ses productions ne misent pas sur des déluges de pyrotechnie à refiler la chair de poule à Michael Bay, et ce pour un budget environ 10 000 fois inférieur, et on se souvient encore avec émotion de son très chouette The Witch’s Sabbath et de son superbe Werewolf in a Women’s Prison, pas spécialement portés sur les déflagrations. Mais que l’on cause du terrible Rat Scratch Fever, du rigolo Giantess Attack ou du premier Creepies, c’est la foire au pétard, le carnaval de la déflagration. Evidemment, Creepies 2 : Las Vegas Attack n’allait certainement pas dévier du chemin tracé par son aîné, dont il conserve… ben à peu près tout, en fait.

 

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Rappel des faits : à la fin de Creepies premier du nom, il était décidé de faire exploser Los Angeles et ses environs, infestés de tarentules créées par une armée qui a toujours la fâcheuse tendance à perdre le contrôle de ses expériences les plus inavouables. Mais alors que tout le monde pense que la menace est partie en cendres, les autorités découvrent qu’un ancien employé traverse Las Vegas avec une mallette contenant quelques spécimens d’araignées toxiques encore en vie, dans le but de les vendre au plus offrant. Si le salopiaud finira bien vite en morceaux suite à sa rencontre avec un agent secret tirant au bazooka plus vite que son ombre, les arachnides ont pour leur part vite fait de prendre la fuite, se mélangeant à la population venue s’agglutiner dans les casinos. Et pendant que de petites veuves noires mordent les passants, une version maousse s’amuse à détruire buildings et reproductions de la Tour Eiffel. Pour régler le cas de ces vilaines bébêtes, les militaires décident d’avoir recours à Mecha-Destructor, énorme robot à tête de loup (c’est en tout cas ce qu’il m’évoque) qui permettra à l’humanité de rivaliser avec les colosses à huit pattes. Bon, question pitch, c’est à peu près la même chose que précédemment, l’ajout d’un énorme tas de ferrailles – qui permet surtout à Leroy de crier son amour pour le kaiju-eiga – ne bouleversant pas franchement la donne. D’ailleurs, le script est à peu de choses près le même que celui du premier Creepies, avec ses bidasses parties faire exploser les grosses araignées à l’extérieur en démolissant un maximum de parking en carton, tandis que quelques quidams essaient de survivre aux plus petites à l’intérieur. Vous remplacez le studio d’enregistrement du volet initial par un hôtel rempli de types rêvant d’aligner trois cerises aux machines à sous et c’est bon, vous avez Las Vegas Attack !

 

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Bon, à la décharge de Leroy, le scénario n’a jamais été le point fort de ses œuvres, et c’est dans la joie, diablement communicative, qu’il met à tourner ses petits films avec ses restes d’étrennes qui les rendent si réjouissants. A ce niveau, pas de surprises, bonnes comme mauvaises, avec Creepies 2 : ça démolit tout Las Vegas du début à la fin ou presque, ça ne se prend jamais au sérieux (les militaires tuent sans doute plus d’innocents qu’ils n’en sauvent), on a le petit insert sexy avec l’arrivée d’une prostituée venue se faire prendre dans une chambre, c’est joyeusement gore (les araignées sortent d’un vagin ou d’une tête), le casting réunit quelques gueules habituelles (Randall Malone, Jed Rowen) et les insectes sont toujours suffisamment mal fichus pour réjouir les amateurs de films de monstres cheesy. A ce niveau, difficile de prendre au premier degré cette invasion grouillante, les créatures n’ayant jamais deux fois le même look : tantôt comparables à des grosses coccinelles, elles sont lors de certains plans similaires à des fourmis dotées de visages humains, voire à des tas de hachis parmentier ou à des grosses peluches pour marmots. Mais qui s’en soucie ? Le but est que ça charcle constamment (si Leroy prend bien 20 minutes pour présenter ses protagonistes, on ne se fait pas chier pour autant) et que le quota de cocottes emballées dans des toiles d’araignées est respecté. Aucun souci à se faire question divertissement donc, même s’il faut bien admettre que l’entreprise de démolition non-stop du Leroy peut se faire lassant au bout d’un moment, à plus forte raison lorsque l’on s’enchaîne les deux Creepies en peu de temps. C’est qu’on est bien content de voir une attraction avec des pirates prendre feu, mais se taper la scène treize fois là où un ou deux plans auraient suffit peut paraître exagéré…Mais bon, pour un petit Z sans flouze et une production David Sterling (allez voir ses Camp Blood, vous verrez ce que c’est, la vraie misère), on en a carrément pour notre argent, la dose de fun étant ici assurée.

Rigs Mordo

 

 

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  • Réalisation : Jeff Leroy
  • Scénarisation : Jeff Leroy, Eric Spudic, David Sterling
  • Production : David Sterling, Corbin Timbrook
  • Pays : USA
  • Acteurs : Loren Paul, Randal Malone, Star Hansen, Gregor Collins
  • Année : 2005

One comment to Creepies 2 : Las Vegas Attack

  • Roggy  says:

    Yeah ! dans la foulée du premier film déjà excellent, il faut vraiment que je le voie 🙂

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