Hercule contre les Fils du Soleil

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Il a vraiment le coeur sur la main, le plus costaud des fils de Zeus : entre quelques gifles prodiguées au lion de Némée et le vol de bœufs au géant à trois têtes Géryon, le bon Hercule trouve encore le temps d’aller remettre de l’ordre dans le temple du soleil dans le sympathique Hercule contre les Fils du Soleil.

 

 

 

Trois ans déjà qu’Artus a lancé sa Collection Peplum, débutée en mars 2015 avec la parodie musclée Le Grand Défi (1964), dans laquelle Hercule, Maciste, Ursus et Samson s’envoyaient des mandales dans la joie et la bonne humeur. Et depuis, plus rien malheureusement, les amoureux de bisseries antiques restant tels des orphelins aux pieds du Mont Olympe. Bonne nouvelle, entre deux sorties Fulciennes (L’Au-delà vient tout juste d’atterrir dans les bacs, on en reparle très vite), le petit ours brun de l’édition hexagonale a trouvé le temps de sortir de leurs forges Hercule contre les Fils du Soleil et Hercule l’invincible, deux productions européennes de 1964. Et qui dit milieu des sixties dit également la fin progressive du péplum, peu à peu remplacé par un western à la popularité grandissante, les glaives et armures des gladiateurs ne suffisant plus face aux colts des cow-boys chiqueurs de tabac. C’est donc les dernières heures du genre qu’Artus vient déposer dans nos salons, mais pas forcément les moins belles. La preuve avec cet Hercule contre les fils du Soleil, jolie petite bobine aventureuse, emballée par un Osvaldo Civirani (Le Fils de Django) qui faisait là ses premiers pas comme réalisateur, juste après s’être adonné aux plaisirs du documentaire hot avec Sexy Interdit en 63. Et après, tout de même, quelques années comme technicien dans les années 50, une expérience que l’on ressent dans chaque plan de Ercole contro i figli del sole.

 

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Gros pouce levé à Artus d’ailleurs, sans doute bien heureux de proposer une copie lumineuse et aux couleurs à tomber, une qualité visuelle bien pratique pour profiter du bon travail de Civirani, faiseur mineur du cinoche d’exploitation rital, mais artisan capable néanmoins. Et surtout un metteur en scène sachant empoigner la machine à écrire pour rédiger ces nouvelles aventures du brave Hercule (Mark Forest), parti en mer avec quelques compagnons et pris dans une tempête le faisant échouer au Pérou. Seul survivant, il est très vite accueilli par des guerriers vindicatifs, dont il sera sauvé par le prince Maytha (Giuliano Gemma). Reconnaissant et toujours prêt à filer un coup de pouce à un ami dans le besoin, Hercule accepte en retour de ce sauvetage d’aider Maytha a retrouver son trône, dérobé par son vil frère Ata Hualpa (Franco Fantasia), dont le but est de devenir le nouveau Roi Soleil en sacrifiant leur sœur à tous deux, la belle Hamara (Anna-Maria Pace). Et ce au grand désarroi de l’épouse d’Ata Hualpa, incarnée par une Ángela Rhu remplaçant au pied levé Rosalba Neri, initialement prévue dans le rôle et que l’on peut encore apercevoir dans certains plans ou sur certaines publicités. Comme de coutume dans le genre, l’histoire n’est pas bien complexe, et Civirani semble bien conscient que si le public s’entasse dans les salles des cinémas de quartier, c’est surtout pour voir des tas de biscotos se déboîter la mâchoire à coups de coude.

 

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En cela, on ne pourra pas reprocher à Hercule contre les Fils du Soleil de ne pas débuter sur les chapeaux de roue : à peine Hercule commence-t-il à se relever de la plage sur laquelle il est endormi qu’il doit déjà briser des genoux d’Incas un peu trop agités. Quelques pas plus loin, l’homme le plus fort du monde se voit obligé de soulever un énorme rocher pour libérer une pauvre femme mourante. Et à peine a-t-il eu le temps de reprendre sa respiration qu’un sauvages aux cheveux longs veut tester sa force, pas convaincu que le Grec soit si balèze que cela. Et c’est une fois ce petit test terminé que l’on vient apprendre à Maytha et ses hommes que ce félon qu’est Ata Hualpa compte faire offrande de la dépouille de sa sœur aux dieux dans la soirée. Pas de longs discours, pas de grands plans de guerre : Hercule et quelques valeureux guerriers partent pour le temple royal et se mettent à trancher dans le lard, gâchant la petite fête sacrificielle et les jolies danses de gugusses déguisés en aigles. Pas de pause-pipi, pas de sieste, pas de pique-nique, que de l’action, déballée à un rythme qui ne connaît pas la crise. Du moins lors des 30 premières minutes, la fin de la première heure se voulant plus fleur bleue et tentant de mettre en place une douce romance entre Hercule et Hamara, histoire de faire chavirer les coeurs. Pas forcément désagréable, et même un peu amusant de par le fait que la princesse ne cesse de vouloir guérir les plaies du demi-dieu dans l’espoir de pouvoir palper ses muscles d’acier. Dommage tout de même que ces quelques danses tribales soient aussi longues, car si elles ne sont pas désagréables à l’oeil, elle ralentissent aussi considérablement une bisserie que l’on appréciait jusque-là pour son côté « à fond, à fond ».

 

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Heureusement, la brutalité reprend ses droits pour une bataille finale, voyant Hercule, Maytha et leurs copains créer des catapultes pour s’attaquer à la forteresse ennemie. Une baston générale bien foutue, en tout cas nettement plus dynamique que les pauvres duels à l’épée que les années 80 nous proposeront via les Séries B d’Heroic Fantasy, façon Deathstalker. Hercule contre les Fils du Roi, ce n’est pas de la Shaw Brother où ça saute d’un balcon à un autre en faisant 36 pirouettes en l’air avant de décapiter l’adversaire, c’est sûr. Mais ça ne manque pas d’énergie pour autant, le plutôt doué Osvaldo faisant tout son possible pour apporter un maximum de vitalité à ces rixes de mastodontes par définition peu agiles. Et puis il y a de toute façon ces fabuleux décors, dans lesquels on se perdrait volontiers, les reconstitutions dans les studios romains étant on ne peut plus crédibles. De quoi faire de ce petit bis baraqué une récréation on ne peut plus plaisante, à laquelle Artus offre un joli petit digipack et un bonus de Michel Eloy, spécialiste du mythologique revenant notamment sur les bévues et anachronismes d’un Hercule contre les Fils du Roi qui n’avait pas forcément été relire ses cours d’histoire avant de partir à la bagarre. Pas grave, on l’aime bien quand même.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Osvaldo Civirani
  • Scénarisation : Osvaldo Civirani, Franco Tannuzzini
  • Production : Osvaldo Civirani
  • Titre Original : Ercole contro i figli del sole
  • Pays : Italie
  • Acteurs : Mark Forest, Giuliano Gemma, Anna-Maria Pace, Ángela Rhu
  • Année : 1964

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