Cocoon

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Au vu de la chaleur quasi volcanique qui nous assaille et nous trempe les aisselles, un petit tour par la piscine de Ron Howard s’impose. Bonne nouvelle, Carlotta ressort justement son petit classique eighties Cocoon (1985). Sortez les maillots de bain, ça va faire trempette avec de zentils extra-terrestres et Mahoney !

 

 

 

Amis seniors déjà en train de mettre votre plus beau costume pour avoir la classe au funérarium, où vous dormirez à cercueil ouvert devant vos familles en larmes, prenez une petite pause et arrêtez donc d’écouter les publicités de France 3 de l’aprem. Vous n’avez pas besoin de faire votre testament dès maintenant, et ce siège hors de prix censé vous aider à grimper les marches quatre à quatre ne vaudra certainement pas une bonne heure dans la pataugeoire Cocoon. Car oui, vieux et vieilles, Ron Howard a trouvé la fontaine de jouvence et surprise, c’est une banale piscine en intérieur dans laquelle un troupeau d’éléphants semble être venu se soulager. Mais ne vous fiez pas à l’apparence d’étrons de ces drôles de trucs, en fait des cocons renfermant des petits hommes verts assoupis : guère salissants, ils sont surtout de véritable concentrés d’énergie, de celle qui vous recharge les batteries en moins de temps qu’il nous en faut pour l’écrire. Ce que découvre un trio de vieux copains composé de Ben (le franchement badass Wilford Brimley de Chasse à l’Homme et The Thing), Arthur (Don Ameche d’Un Fauteuil pour Deux) et du cancéreux Joe (Hume Cronyn, le très mignon Miracle sur la 8ème Rue), les trois bonshommes ayant l’habitude d’aller nager dans le bassin abandonné de la grande villa avoisinant leur maison de repos. Des lieux désormais occupés par quatre étranges personnages passant tout leur temps en mer, menés par un Walter (Brian Dennehy de Rambo) ayant embauché un marin d’eau douce (Steve Guttenberg, héros des premiers Police Academy) pour aller pêcher ces fameuses coques au fond de la mer. Pas de quoi affoler nos gaillards du troisième âge, trop contents de profiter de l’eau chlorée et heureux de se faire une petite frayeur en posant leurs sandalettes sur une propriété privée. Mais de la frayeur ne passons-nous pas à la peur lorsqu’il est révélé que Walter et les siens sont des êtres d’une autre planète, Antarés, et qu’ils sont plus lumineux qu’un phare dans la nuit noire ?

 

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Cocoon, un film d’invasion galactique où des papys se font éventrer et déchirer la gueule par des cousins disco du xénomorphe ? Certainement pas, et si Ron Howard cherche un effet avec son petit film de science-fiction, c’est bien l’apaisement. On l’a vu avec l’arrivée d’un certain E.T. ressemblant, c’est un hasard, lui aussi à une grosse crotte : le public veut bien que des gus tombent des étoiles, mais il est préférable qu’ils viennent avec des fleurs plutôt que des armes crachant rayons laser et autres destructrices joyeusetés. Les années 50 où se jouait la guerre des mondes et où les Martiennes venaient kidnapper des bellâtres pour repeupler une planète rouge quasiment tuée par le féminisme ne sont qu’un vague souvenir, et les explosions de Maison Blanche et autres invasions orchestrées par Tim Burton ne sont pas encore à l’ordre du jour. Non, ce que veut le public des années 80, c’est se relaxer la couenne et se dire que par-delà les espaces ne se trouve que de biens jolies choses, champs de roses et montagnes de chocolats plutôt que les centres de formations de Predators aiguisant leurs lames. La preuve : The Thing version Carpenter, chef d’oeuvre s’il en est, fut un gros bide, et seul les Aliens et le futur copain rasta de Schwarzy arriveront véritablement à se faire une place au soleil avec leurs belliqueuses intentions. Mais, et avec quelques rares vainqueurs (La Nuit des Sangsues, miam!), ils sont bien les seuls à pouvoir prétendre à un réel succès populaire, de ceux qui dépassent le vidéoclub du coin de la rue, où là effectivement on veut bien croire que Laserblast jouit d’un petit buzz. Reste que la masse, grouillante, celle qui achète du popcorn et des barbes à papa pour en foutre plein les sièges des grands cinoches, ne veut pas de tout ça, elle, et préfère avoir comme compagnie des petits robots qui se reproduisent dans un immeuble bientôt démoli, une sorte de lutin qui ne se nourrit que de coca et de Mac Donald ou une merde vivante qui fait s’envoler un vélo. Rien de mal à cela d’ailleurs, un feel good movie faisant, comme il se définit lui-même, toujours du bien par où il passe, et on ne peut pas s’envoyer des démembrements forestiers à longueur d’années.

 

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Cocoon, c’est donc un petit bonbon, une pause dans la semaine, une petite chose plutôt insignifiante mais qui aura tendance à vous coller un sourire sur la tronche… et éventuellement une petite larmichette. C’est que nos pépés sont tous plutôt attachants, que l’on parle d’un Ben responsable et inquiet du sort de ses amis, d’un Arthur profitant de sa seconde jeunesse pour faire le con ou d’un Joe se sentant tellement pousser des ailes qu’il en vient à tromper sa femme (scène touchante lorsqu’il lui refuse de l’accompagner, la pauvre devinant immédiatement les plans de son époux, fier de bander comme en 40). Et doucement drôles également, Ron Howard (qui convie, comme toujours, son frère Clint et son père Rance à la fête pour de seconds rôles), s’il y va de ses passages cherchant l’émotion (la fin, la plutôt triste séquence du veuf tentant de réanimer son épouse), n’oublie pas de délirer un peu en proposant quelques séquences un peu folles. Voire gentiment déviantes, comme lorsque les pépés découvrent qu’ils ont encore des piles dans le falzar et entreprennent donc de besogner leurs épouses, que l’on retrouve toutes joyeuses le lendemain. Ou lorsque l’on découvre que Guttenberg tenterait bien l’aventure inter-raciale avec l’une des cocottes de la planète Antarès. Et puis, à sa manière, Howard se fend d’idées tellement crétines qu’elles en flirteraient presque avec le bis, comme l’arrivée d’un Antarèsien flottant… et portant le peignoir ! Ou encore lorsque Arthur se fend de quelques pas de danse en boite de nuit et que le tout vire au breakdance, une doublure se retrouvant à virevolter dans tous les sens avec un vulgaire masque sur la gueule pour tenter de faire illusion. On y croit pas un traître instant, et c’est bien pour ça que c’est fun !

 

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De par sa simplicité et son envie de faire l’effet d’un bon jacuzzi à son audience, Cocoon attire donc la sympathie, même si le petit bonbon se change malheureusement en sucette un peu trop grosse en fin de parcours. Comprendre que c’est toujours très sucré, que cela garde du goût, mais que l’on finit par en avoir marre d’avoir une Chuppa Chupps à la framboise en bouche. C’est que 1h55, c’est tout de même assez long, surtout lorsque l’affaire semble terminée depuis 30 bonnes minutes déjà et que nous étions prêts à plier bagages. Howard étire donc beaucoup trop son récit, déjà alourdi par un Guttenberg pas bien utile à l’affaire et sans doute seulement catapulté dans cette histoire pour avoir une personnalité populaire de l’époque au casting. Pas de quoi gueuler non plus hein, et on est bien contents que Carlotta ait décidé de faire un petit plongeon dans ces thermes pour en ressortir une copie HD sur laquelle on ne crachera certainement pas. Ca donne envie de voir ce que le deuxième opus, sorti en 88, a sous le bonnet de bain, tiens…

Rigs Mordo

 

 

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  • Réalisation : Ron Howard
  • Scénarisation : Tom Benedek
  • Production : David Brown, Lili Fini Zanuck & Richard D. Zanuck
  • Pays : USA
  • Acteurs : Wilford Brimley, Don Ameche, Hume Cronyn, Brian Dennehy
  • Année : 1985

4 comments to Cocoon

  • Nazku Nazku  says:

    J’ai cru que tu allais démolir le film, mais finalement non et j’en suis bien contente. Tellement un feel good movie qui a bercé mon enfance. 🙂 La suite aussi, même si elle est moins bonne.

  • Roggy  says:

    Un des films de mon enfance que j’avoue n’avoir jamais revu. Apparemment, il n’a pas changé (j’ai lu de mauvaises critiques dernièrement) et ça fait plaisir. Belle chro en plus.

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