Plaga Zombie: Zona Mutante: Revolución Tóxica

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Et de trois pour la saga Plaga Zombie, véritable chaînon manquant entre l’univers déréglé de Tex Avery et celui tout en charognes cannibales de George A. Romero. Mais après avoir délogé des dizaines de caboches au taille-haies, il est temps pour le trio terrible composé de  Pablo Parés, Hernán Sáez et Berta Muñiz de faire un pas de plus vers la maturité.

 

Après tout, ils nous avaient prévenus : pour ces frères d’armes que sont Parés, Sáez et Muñiz, le but premier a toujours été de faire de Plaga Zombie une véritable trilogie. Pas de quoi être étonnés dès lors de tenir Revolución Tóxica dans nos mimines crochues, la surprise venant plutôt de la date de sortie de ce troisième chapitre, proposé au public en 2011. Certes, la naissance de Zona Mutante (2001), le second film, était séparée de quatre années de celle son aîné (1997), mais les premières scènes furent tournées dès 1998, soit quasiment dès la sortie de Plaga Zombie premier du nom. On peut néanmoins comprendre ces quelques années faussement sabbatiques (car dédiées à d’autres œuvres, généralement des courts), le tournage de Zona Mutante n’ayant pas été de tout repos et sa longueur étant parvenue à taillader la motivation des troupes, pour le moins lassées de passer leurs congés à se fatiguer à éventrer du zomblard et se prendre des douches de faux sang qui les rendent collants de partout. Sauf que si cette décennie a été plutôt tendre avec un Hernán Sáez à peine plus joufflu qu’auparavant et un Pablo Parés faisant toujours office de James Franco argentin, il n’en est pas de même pour l’anciennement costaud Berta Muñiz, visiblement passé par un sacré régime aux aubergines puisqu’il a laissé son gros ventre aux vestiaires. Plutôt ennuyeux compte tenu du fait que Revolución Tóxica reprend les choses là où Zona les avait laissées, soit en l’an de grâce 1997 alors que Max le dingue, Bill le calmos et John le ventru découvrent que des corps des morts-vivants sortent des petits cousins de Roswell, à la Alien. Comment expliquer dès lors que le catcheur John West est parvenu à perdre entre 20 et 30 kilos en quelques minutes à peine ? Pas de panique, rompus à l’exercice de la démerde, qui va le plus souvent de pair avec une certaine inventivité, les scénaristes/comédiens/réalisateurs trouvent la solution.

 

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Ainsi, alors qu’ils sont poursuivis par une soucoupe volante, nos trois héros se prennent sur la tronche un rayon laser visant à téléporter un zombie que tient justement John West dans ses grosses paluches. Et l’exposition à cette technologie d’une autre galaxie a tôt fait de faire perdre au combattant aimé des enfants de sa graisse… Une idée scénaristique qui en vaut une autre pour justifier les nouvelles formes du poto Berta, et qui servira surtout à lancer le récit puisque cette mésaventure inspire à Max une technique imparable pour péter la gueule aux petits hommes verts. S’ils utilisent une sorte d’ascenseur d’un genre nouveau pour happer des revenants sur le point de voir éclore dans leurs carcasse putréfiée un alien, pourquoi ne pas en gaver un de poudre et s’en servir comme d’une bombe à même de réduire en miette le vaisseau ennemi ? Pas bête, mais cela demande une organisation précise : Max devra en effet trouver un walker dont il pourra devenir l’ami et lui faire ingurgiter la fameuse poudre, tandis que John aura pour mission de faire le ménage dans une zone précise en utilisant sa force herculéenne et que le sage Bill partira en quête d’un radar à même de localiser l’OVNI. Une bonne occasion pour le groupe de se séparer et donc d’offrir à chacun des arcs narratifs qui leur seront propres et permettront d’épaissir encore un peu plus les personnages, déjà mieux traités psychologiquement dans Zona Mutante que dans Plaga Zombie. Si le perso de Bill ne fait pas de pas de géants et reste peu ou prou le même à la fin de l’histoire, les scènes qui lui sont attribuées servant plutôt à faire avancer l’intrigue, il n’en est pas de même pour Max et John, englués dans des historiettes plus dramatiques.

 

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Pour le bigleux monté sur ressorts qu’est le Maxou, c’est bien évidemment sa rencontre avec Junior, zombie verdâtre qu’il choisit pour devenir son cheval de Troie, qui lui servira de principale thématique. Peut-être plus haineux que ses comparses envers les living dead, coupables de lui avoir fait passer un sale quart d’heure dans le premier film, Max s’était déjà montré plus compréhensif envers ces morts servant de bétail aux extra-terrestres dans Zona Mutante, devenant même en dernière bobine un berger pointant la bonne direction à prendre à ses cadavériques moutons. Continuant sur ce chemin, il deviendra cette fois un père spirituel pour Junior, qu’il goinfre d’explosifs, c’est vrai, mais pour lequel il finit par développer des sentiments sincères. A la fois drôle et touchante, cette partie du récit voit donc ce doux dingue jouer à la dînette avec celui qu’il devra envoyer se faire sauter dans le QG des envahisseurs… et finir bien évidemment par hésiter à passer à l’acte, alors même que Junior découvre ses plans et se rebelle contre son nouveau pôpa. Une blague tendre contrastant avec le sérieux du malheur s’abattant sur West le roi du catch, dont la force et les poings de fer semblent s’être envolés avec son poids en trop. Désormais incapable d’écraser des tronches comme au bon vieux temps, John broie plutôt du noir et voit les doutes qui le tenaillaient déjà dans les deux opus précédent se matérialiser : il n’a plus de jus. Une sous-intrigue à la Rocky, avec coach (revenu du premier film) et entraînement éclair, prenant le temps de se poser et de la jouer un peu The Wrestler. Ce qui laisse au pauvre Bill le soin d’en savoir un peu plus sur les extra-terrestres et, surtout, toutes les scènes où ça se bastonne gaiement contre les morts qui ne se nourrissent que de vivants. Et c’est malheureusement là que ça coince un peu.

 

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Bien que restant largement plus gore que Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet, on sent que le but premier de Revolución Tóxica n’était pas de faire mieux, voire même d’égaler, Zona Mutante en matière de rixes où virevoltent tripes et mâchoires. Oui, ça décapite encore, et oui on continue d’aller faire mu-muse dans les intestins, mais sans doute avec moins d’inventivité que lors d’un passé glorieux où l’on enfonçait des manches de balais dans des culs pour mieux dévisser des boîtes crâniennes. La fougue d’antan n’est plus vraiment de la partie, et l’on devine que les envies de nos créateurs, passés entre deux films du stade de jeunes hommes à celui de véritables adultes, ne sont plus les mêmes. Et qu’aux carnages repeignant en rouge tout leur quartier ils préfèrent désormais des thèmes bien de leur âge (la vieillesse, la paternité). Sans tourner le dos à leurs premiers amours – ça envoie quand même le boulet, on ne va pas exagérer – Parés et compagnie continuent donc leur évolution, bien entamée dans la première séquelle, vers quelque-chose de plus sentimental et leur passion pour le formel a peu à peu laissé la place à un amour sans limites pour les protagonistes qu’ils incarnent. Si c’était justement les méandres des esprits malmenés de nos héros épuisés qui vous avaient branchés dans Zona MutanteRevolución Tóxica aura tout pour vous satisfaire et peut-être même vous tirer une larmichette. Mais si c’était la perspective de vous faire encore une fois éclabousser par du sirop de cervelle qui vous ramenait dans les rues de Buenos Aires, il est probable que la déception soit au rendez-vous…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Pablo Parés, Hernán Sáez 
  • Scénarisation : Pablo Parés, Hernán Sáez, Berta Muñiz
  • Production : Pablo Parés, Hernán Sáez, Berta Muñiz 
  • Pays : Argentine
  • Acteurs : Pablo Parés, Hernán Sáez, Berta Muñiz, Paulo Soria
  • Année : 2011

On cause du film aussi chez Ze Curious Goods ! Et merci au bro Jay !

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