Lost Continent

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Puisque la dino mania reprend doucement avec la sortie de Jurassic World 2, et parce que l’on ne veut pas faire comme tout le monde et monter à dos de raptor avec Chris Pratt, c’est dans le monde perdu de Lost Continent (1951) que nous avons choisi de nous parachuter. Et on en est ressortis relativement contents…

 

 

 

Avec quelques 276 boulots en tant que réalisateur, il était pour ainsi dire acté que le mercenaire Samuel Newfield finirait par faire de quelques vilains monstres sa compagnie d’une semaine. Une semaine seulement car en bon faiseur de Séries B aux budgets très amincis, le Sammy tournait en une dizaine de jours à peine ses Mad Monster et The Monster Maker, récits de scientifiques ayant, comme toujours, fait les mauvais mélanges ou inventé de sinistres virus, résultant toujours à la création de créatures que Dame Nature réprouve. On peut comprendre qu’après ces expérimentations macabres, le bon Newfield fut tenté de partir traquer des menaces plus sauvage avec Lost Continent, virée pour le moins préhistorique sur une île pas prête d’être référencée sur Tripadvisor. A une troupe de militaires, savants et pilotes d’avion de découvrir pourquoi en allant y chercher une fusée chargée à l’énergie atomique, écrasée sur ce petit coin de terre où vivent toujours quelques dinosaures… Soupe de reptile pour tout le monde donc, via une production plutôt chiche mais pas miséreuse tentant, on le devine, de recréer le succès du simiesque King Kong, déboulé dans les salles obscures près de 20 ans plus tôt et roi toujours impossible à faire dégringoler de son trône.

 

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Ce n’est pourtant pas faute d’essayer via Lost Continent, qui s’essaie même à la stop-motion en recourant aux services d’Edward Nassour, pro de la pâte à modeler et des iguanes en plasticine déjà à l’œuvre sur The Beast of Hollow Mountain, qu’il produit et réalise également. Pas franchement un artisan du niveau de Willis O’Brien, un fait dont la courte carrière de Nassour atteste, mais un bon sculpteur venu offrir quelques lézards franchement bien foutus. Tricératops se donnant des coups de corne ou chargeant l’équipe de chercheurs, brontosaures tentant de becter un malheureux planqué dans un palmier, Pterodactyle shooté à distance, T-Rex qui… Ah non, pas de souverain du jurassique dans ces buissons, l’affiche mentant un peu beaucoup sur la marchandise puisque le tant attendu Tyrannosaure ne viendra jamais pointer le museau sur nos écrans. Dommage, mais on dira que c’est compensé par un côté sanglant plutôt prononcé, les gros lézards se retrouvant à pisser de l’hémoglobine a chacune de leurs apparitions. Problème : si l’arrivée dans le domaine de ces bêtes d’une autre ère réjouit plutôt les mirettes grâce à l’animation en stop-motion et des décors plutôt crédibles, il faut également s’armer d’une sacrée patience pour enfin en voir le bout de la queue…

 

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S’il est content de plonger dans un green inferno, particulièrement bien nommé puisqu’il est accompagné d’un filtre verdâtre faisant passer Lost Continent du film en noir et blanc à la pelloche en vert et gris, Newfield n’en est pas pressé pour autant et décide de jouer la montre. Un peu trop d’ailleurs, puisque 20 minutes seront consacrées à la présentation des personnages, pourtant pas spécialement bien caractérisé pour autant, et 20 autres à la longue escalade d’une montagne, sujet fréquent de railleries pour le présent métrage. On peut comprendre qu’il soit par ailleurs assez frustrant de voir cinq glandus grimper encore et encore sur un gros caillou plutôt que d’assister aux confrontations avec les mâchoires venues du fond des temps, casées dans le dernier acte, alors que le clap de fin s’apprête déjà à raisonner. Et s’il y a bien un défaut apte à mettre à genou un Monster Movie, c’est bien un manque de générosité lorsqu’il s’agit, justement, de sortir les Monsters de leur cage… Pas de quoi cracher dans la compote de stégosaure tout de même, car il y a dans cette jungle une ambiance d’aventures et d’inconnu on ne peut plus réussie, un Cesar Romero (le Joker de la série Batman des sixties) des plus charismatiques et un final impressionnant pour l’époque et le budget, voyant le sol s’écarter sous les gambettes des acteurs, invités à sauter au-dessus de ces précipices factices. Pas mal donc, même si l’on n’est de toute évidence pas en présence d’un indispensable du fantastique à papy.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Sam Newfield
  • Scénarisation : Orville H. Hampton, Richard H. Landau
  • Production : Jack Leewood, Sigmund Neufeld, Robert L. Lippert
  • Pays : USA
  • Acteurs : Cesar Romero, Chick Chandler, John Hoyt, Sid Melton
  • Année : 1951

2 comments to Lost Continent

  • Roggy  says:

    Je suis presque certain que ce « Lost continent » est bien mieux que le dernier « Jurassic world »… Chro très sympa en tout cas qui donne vraiment envie de faire un tour au Dino zoo… 🙂

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