The Erotic Rites of Countess Dracula

Category: Films Comments: No comments

scarleteaser

Bram Stoker’s Dracula never offered the exotic crimson action you’ll find in… Scarlet Countess. A new level in gothic horror.” Oui c’est sûr, on ne se mouche pas du pied chez Frontline Entertainment, on y va franco question promo. No scandal en même temps : l’accroche est pleine de cette ironie et de cette distance qui définit assez bien la série dite Z et le DTV étique, sans compter que le film est inscrit au catalogue des distributeurs frappadingues de Seduction Cinema ; cohérent quand on mate les titres de la firme, spécialisée dans la vampirette chaudasse… et dans la gonzesse peu farouche d’une manière générale.

 

 

Avec Scarlet Countess – autrement dit The Erotic Rites of Countess Dracula (2001) –  Don Glut entamait là son petit cycle “mammaire” si l’on peut dire, momies broute-minous dans un sens (le diptyque The Mummy’s Kiss) et rayon vampires lesbiennes dans un autre. Signalons cependant que la même année, le Glut tournait The Vampire Hunters Club, petit bout de chose qui réunissait au casting John Agar, William Smith (déjà), Forrest J. Ackerman, Mary Woronov et le copain Del Howison. Un truc rigolo quoi, parodique et référentiel, qui annonçait bien les bêtises de la Frontline : fauchées comme les blés, mais gonflées comme les seins de Brick Randall. De toute façon, les vampires c’est bien pratique : pas besoin d’une fortune pour tourner son film, pas besoin de lingots d’or pour shooter son machin, surtout quand on s’appelle Don Glut. Les ingrédients nécessaires au bonhomme ? De la donzelle aux gros nichons, trois paires de belles canines, deux décors récurrents (dont un château carton-pâte ici, emprunté au parc d’attractions du coin et repris dans le futur Countess Dracula’s Orgy of Blood), une star de l’exploitation en fin de parcours (cette gueule de William Smith pour le coup, Dracula moustachu et cireux qui cachetonne pour cinq minutes à l’écran), et puis ce troisième degré propre aux productions Frontline, fait d’honnête déférence aux grands classiques et moulé dans la parodie rigolarde de l’extrême B-Movie. Bram Stoker doit rire (ou pleurer) dans sa tombe, quand Del Howison – véritable “star” du film – fait le show en Renfield facétieux : gentil chaperon de la pauvre Scarlet et rabatteur efficace de jeunes vierges, le mec n’oublie pas de becqueter les insectes alentour, non moins que de parader sur les artères de Burbank jusqu’à la sublime boutique Dark Delicacies… propriété de Del Howison lui-même depuis 1994. Vous irez chercher sur Tutube, ça fait bander son âne ! Comme ces clins d’œil très appuyés au grand Bela, quand William Smith détourne la fameuse réplique du séminal Dracula en un “Child of the night, what a music she makes” (du rock en l’occurrence), ou quand l’un des persos balance “I thought she never drank wine” en causant de notre vampire qui sirote son verre de vin… OK, la métamorphose de Dracula en chauve-souris est toute pourrie, morphing baveux qui vaut bien moins que les antiques marionnettes animées à bout de fils, mais Scarlet Countess est une invite sincère à la fête sincère : une fête pour les grands quand même, eu égard aux nombreux nibards qui remplissent l’écran, dont ceux de la “star” Brick Randall. On reverra cette rousse incendiaire dans le thriller très érotique Deviant Obsession (2002), mais aussi dans quelques bandes pornos, planquée alors sous le pseudo d’Elizabeth X.  En tous les cas, Brick Randall semble avoir arrêté sa courte carrière au milieu des années 2000. Dommage.

 

scarlet2

 

The Erotic Rites of Countess Dracula… Quel titre n’empêche, qui réfère forcément aux frasques libidino-sanglantes d’Erzsébeth Bàthory. Sauf que là, ben c’est l’inverse qui se produit : ladite Comtesse en a ras les crocs de sa condition de vampire et veut redevenir mortelle. Retournement ironique d’un mythe ? Peut-être bien quand on connaît la culture fantastique de Don Glut et son goût pour la blague. Nous sommes donc à la fin des années 60. Scarlet est une artiste rock sur le point d’enregistrer son album. Mais le Comte Dracula qui passait par là séduit la belle musicienne et la mord… Les temps sont durs pour les vampires, ou plutôt le temps est long à la créature noctambule, qui attend 35 ans dans son cercueil à ne rien branler ou à boire le sang de ses proies. Chargé de veiller sur la donzelle, Renfield a beau lui chanter les avantages de l’immortalité, Scarlet veut retrouver son humaine condition. Pour l’heure, elle est proprio du Scarlet Countess, un night-club branché goth’, et demande à Renfield de faire quelque chose pour elle. La tuer tout bonnement ? Le gars ne peut s’y résoudre. Il faut dire que les seins de la Brick n’invitent pas à profaner son corps en la transperçant au pieu (sans jeu de mots hein…). Par bonheur, Renfield retrouve The Ruthenavians, la Bible des Vampires pour ainsi dire (bouquin dont on entendra de nouveau parler dans Countess Dracula’s Orgy of Blood). Dans le grimoire, il est dit que le vampire blasé doit mordre trois jeunes pucelles en une seule nuit afin de recouvrer sa mortalité. Renfield chasse donc l’immaculée donzelle (avec succès) et Scarlet redevient mortelle : elle peut de nouveau se mirer en sa psyché, elle peut sortir au soleil californien… et montrer ses seins gratos sans risques de brûlures ! Mais c’était sans compter les trois vierges défuntes, revenues d’entre les morts pour assouvir leur vengeance…

 

scarlet1

 

 

On ne va pas se mentir : question fesse, le film est plus timide que les productions suivantes de Frontline, comme un galop d’essai dans le genre erotic horror pour Don Glut. Mais Brick Randall est sublime, qui se pavane dans ses dentelles rouges, et Scarlet Countess compte quelques chaudes séquences qui font honneur aux femmes ; celles avec nos trois pucelles bien sûr, bien tripotées avant d’être mordues : Nicole Liberty aux seins parfaits, Meredith Rinehart et Julia Anna Thurman, mignonette gothique aux tout petits nichons mais bien jolie quand même dans cette longue scène érotique, à même le sol du Dark Delicacies. Et puis dès l’entame, un quartet de gonzesses batifole joyeusement puisque ladite Scarlet est lutinée par trois belles créatures. Ralentis, fumigènes, bande son hypnotique… Ouais, l’esthétisation softporn est ici outrancière et l’on frise le gongorisme indigeste à cet instant. Mais bon, c’est l’époque, et les codes du Dracula de Coppola ou d’Entretien avec un Vampire courent toujours sur les écrans… Changement d’ambiance avec cette bouillante brunette (Charlie au générique), née des fantasmes de Scarlet : la nana fait son strip-tease en mode naïade dans la mare du château et dans la tête du vampire. C’est tout zoli certes, très Playboy dans l’esprit, mais ça dure, ça dure… Et sur un métrage d’1h20, trois minutes ça commence à faire long. En fait, Scarlet Countess est une suite de petits clips gentiment érotiques, facilement sécables et ne formant que très rarement un récit. Ici comme ailleurs, c’est la partie qui fait le tout, c’est l’extrait qui vaut l’ensemble, et c’est le chapitre qui fait le roman. Le film est d’ailleurs scandé par une bande son bien goth’ (Dopplegänger et Shadow Light), comme pour marquer au burin le registre auquel il appartient : celui du clip toujours recommencé, celui du morceau rock réitéré.

 

scarlet3

 

Et le fond dans tout ça ? Ben pas grand-chose pour être honnête, même s’il flotte un petit parfum Blood of Dracula dans les enjeux narratifs, mais à la mode saphique et sans l’insolence ordurière de Paul Morrissey. De même, ces rêveries du vampire solitaire et ces vertiges mélancoliques devant l’éternité ne sont pas sans rappeler les tourments tragiques des créatures imaginées par Anne Rice : “You’d really prefer death to eternal youth and beauty ?” Oui, car Scarlet veut “just to be human” comme elle le dit à la fin, qui n’accepte plus sa condition d’immortelle et de prédatrice. Comme dans n’importe quel film de vampires, c’est alors l’obsession du temps qui sourd, avec ces plans de coupe sur le soleil levant et la lune brillante, ou ces flashbacks et ces flashforwards dans la narration. Intéressant certes, mais Scarlet Countess traîne en longueur et s’abîme parfois en répétitions pénibles : la séquence initiale des quatre vampirettes est ainsi reprise  en conclusion, qui exemplifie certes cette structure circulaire enfermant le vampire dans les rets du temps, mais qui permet surtout d’atteindre les 80 mn réglementaires à peu de frais ! Bon, vu la marchandise en vitrine, on ne se plaindra pas non plus. 80 mn ? C’est vite dit d’ailleurs, car la dernière bobine est un digest du film (durée : 3 mn), au son d’un Vampire Girls plutôt sympatoche du groupe  Koo Koo Boy : pour les plus pressés, filez donc directement à la 72ème, vous aurez le best of de Scarlet Countess. Bref, on préférera le plus spontané Countess Dracula’s Orgy of Blood, considéré comme une vague suite à notre film : plus rigolo d’abord, plus sanglant même, et surtout plus nichon !

David Didelot

 

 

scarletposter

 

  • Réalisation : Don Glut
  • Scénarisation : Don Glut
  • Production : Kevin M. Glover, Edward L. Plumb
  • Pays : USA
  • Acteurs : Elizabeth X, William Smith, Del Howison, Meredith Rinehart
  • Année : 2001

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>