The Mummy’s Kiss

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Il y a peu, nous causions vampires et Don Glut : Countess Dracula’s Orgy of Blood pour être exact, autrement dit seins en avant et canines en arrière, tant le réalisateur donnait priorité aux formes affolantes de nanas subliment dessinées : la marque Frontline Entertainment en même temps, petite firme dont les productions minuscules convoquèrent à chaque fois un cheptel de gonzesses peu farouches, histoire d’assaisonner les vieux mythes fantastiques à une sauce plus piquante.

 

 

 

Vampirettes en chaleur donc, tout entières gagnées aux plaisirs de Lesbos, et puis momies en vadrouille aussi, qui n’oublièrent pas non plus les joies de Sapho… Nous eûmes même droit au « deux en un » dans Blood Scarab (2008), pot-pourri bien marrant d’antiques mythes fantastiques (Bathory, Dracula, la Momie), avec pleins de seins dans le paysage. Bref, les années 2000 ne firent pas mentir la réputation que traînait Don Glut depuis tout ce temps, monster maniac des origines et traditionnaliste du genre. L’appel du big boob fut cependant déterminant à partir des années 90, et le Glut mélangerait alors les tons dans une poignée de B-Movies rigolos : des productions bien chiches certes, mais pleines d’amour pour les vieilles figures de l’épouvante classique… et pour les playmates de la zone B : Glory Ann-Gilbert, Christine Nguyen, Monique Parent, Brinke Stevens et j’en passe. Un cocktail détonnant s’il en est, irrévérencieux pour certains et inamendable pour d’autres… mais tellement généreux pour nous, car la subtile essence des choses naît justement de ces décalages absolus et de ces contrastes incroyables, entre un sous-texte plein de noblesse et un résultat hyper trivial, voire scandaleux dans son manque de flouse et sa putasserie géniale. En fait, Glut ne connaît pas le délit de blasphème, ce qui nous arrange pour être honnête, et ce qui fait tout le charme étrange de Frontline Entertainment, toute la substance grisante de son petit catalogue. En témoigne encore le diptyque que le gars sacrifia à la momie, avec The Mummy’s Kiss en 2002 et The Mummy’s Kiss : 2nd Dynasty en 2006. Il fallait bien que ce classic Monster ressurgît des papelards du réal, comme un écho lointain à sa Mad Mummy des sixties : comprendre son mini serial de 1963, The Adventures of The Spirit, qui mêlait dans un bordel sans nom le loup-garou, la créature de Frankenstein, Captain America, le Spirit donc, et puis cette Mummy libérée du néant. Beau clin d’œil d’ailleurs dans The Mummy’s Kiss, quand deux donzelles matent l’un des épisodes de cette petite série oubliée, avec à l’écran ladite Mad Mummy on the loose

 

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Le gars y revenait donc dans The Mummy’s Kiss, film ultra référentiel et quasiment parodique dans ses enjeux : en ouverture,  Le Lac des Cygnes de Tchaïkovski quand même, au cas où l’on aurait oublié les Grands Anciens du rayon…  Ce qui n’empêche pas le Glut de balancer un Mummy’s Wrap dans le blaster d’un quidam, manière de montrer qu’il sut évoluer avec son temps, malgré son amour pour les vieilles choses … On préférera quand même ce numéro de Scary Monsters montré à l’écran, consacré justement aux antiques momies de la Universal. Glut joue donc sur le velours d’une belle tradition, celle des malédictions égyptiennes, des momies revanchardes et des princesses maudites. En l’espèce, The Mummy’s Kiss remplit toutes les clauses du contrat : mystères de l’embaumement, médaillon maléfique, amulette protectrice (qui tient lieu de crucifix dans d’autres traditions), décoction fumante, métempsychose, cérémonie funèbre pour postuler à l’afterword d’Osiris, et puis monstre en bandelettes bien entamé par le temps. « Only happens in the movies » dira même le héros : ben non mec, et tu vas comprendre ta douleur… Pas mal la momie de Don Glut et de John Carl Buechler, mais on la voit malheureusement trop peu : au début quand elle se réveille, et à la fin quand la princesse Hor-Shep-Sut retourne au silence des morts, après une dernière bisbille avec les vivants. Dommage, car le monstre avait de la gueule et du chien… Bref, c’est le grand bazar de l’Egyptomanie dans The Mummy’s Kiss, cours d’Histoire antique niveau cinquième, et point n’est besoin de s’appeler Cecil B. DeMille pour installer un Monde : ici, c’est l’Egypte en soldes, avec quelques hiéroglyphes sur un mur, un morceau de papyrus décoré en maternelle, des bijoux égyptiens achetés chez Noz, un vase canope modèle Anubis (au prix de 13,90 euros sur Amazon), et puis l’archéologue qui connaît la chanson (Richard Lynch en guest star des familles).

 

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Vieil oncle de la jeune Ana, le mec est Docteur à l’Université de Whemple. Le département égyptologie des lieux vient d’ailleurs de recevoir le sarcophage contenant la momie de la belle Hor-Shep-Sut. Par malheur, l’un des gardiens retire le masque mortuaire posé sur le visage de la sorcière et celle-ci émerge alors d’un sommeil millénaire, moins fraîche de peau il va sans dire, mais toujours en forme quand même. L’amour est éternel chez les vampires, et ben chez les momies c’est pareil : Hor-Shep-Sut reprend forme humaine et retrouve son amour passé, la princesse Hat-Em-Akhet réincarnée bien sûr dans la peau d’Ana. Suivant les commandements d’Osiris (Arthur Roberts) et d’Isis, la sorcière se constitue sa petite armée de damné(é)s et capture la jeune femme : les règles sont claires d’ailleurs, il faut arracher le cœur d’Ana pour que les deux donzelles filent enfin le parfait amour, au-delà des siècles… Oui, c’est comme ça que ça se passe ici. Petit copain d’Ana et professeur à la fac, Carter Moore ne l’entend pas exactement de cette oreille et va tout faire pour arrêter la momie avant qu’il ne soit trop tard… Pas de panique hein : le cœur de la princesse bat encore dans son vase, et sa momie réapparaîtra dans Blood Scarab, film dont on vous reparlera bientôt…

 

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Bon, le générique donne d’emblée le ton : une blondinette à poil se trémousse et se caresse les nibards, dont on apprendra un peu plus tard que c’est la déesse Isis en personne… Il fallait oser. Le décor est donc planté : de la meuf et de la miche (Katie Lohmann, aux boobs parfaits), dans un film qui exploite à mort la veine exotique d’un érotisme exclusivement lesbien, avec touche-nichons et lèche-tétons à tous les coins de séquence. Sacré Don Glut, qui tripe ici sur les corps bronzés et pailletés de princesses égyptiennes, dans des flashbacks bien coquins : le mec n’a pas de pépettes mais il a des roberts, et beaucoup de culot. Bien sûr, on n’y croit pas un seul instant (deux pyramides en CGI mal branlés, un ou deux palmiers au bord d’une piscine très moderne, un crocodile en résine pour faire style et trois gardes « nubiens » en livrée), mais on n’est pas là pour ça : ici, c’est le paradis de la foufoune et des culs, oasis genre lagon bleu où tout n’est que luxe, calme, mais surtout volupté… Il faut dire que les gonzesses sont carrossées comme dans un rêve, avec à leur tête la superbe Mia Zottoli (ou Ava Niche au générique) : la méchante princesse Hor-Shep-Sut donc, réincarnée en Ramsay Amun à notre époque. Clin d’œil à l’Anck Su Namun de Stephen Sommers ? Peut-être bien. N’empêche, oubliez même la superbe Valerie Leon, car la Zottoli casse tout sur son passage, brune volcanique montée sur airbags et constamment désapée dans le film. On pleurerait presque pour elle quand elle est arrêtée puis énucléée par des prêtres impavides. On lui retire ensuite le cœur avant de momifier son corps dans une chambre mortuaire aux tomettes très rustiques, mais complètement anachroniques ! Pas grave : à la pauvreté d’une production ultra fauchée répond la grosse volonté du réal, l’habileté du plan dissimulateur, et la diversion mammaire dira-t-on. Depuis Blood Scarab en 2008, on a perdu la trace de Mia Zottoli, habituée dans les années 2000 à la zone érotique de productions très B-. Si quelqu’un a des nouvelles…

 

 

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L’ambiance est donc à la femelle dans le film, avec cette fac pleine de jolies pouf’ en jupette ras la foune, et totalement versée dans la culture de l’abricot : eh oui, les nanas ont beau se dépoitrailler à tout bout de champ, leur beau prof musclé reste insensible, par fidélité à Ana… On le comprend, car Sasha Peralto a aussi quelques atouts à faire valoir, playmate brunette de la même galaxie que Mia Zottoli… en un peu moins gonflée ceci dit. Comme il doit faire bon étudier et enseigner dans cette fac n’empêche ! Bien sûr, on regrettera quelques passages un peu bavards (la loi du genre pour ainsi dire), mais le compte y est vraiment au final : de l’exotisme en plastique, du morphing bâclé, des décors nullards… mais des donzelles superbes, une momie bien remontée et des nichons partout ! La Vie est définitivement Z dans ces moments-là.

David Didelot

 

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Ca ne fait pas un pli, Don Glut sait à qui il s’adresse. Preuve en est l’introduction de son The Mummy’s Kiss, danse enfumée d’une belle blonde siliconée (la déesse Isis nous apprend-on plus tard) sur fond du  Lac des Cygnes de Tchaïkovski, manière de dire que les amateurs de gros lolos ne se sont pas trompé de crèmeries… et que les fans de la Universal non plus ! Certes, c’était à un Bela Lugosi tout de noir drapé et non à un Boris Karloff portant la bandelette de chantonner le même air dans sa crypte, mais le message ne s’en voit pas modifié : ici, on va tenter de passer un coup de balais aux mythes ancestraux en leur ajoutant des dizaines de décolletés plongeants. La bonne affaire sur le papier, mais un petit softcore plutôt ennuyeux à l’écran. C’est vrai, la momie est bien roulée lorsqu’elle rajeunit, et elle fait son petit effet lorsqu’elle n’est encore qu’un tas d’os laissant des traînées de poussières derrière elle, John Carl Buechler oblige, mais ces quelques séquences sympatoches (auxquelles on ajoutera aussi le supplice initiale de la princesse momifiée, nommée Hot-Step-Slut si je ne m’abuse) ne font pas oublier que du reste, ça jacte surtout dans le vide. Oui, il y a de la jolie fifille, toujours disposée à tomber le haut pour s’attirer les faveurs de leur professeur, beau brun qui finira d’ailleurs par se mettre avec la seule demoiselle à ne pas lui montrer ses mamelles (la mimie comme tout Aysia Lee). Et oui, on est content de voir Richard Lynch venir cachetonner, tout comme ça fait toujours plaisir de croiser des seconds rôles en train de feuilleter du Monster Magazine. Mais si ce n’est ça et quelques galipettes exotiques dans une piscine que l’on tente de nous faire passer pour un bassin égyptien, pas grand-chose à voir dans The Mummy’s Kiss, qui aura tôt fait de nous pousser à reluquer notre cadran solaire dans l’attente qu’Anubis vienne nous chercher…

Rigs Mordo

 

 

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  • Réalisation: Donald F. Glut
  • Scénarisation: Donald F. Glut
  • Production: Kevin M. Glover
  • Pays: USA
  • Acteurs: Mia Zottoli, Sasha Peralto, George Thomas, Aysia Lee
  • Année: 2002

2 comments to The Mummy’s Kiss

  • Roggy  says:

    Avec l’arrivée du stagiaire (qui a visiblement pris ses quartiers à l’année), c’est devenu beaucoup plus « déluré » la Toxic crypt 🙂

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