Frederick et Rosemary West – La Maison de l’Horreur

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Milieu des années 90 : un vague souvenir de journal télé, un fait divers atroce comme l’actu aime à en charrier dans son perpétuel babil… Le décor ? Gloucester, en Angleterre, pas très loin de la si belle forêt de Dean. Une petite baraque qui ne paie pas de mine (comme d’habitude), dans laquelle demeurent Frederick et Rosemary West : ladite « Maison de l’Horreur » comme l’appellera plus tard la presse, toujours prompte à dégainer la périphrase qui tue depuis « Jack L’Eventreur ». Le duo est complètement cintré, pervers et sadique, aimant à torturer sexuellement ses propres gosses… notamment. A côté, Michel Fourniret et sa charmante compagne passeraient presque pour des angelots, et les tueurs à la lune de miel pour un saint couple. J’ai bien dit « presque ». Plus que cela, ces deux allumés, qui s’entendent comme larron en foire dans la dépravation, assassineront plus qu’à leur tour et dissimuleront les corps dans le jardin de leur maisonnette. Des prédateurs sexuels pure race en un mot, comme il en existe peu (heureusement), coupables des plus ignobles forfaits depuis la fin des sixties… C’est du moins ce que révélera l’enquête commencée au début des années 90, laquelle mènera enfin à l’arrestation des deux monstres.

Bon d’accord, l’habit ne fait le moine, et l’on sait depuis La Fontaine qu’il ne faut pas juger les gens sur la mine… mais quand même : Fred a la gueule hominoïde et carnassière, tandis que Rose arbore un sourire trop parfait pour être sincère. A la lecture du livre terrifiant de Corinne Philippe, on en apprendra évidemment beaucoup plus sur le parcours et le « pedigree » des deux assassins : un livre-enquête parfaitement troussé et ultra précis, qui se lit d’ailleurs comme un roman, récit qui plonge le lecteur dans les abîmes des psychés les plus tordues… dont on ne ressort pas indemne selon une formule très juste en l’espèce. En effet, certaines pages sont quasiment insoutenables (les enfants…), racontées cependant avec la pudeur qui sied au sujet, d’autant que l’auteure adopte le point de vue des victimes – une fois n’est pas coutume -, et s’intéresse précisément à leur profil, à leur vie : manière de leur rendre hommage aussi, et d’éviter ainsi la starisation grotesque de tueurs trop réels… Le livre propose en outre quelques belles pièces d’archives (reprint des interrogatoires du couple, annales minutées de l’enquête, carton scientifique du profil psychopathique ou psychotique des tueurs, schémas explicatifs des lieux de l’affaire…), ce qui en fait un document indispensable pour qui aiment les histoires criminelles les plus sombres et les plus glauques. Un livre indispensable donc… Stéphane Bourgoin n’avait qu’à bien se tenir !

David Didelot

 

 

maisonhorreur

  • Auteur: Corinne Philippe
  • Editeur: Book Edition
  • Pays: France
  • Année: 2017

 

 

 

 

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