Basket Case 3 (Frères de Sang: la Progéniture)

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Coucouche-panier, c’est pas encore pour cette fois pour la franchise Basket Case, dont le diable Belial est toujours aussi heureux de sortir de sa boîte pour croquer les imprudents. Faut dire que notre gros tas de chair puante a de quoi être un peu nerveux, notre monstre préféré goûtant tout juste à la paternité.

 

 

Troisième fois que Frank Henenlotter remet la main au panier via Frères de Sang 3 : La Progéniture ! Pas avec le sourire aux lèvres si l’on se fie aux interviews données ici et là, le fou furieux derrière Frankenhooker déclarant même brusquement que, le concernant, Basket Case troisième du nom signa la fin de la réalisation de séquelles. Frustré de devoir se censurer d’une dizaine de pages de scénarios pour satisfaire ses producteurs, Frankie ne semble en effet pas satisfait de l’opération, comme si c’était à reculons qu’il accepta de retourner compter les feuilles de l’arbre généalogique des Bradley, anciens siamois reconvertis en tueurs de médecins dans le mythique premier volet, puis devenus les locataires d’une drôle de pension de famille. Celle tenue par Mamy Ruth, petite vieille prenant le plus grand soin d’une quinzaine de freaks aux tronches pas possibles. Henenlotter n’avait-il d’ailleurs pas déjà tout dit à l’issue de Frères de Sang 2 ? Si, malheureusement, et il est évident que cette clôture de trilogie est vouée à patiner encore et encore, à se contenter d’un frustrant surplace. Ainsi, les choses reprennent là où elles s’étaient terminées, mais sans réellement les prendre compte. Certes, Duane est toujours sous le choc d’avoir découvert que celle qu’il aimait était elle aussi une anormale (elle avait un monstre caché dans le nombril, le genre à faire dégueuler les Aliens de Giger), tout comme il a tout le mal du monde à voir son frangin vivre une histoire d’amour avec une semblable qu’il a engrossée. Mais la colère de Ruth et ses drôles de protégés est oubliée, sacrifiée au profit d’une intrigue se basant sur la naissance d’une douzaine de petits Belial, qui verront la lumière du jour dans l’antre d’un ancien docteur, Hal, vivant avec un Hal Jr. lui aussi informe.

 

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Si le fait que cette grosse boulette qu’est Belial devienne un bon papa est séduisant sur le papier, Henenlotter n’en fait cependant pas grand-chose, au point que ce tournant si attendu du scénario tient, comme presque tout le reste d’ailleurs, de l’accessoire. Bien sûr qu’ils sont trognons, ces mini-bestioles aux crocs acérés, et il est évident que la fibre de tout fantasticophile normalement constitué vibrera un minimum en découvre le Mecha Belial. Soit notre cher ami monté sur un robot, certes éloigné de Goldorak et Mazinger Z, mais diablement bandant quand même ! Mais si ce n’est ces plaisirs évidents, tel un carnage particulièrement virulent dans un commissariat (les flics subissent un arrachage de gueule, ont la caboche à l’envers ou se font serrer le cou), difficile de ne pas constater que l’inspiration est en berne. Bien sûr, tout cela est efficace, d’autant que le bon Frank fait de ses protagonistes bosselés de quasi-personnages de cartoons, les utilisant désormais à des fins humoristiques. Mais si le tempo s’agite et ne laisse aucune place à l’ennui, l’artistique trinque sérieusement et le récit a toutes les peines du monde à trouver quelque-chose à faire à la majorité des personnages. Si Duane s’en sort encore bien en étant forcé de faire face à ses erreurs et ses doutes, Belial semble presque spectateur de sa propre histoire et interagit fort peu avec sa descendance, tandis que Ruth semble disparaître d’une bonne portion du film, comme si elle n’était présente que pour être la garante de l’état d’esprit « more human han humans » de Basket Case 3, qui semble se rappeler un peu tard qu’il est aussi un hymne à la tolérance.

 

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Le mal est malheureusement déjà fait et Henenlotter s’est embarrassé d’un trop-plein de personnages, allant des habituels flics voulant coffrer les frères Bradley pour leurs crimes passés (comme dans le deuxième opus, rien de bien neuf donc) à ce fameux Hal Jr., que l’on nous vend comme the next big thing mais se révèle finalement être d’une incroyable inutilité : non seulement sa relation avec sa maman Ruth est à peine esquissée, mais en plus son incidence sur l’histoire est limitée à la seule création du fameux colosse mécanique dans lequel se glissera Belial. Quant à la dominatrice servant de fille au shérif, on fait également monter la sauce quant à son implication dans ce joyeux bordel… pour se débarrasser d’elle de la manière la plus banale et sobre qui soit. De quoi décevoir le fan d’Henenlotter, habitué à plus de fougue et d’inventivité… L’enfant pas sage de la 42ème rue serait-il rentré dans le rang ? Heureusement que son Bad Biology, sortit des 17 ans après Basket Case 3, viendra prouver le contraire, car à la vue de cette dernière tranche des mésaventures des Bradley, on pouvait sérieusement se poser la question. Tout comme on se demande encore pourquoi les opus 2 et 3 n’ont pas été fusionnés en un, tant il semble évident qu’ils ne forment qu’un seul et même arc narratif, inutilement coupé en deux, à l’image de Duane et Belial. Une greffe ne serait donc pas de trop, comme celle désirée par Duane, pressé de ne plus faire qu’un avec son drôle de bro’.

 

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Est-ce à dire que Frères de Sang 3 est un mauvais film ? Non, car s’il est une évidente déception, il n’en reste pas moins un joli show, devant une bonne partie de sa bonne humeur communicative à sa troupe de fêlés du bulbe, très amusants lorsqu’ils se mettent à faire une jolie fiesta ou déboulent dans un restaurant en faisant fuir la clientèle. Et puis avec un rythme nettement plus satisfaisant que le plus pépère deuxième chapitre, The Progeny file sans que l’on ne trouve le temps de vérifier si les aiguilles de nos montres en forme de ce crottin d’Elmer tournent bien dans le bon sens. Alors c’est vrai, on va toujours essuyer une larmichette en repensant à la crasse du mythique premier opus, toujours balayée d’un coup de balais par une photographie presque trop chiadée pour un Basket Case. Et on ne peut que constater que le bon Henenlotter est ici en roue libre et nous sert du réchauffé. Mais un plat sorti du micro-ondes du gaillard, ça vaut souvent mieux que du fait-main de la concurrence. En bref, bien que pétri de défauts et nettement moins bon que le premier volet, mais un chouïa au-dessus du deuxième, Frères de Sang 3 ne nous fait pas regretter d’avoir replongé dans ce panier de drôles de crabes, toujours via les bons soins de Carlotta, qui le sortit en DVD et Blu-Ray.

Rigs Mordo

 

 

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  • Réalisation: Frank Henenlotter
  • Scénario: Frank Henenlotter, Robert Martin
  • Production: Edgar Ievins, James Glickenhaus
  • Pays: USA
  • Acteurs: Kevin Hentenryck, Annie Ross, Gil Ropper, Dan Biggers
  • Année: 1991

2 comments to Basket Case 3 (Frères de Sang: la Progéniture)

  • Nazku Nazku  says:

    Je viens de regarder le 3 que tu m’avais conseillé il y a quelques jours. Je crois que je vais me ranger de ton avis: un chouilla meilleur que le 2. Mieux rythmé, plus intéressant, plus drôle aussi et puis les bébés bon dieu, les bébés! xD

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