Mas alla del Exorcismo

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Eh oui, la pub a ses raisons que l’honnêteté ne connaît pas… Car ce Mas alla del Exorcismo (1975) ne va « au-delà » d’aucun exorcisme, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas d’exorcisme dans le film. Mais que voulez-vous, la diablerie de William Friedkin était passée par là, et les distributeurs de ce Malocchio – autre nom de baptême du machin – n’eurent pas plus de scrupules qu’un chat n’a de remords.

 

 

 

Ceci dit, ils ne furent ni les premiers ni les derniers à exploiter le substantif magique en ces années 70, car le Grand Cornu faisait alors recette dans les cours et les arrière-cours du cinéma d’épouvante, métaphore des bouleversements culturels qui traversaient les sociétés occidentales, chantre d’une libération des esprits et des corps (notamment féminins), et grand pourfendeur des hiérarchies établies et des instances de pouvoir traditionnels (le mari, le père, le prêtre…). Enfin bref, on n’est pas là pour rigoler…

 

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Production tricéphale qui latinise à mort (Italie, Espagne et Mexique), la chose est donc inscrite dans la diablerie romane qui fait rage à l’époque, tendance possession démoniaque ou secte satanique : les deux tiroirs principaux du genre. Mais Mario Siciliano s’en fout un peu pour tout dire : certes, la séquence d’ouverture emprunte clairement à l’inspiration du moment, et le héros du film, Peter Crane, est maléficié par les sectateurs du Démon au point qu’il dézingue tout le casting dans d’abominables cauchemars (?). Bien sûr encore, les dernières séquences du film exploitent la veine parapsychologique de l’époque, à grands coups de poltergeists dévastateurs et d’hallucinations maléfiques. Mais Malocchio oblique très vite du côté du giallo languide et du thriller légèrement déshabillé, ce qui explique aussi sa belle estampille d’Eroticofollia en Italie. Il faut dire que les donzelles les plus jolies poussent comme fleurs au soleil dans le film : Lone Fleming d’abord, la « Romy Schneider du cinéma espagnol » (juste après s’être colletée à des Templiers furibards…), la superbe Pilar Velasquez en doctoresse sexy, et Daniela Giordano en guest-star de choix. L’atmosphère est donc à la licence des corps et au plaisir des sens, plus qu’à l’horreur des crimes et aux mystères du Diable. Pas non plus très étonnant de la part de Mario Siciliano, dont la carrière empruntera rapidement les voies de l’érotisme, au rayon soft ou hard…

 

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Dans des intérieurs cosy et des décors branchouilles (pour l’époque), l’intrigue patine un peu dans un faux rythme émollient – entre enquête policière paresseuse et petites sauteries bourgeoises -, au son d’une musique idoine signée Stelvio Cipriani. Bref, on s’emmerde légèrement quoi, et ce malgré un très chouette casting : le bellâtre latino Jorge Rivero en tête de cortège, et l’éternel Luciano Pigozzi en queue de peloton, avec au mitan Richard Conte en psychiatre et Antony Steffen en inspecteur. Le miracle des coproductions… N’empêche, tout cela ne rédime pas un film fort en gueule (ses affiches, ses titres d’exploit’…), mais qui n’a pas grand-chose dans le slip finalement. Pour complétistes de la chose diabolique uniquement, et aficionados fous du giallo sexy.

David Didelot

 

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  • Réalisation: Mario Siciliano
  • Scénario: Julio Buchs, Federico De Urrutia, Mario Siciliano
  • Titres: Evil Eye, Eroticofollia, Malocchio
  • Pays: Italie
  • Acteurs: Anthony Steffen, Jorge Rivero, Richard Conte, Pilar Velazquez
  • Année: 1975

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