Zombie Strippers

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Zombie Strippers… Voilà un titre qui devrait ravir les plus nécrophiles, qui auront la chance de pouvoir observer de jolies mortes de se dévêtir langoureusement. Mais veillez bien à rester éloignés de la scène, vous risqueriez d’y laisser un doigt…

Les zombies, depuis le succès de L’Armée des Morts, remake de l’ultra-culte Zombie par Zack Snyder, on en bouffe à en avoir les dents du fond qui baignent. Des zombies nazis, des zombies domestiques, des zombies qui sortent des chiottes, des zombies samouraïs,… Pourquoi pas des zombies qui font des strip-teases après tout ? C’est pas plus con que le reste, au fond. Encore que cela risque d’attirer plus de pervers que de fans de gore qui gicle. Le scénariste/réalisateur Jay Lee (à qui l’on doit également Alyce, sorti en dvd chez Emylia) en est bien conscient et se dit qu’après tout, pourquoi ne pas engager une star du porno pour tenir le rôle principal ? Du coup il fait venir Jenna Jameson, star américaine du boulard qui, comme la plupart, apparait de temps à autres dans une série Z. Mais s’il est sûr d’attirer, la queue en avant, les fans de porno, il lui faut aussi un nom associé à l’horreur qui forcera les bisseux à payer son dvd. Et c’est ce bon vieux Robert Englund qui s’y colle. Habitué à jouer dans des Z pourraves depuis que la série des Freddy est finie pour lui, il est devenu la caution « horreur » d’une ribambelle de projets sans imagination. Et le pire, c’est que ça marche. La preuve c’est que, comme un con, votre serviteur s’est fait le film pour le revoir un peu. Dommage que ce ne soit pas lui qui fasse un strip, tiens !

 

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Lorsque le film de Jay Lee commence, on a un peu l’impression d’être devant Le Jour des Morts-Vivants de Romero. Il n’est pas question de voir l’invasion de zomblards ici, elle est déjà faite. Elle a même été créée pour faire face aux trop fréquentes guerres que l’Amérique lance. On a donc un discours politique dirigé vers Bush, qui n’appréciera sans doute pas le film (encore que…). Mais la comparaison avec le grand Georges (Romero hein, pas Bush) s’arrête là, le film bifurquant dans une toute autre direction par la suite. Car s’ils ont créé des zombies au départ, on dirait que les USA commencent à en avoir un peu marre et lancent une opération d’éradication. Ils n’envoient pas les quatre clampins de Virus Cannibale mais un petit commando dont l’un d’entre eux trouve le tour de se faire mordre. Et où il se retrouve ? Dans un bar de strip-tease, pardi ! Ben oui, sinon personne se dénuderait et on n’aurait pas de film, gros malins. On en pensera ce qu’on voudra mais, l’un dans l’autre, l’idée n’est pas mauvaise. Bon, on a un léger arrière-gout d’Une Nuit en Enfer mais c’est pas grave. Après, que l’idée soit sympa ne veut pas dire que le film le sera…

 

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Très vite, le zombie mord Jenna Jameson, star du bar, qui devient donc une morte-vivante à son tour. Contre toute attente, elle ne devient pas une décérébrée comme dans la majorité des films du genre puisqu’elle peut toujours discuter et garde son intelligence. Son état cadavérique lui permet même de devenir une meilleure danseuse. Ce qui ne l’empêche pas de bouffer quelques clients, qui ne semblent pas plus effrayés que ça puisqu’ils affluent en nombre. Pour un client mangé, dix de plus qui passent la porte, en quelque sorte. Une bonne affaire pour le tenancier incarné par Robert Englund (qui a un rôle assez proche de celui qu’il jouait dans Dance of the Dead pour la série Masters of Horror) qui ne fera rien pour stopper l’épidémie de zombies qui survient chez ses danseuses. Car, par jalousie ou envie, plusieurs décident de se faire mordre pour remuer du popotin aussi bien que Jenna Jameson.

 

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Très vite, on comprend que le film va jongler avec trois balles: le cul, le gore et l’humour. On se tape donc des dialogues volontairement « too much », sans pause, littéralement ensevelis sous les « bons mots ». Évidemment, sur 50 000 vannes, il y en aura forcément une poignée qui fonctionneront, et il nous arrivera de sourire un peu, mais on n’en oubliera pas pour autant toutes les fois où c’était naze, d’autant qu’elles sont nombreuses. C’est que dans Zombie Strippers, on en est encore au gag du coup de pied dans les couilles. Un zombie aurait glissé sur une peau de banane avant de se prendre un seau d’eau sur la tronche que ça ne surprendrait personne. Bref, niveau humour, malgré une parodie de twist de fin bien sentie et fort rigolote, c’est pas ça. Reste le cul et le gore. Et une fois le film terminé, on a la désagréable sensation d’avoir vu le deuxième entre deux scènes érotiques. Il y a des scènes sanglantes mais elles semblent furtives à coté des longs stripteases des jeunes zombies, tant et si bien qu’on à l’impression d’assister à un film de boule plus qu’à un film d’horreur. Après si vous venez pour voir des filles moches se dandiner avec des maquillages cheap, ça devrait aller pour vous…

 

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Booouuuuh, enfoiré de Mordo, il dit que les filles du film sont moches ! Ben ouais, je suis désolé mais je peine à croire que la star du bar soit une gonzesse avec la gueule de Jenna Jameson. Vous me direz, elle est bien une star du porno alors pourquoi pas d’un bar miteux ? Oui, si vous voulez… Je ne viderais pas mon portefeuille pour le casting de Zombie Strippers en tout cas. Outre la Jenna et le Robert, on retrouve quelques habituées de l’horreur à bas prix comme Penny Drake (Blood Snow) ou Whitney Anderson (Brutal). Pas de quoi se taper la bite contre un mur, donc. Bon, il y a quand même Jeannette Souza (Urban Legend 2) qui est fort jolie, mais ça fait peu. Et je vous le donne en mille, tout ce beau monde ne joue pas de la meilleure des façons. En même temps, c’est pas la surprise de l’année, on a rarement vu des oscarisés dans des série Z. Englund fait un boulot plutôt correct, c’est déjà ça bien qu’il ne soit pas difficile de briller à coté des autres. Et il ne faut pas compter sur la réalisation de Jay Lee pour mettre en valeur qui ou quoi que ce soit. Si le gars se débrouille lors des strips (on sent ce qui l’intéresse), le reste navigue entre le mal branlé et le plat. Ses attaques de zombies sont molles même si on peut difficilement lui en vouloir vu la maigreur du budget qui lui a été alloué. Cependant, certaines scènes gores ne sont pas trop mal foutues pour ce type de produit, tout comme les maquillages de certains zombies. Évidemment, comme souvent, deux ou trois macchabées sont assez soignés (ceux au premier plan, bien entendu) mais le reste n’a droit qu’à un peu de farine sur la gueule, mais c’est ça le Z les mecs…

 

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En fait, cette bande ne fait pas que surfer sur les cotés érotiques et horrifiques, elle prend aussi le train en marche d’une mode qui était encore naissante: celle des films Grindhouse. Le double-programme inégal pondu par Tarantino et Rodriguez a relancé l’intérêt pour des productions plus modestes et qui s’assument avec humour. Zombie Trippers joue la carte jusqu’à l’affiche, volontairement pliée, comme placardée sur un mur sur lequel on irait pisser. Mais le problème qui touche Zombie Strippers est le même que celui qui tombe sur Machete et les autres films désirant retrouver l’atmosphère des petits budgets des années 70: ça sent le programmé. Les bandes de l’époque faisaient de leur mieux mais n’en avaient pas les moyens, elles essayaient vraiment. Ici, on n’en a pas vraiment l’impression, comme si le fait d’être conscient de ses propres limites suffisait à les excuser… Le film a son petit capital sympathie, il est difficile de le détester même s’il est à l’évidence raté, mais il est clair qu’il aurait été largement plus appréciable s’il avait été chié dans les années 70. Imaginez la légende que serait devenu Zombie Strippers avec son combat de salopes mortes-vivantes qui se battent à coup de balles de ping pong projetées d’un vagin ! On en parlerait dans tous les livres d’histoire ! Mais en 2008, ça ne surprend personne (on a tous vu Priscilla Folle du Désert depuis). Et c’est un peu ça, Zombie Strippers: une recette qui contient tous les éléments nécessaires mais qui n’a pas le cœur qu’il faut pour lui donner du goût.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Jay Lee
  • Scénario : Jay Lee
  • Producteurs: Larry Schapiro, Andrew Golov, Angela J. Lee
  • Pays: USA
  • Acteurs: Robert Englund, Jenna Jameson, Penny Drake, Whitney Anderson
  • Année: 2008

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