Bloody Toons (Terror Toons 2)

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Vous connaissez la rengaine concernant les Looney Tunes : Grosminet pourra tomber de tous les gratte-ciels du monde, il ne s’en sortira jamais qu’avec une petit bosse, tandis que Vil Coyote survivra toujours aux bâtons de dynamites que Bip Bip lui renverra dans les quenottes, tout simplement parce qu’il faut bien que d’autres épisodes suivent derrière. Ben les Terror Toons, c’est pareil, même si pour ce second volet, Joe Castro prend le risque de changer une équipe qui gagne en se passant des services du Dr. Carnage et de Max Assassin.

 

 

Dis-moi tes cinq films favoris et je te dirai qui tu es. Et au vu de ceux du père Castro, on peut en déduire sans se tromper que l’on tient là un bon gars auquel on aimerait payer une bière bien fraîche lors d’une soirée animée. Outre les débuts de Cronenberg et Poltergeist, soit des goûts plutôt attendus et sur lesquels tout le monde tombera plus ou moins d’accord, on trouve dans ses bandes de chevet un Godzilla vs. Hedorah prouvant son amour pour le vieux latex à papa et les impossibles erreurs de Dame Nature, un Frayeurs soulignant que tous les Américains n’ont pas oublié que le vieux continent en avait lui aussi sous le capot et un Blood Feast servant de racines à l’art de notre vieux briscard. Voire même de tables de la loi, Joe ne s’étant jamais réellement détourné de la méthode H.G. Lewis en prônant des spectacles forts en viande et toujours flanqués du sourire en coin qui va bien. Une recette déjà bien appliquée sur Terror Toons premier du nom et reprise à l’identique pour sa suite, Terror Toons 2 (2007), que notre pourvoyeur  habituel de Séries Z ne manquant jamais de cojones, j’ai nommé Uncut Movies, sortit chez nous en DVD sous le titre Bloody Toons. Une manière de ne pas se priver de potentiels acheteurs n’ayant peut-être pas vu le volet initial, également édité chez Uncut (en VHS à l’époque) mais indisponible depuis quelques années ? Plutôt la volonté de signifier au public qu’il n’est pas franchement nécessaire d’avoir été un fan des premières heures pour prendre le train en marche, Terror Toons 2 tenant plus du remake que du second chapitre proprement dit.

 

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Exit donc, le docteur maboul et son macaque meurtrier des débuts, ici remplacés par Hansel et Gretel. Oui, oui, ceux du conte, ici attirés par la fameuse maison en bombecs de l’inévitable sorcière des bois, réjouie à l’idée de pouvoir empoisonner les deux simplets pour ensuite s’en faire un festin. Mais alors que le frère et la sœur devaient tomber raides morts, les voilà qui se métamorphoses, Gretel devenant une maniaque aux cheveux ébouriffés et aux yeux exorbités, tandis que le brave Hansel mute en un vilain rat de taille humaine. Encore une combine de Satan, tout cela, notre vieux cornu ne désirant pas jouer les impolis et envoyant le DVD des aventures de notre fratrie démoniaque à une gamine fêtant ses douze ans. La suite, vous la devinez : la dingue et le ragondin s’échappent de l’écran plasma de la petite famille, histoire de retourner la maison et ses invités, venus s’empiffrer de cake à la banane. Bref, c’est à peu de choses près le script du premier volet, Castro s’étant contenté de modifier deux ou trois ingrédients tout en s’assurant que les quelques furieux séduits par Terror Toons retrouvent leur portée dans Bloody Toons. Les qualités du premier sont donc celles du second : des effets spéciaux conçus at home, un second degré permettant de passer outre l’aspect forcément claudicant de la réalisation (Castro n’a guère évolué et l’on retrouve ces incrustations peu crédibles dans des décors par contre bien mieux dessinés qu’auparavant), une ambiance pas loin de virer au psychédélique et un amour jamais feint pour le gore des origines.

 

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Car espérer que Castro retire les mains de sa bassine pleine de tripes et de globes oculaires écrasés, c’est comme souhaiter une nouvelle comédie drôle de Jean-Marie Poiré : c’est pas pour demain ni les trois siècles qui suivront. Derrière les rideaux du petit théâtre du Joe, un pauvre type qui se fait déboucher la cervelle à coup de ventouse, un papy s’éclatant la caboche avec un maillet, une grosse dame aux mirettes grillées par des éclairs, un clown gonflé comme un ballon de baudruche et une vieille paraplégique égorgée. Et on ne parle même pas de ce pauvre gus à qui l’on refile des poux qui lui colleront un virus particulièrement dégueulasse, le genre à vous faire pousser des boules de pus et des œufs de mouches dans la nuque… Pas de quartiers en somme, tout le monde mangera de la lame ou tout autre ustensile dingo que Hansel et Gretel sortiront de leurs poches, fiers de prouver qu’ils en ont autant dans le calbut que leurs prédécesseurs. On ne les regrette d’ailleurs guère, les médecin dément et gorille mauve, la gamine et son vilain mulot semblant plus sadiques et dérangeants car plus enfantins et naïf de prime abord. Et lorsqu’ils proposent une petite partie de chaise musicale, on se prend à craindre pour le spectacle à venir, dont le côté plus coloré par rapport à Terror Toons ne fait que consolider un contraste déstabilisant. Et comme tout va bien dans le meilleur des mondes, Joe Castro nous offre ici un rythme plus enlevé, motivé qu’il est par ses nouvelles trouvailles et références à ses cartoons chéris, comme le gag de la fille collée au sol parce que les meurtriers foldingues ont utilisé un gigantesque tube de super glue.

 

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En somme, rien à redire quant au boulot ici fourni, si l’on met de côté une tendance, déjà présente dans le premier film, à trop vouloir expliquer ce qui ne le méritait pas. Si dans Terror c’était Satan himself que l’on voyait sortir de ses flammes numériques pour nous expliquer ce qu’il en est de la vie en enfer et pourquoi il se change en distributeur de DVD mortels, c’est ce coup-ci son fiston qui vient plomber l’ambiance et faire basculer le tout dans le bavard inutile. D’autant plus dommageable que c’est pour finalement reprendre une idée déjà utilisée dans le premier chapitre, à savoir que puisqu’ils sont dans un monde où tout est permis, les héros peuvent eux aussi se battre avec leur imagination. Un petit manque d’inspiration se traduisant vers un rabattement sur ses acquis, mais certainement pas une marche glissante faisant dégringoler Bloody Toons jusqu’à la corbeille. Au contraire, la joie communicative de l’ensemble est intacte, tout comme l’amour que porte Castro au cinéma à petit budget, allant jusqu’à proposer le rôle de la sorcière à notre vieille amie Brinke Stevens… actuellement en train de fignoler un certain Terror Toons 4 ! Autant dire que l’on est déjà clients, tout comme du troisième avant cela…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Joe Castro
  • Scénario: Joe Castro
  • Production: Joe Castron Steven J. Escobar
  • Pays: USA
  • Acteurs: Emma Bing, Bart Burson, Randy Wayne, Tina Mahler
  • Année: 2007

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