Violacion Fatal

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De Leon Klimovsky, on connaît surtout les films avec « El Hombre Lobo »: comprendre Paul Naschy bien sûr, sous la pelisse de Waldemar Daninsky dans La Furie des Vampires et dans Doctor Jekyll y el Hombre Lobo. Ajoutez au palmarès du bonhomme une poignée de gothiqueries parfaitement recommandables (genre La Rebelion de las Muertas ou La Saga de Los Dracula), et vous touchez à la substantifique moelle de ce que fut un bel artisan du cinéma bis, comme on n’en fait plus guère de nos jours…

 

 

 

Klimovsky, c’est l’âge d’or du cinéma d’horreur ibérique, à l’entame des seventies. Avant cela, le mec aura aussi bourlingué dans les saloons de l’euro western, et puis après, dans les méandres psychopathiques du giallo à l’espagnol, du style Red Killer (toujours avec l’ami Molina), ou du genre Violacion Fatal donc (tourné en 1977 et distribué en 1978), film également baptisé Trauma : l’un des derniers forfaits de l’ami Leon d’ailleurs, avant qu’il ne quitte définitivement les plateaux. Trauma… euh… c’est vite dit quand même : OK, le scénario emprunte clairement aux mânes d’Alfred Hitchcock – son Psychose séminal en tête -, avec l’histoire ici contée de la belle Veronica : une nana frustrée de la fesse et sexuellement névrosée. En cause, un époux complètement paralysé qui ne doit guère la satisfaire au pieu… La pauvre dame gère une espèce de bed and breakfast au fin fond de la country espagnole, et s’amuse à fabriquer des statuettes pour tuer le temps… Passionnant. Jusque là, rien que de très « normal » en fait, sauf que les clients du lieu – prêts à toutes les friponneries… – trépassent les uns après les autres sous le sacro-saint rasoir du genre. Est-ce Veronica ? Serait-ce son mari ? Ou cet écrivain mystérieux débarqué dans le gîte ?

 

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Pas de surprise question scénar’ (signé Carlos Puerto, coupable de La Capilla ardiente mais surtout d’Escalofrio dans les mêmes eaux) : le terrain est bien balisé donc, celui du classique whodunit et d’une révélation finale censément effarante, mais carrément prévisible pour qui s’avale du giallo au quintal… Tant pis, le décor fait le boulot dans Violacion Fatal, rural et forestier, avec son Lake presque Crystal aux pieds du bâtiment… Et puis on aimera toujours autant les petits obligés du genre – exploités ici jusqu’à la caricature (gants noirs, rasoir en amorce, caméra subjective, personnages évidemment instables, interactions troubles…), en appréciant tout particulièrement l’entrain avec lequel Leon Klimovsky repeint son film en rouge sang : les maquillages sont rustiques certes, mais ça découpe du visage et du sein à qui mieux-mieux, et ça égorge à tout-va. Bref, pas de chichis ni de manières ici, ça charcle pour de bon et ça saigne pour de vrai, sans prévention ni précaution.

 

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Symétriquement, Klimosvsky fait aussi dans la fesse et le nichon, libéré qu’il est des contraintes d’une époque franquiste moins rigolote en la matière… Tant mieux aussi, car il eût été dommage que le casting féminin ne se désape pas : en premier lieu, Agata Lys (Veronica), Marilyn Monroe espagnole teinte ici en brun… et très jolie dans sa culotte 70’s ; puis Isabel Pisano, parfaite en pute de luxe… et sévèrement pourvue question poumons ; enfin, la craquante Sandra Alberti, blonde incendiaire qu’on put voir en amante diabolique dans un mésestimé Escalofrio la même année. La belle n’apparaît vraiment que dans le dernier quart d’heure ici… mais c’est pour se mettre directos à poil. Elle est donc toute pardonnée. Inutile de dire que le stupre et la licence des corps sont méchamment punis dans Violacion Fatal, film qui – à certains endroits – préfigure d’ailleurs les motifs bientôt rebattus du slasher (belle course poursuite en forêt, avant l’exécution sans sommation de la fifille). Dommage alors qu’une musique souvent grotesque pourrisse un peu l’ambiance et détonne avec la tonalité générale… Trauma ne traumatisera donc pas le quidam, ça non, mais la bobine est somme toute sympatoche, avec ce qu’il faut d’hémoglobine, de nanas délurées et de petits mystères typiquement giallesques. C’est déjà pas mal, et c’est même essentiel pour tout dire.

David Didelot

 

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  • Réalisation: León Klimovsky
  • Scénario: Carlos Puerto, Juan José Porto
  • Production: Heinrich Starhemberg, Gabriel Iglesias
  • Titres: Trauma
  • Pays: Espagne
  • Acteurs: Ágata Lys, Isabel Pisano, Antonio Mayans, Ricardo Merino
  • Année: 1978

2 comments to Violacion Fatal

  • Roggy  says:

    Toujours dans les bons coups David… une belle découverte en tout cas 🙂

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