Monster House

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Vous ne savez que choisir comme film à projeter à vos bambins lors d’Halloween ? Le film de Carpenter et ses suites sont un peu trop violentes pour eux ? Mais vous n’avez pas non plus envie de subir des dessins-animés trop enfantins… C’est là que l’alternative Monster House entre en scène…

 

Mine de rien, les bons films d’animation horrifiques montrables aux gosses ne sont pas légion. Vous pouvez toujours les coller devant les animes de Yoshiaki Kawajiri, genre Demon City, mais les mouflets risquent de ne pas en ressortir indemnes… Et les trucs comme Hôtel Transylvanie sont bien trop sages… Heureusement, il y a Frankenweenie, L’étrange pouvoir de Norman et le trop souvent oublié Monster House. Un film qui n’est pourtant pas plus mauvais que les autres mais qui a eu le désavantage de sortir avant le grand boum de l’animation sur grand-écran survenu il y a quatre ou cinq ans. Sorti a l’été 2006, le film a rencontré un beau succès mais n’a pas obtenu le statut d’œuvre culte. Bâtie un peu trop tôt, la maison de l’horreur ? C’est probable, d’autant que le film utilisait la 3D avant que cela ne devienne à la mode. Nul doute que s’il avait atterri sur les écrans l’an passé, le film aurait probablement pu se constituer une plus grande fanbase que celle qu’il a actuellement. Mais il est temps d’essayer de changer ça…

 

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Ca y est, DJ est touché par la puberté. Voix rauque, poils qui poussent et surtout une envie de s’adonner à des activités plus adultes, au grand dam de son meilleur ami Charles, surnommé Chamallow pour ses rondeurs. Ce dernier aimerait fêter Halloween comme tous les ans, c’est-à-dire en allant frapper à toutes les portes pour récolter un maximum de friandises. Et s’il peut faire une ou deux blagues en passant, c’est tout bénef. Mais DJ refuse, se jugeant trop vieux pour arpenter les rues en déguisement de pirate. Et puis il a une autre affaire plus importante: espionner son voisin d’en face, le vieux Nebbercracker, qui ne supporte pas qu’on mette les pieds sur sa propriété. Un comportement bien étrange aux yeux du garçonnet qui aimerait bien savoir ce qu’il se passe dans la vieille demeure en bois du vieillard. Il va en avoir un aperçu lorsqu’il cause la mort accidentelle de celui qu’il surveille, la baraque de ce dernier s’animant tout à coup, prête à dévorer ceux qui s’en approchent de trop près. Le fantôme de l’ancêtre aurait-il prit possession de la bâtisse ?

 

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Vous avez sans doute déjà vu ces alléchantes pochettes de VHS qui montrent des maisons hantées qui ont un look diabolique, avec une bouche aux dents acérées et des yeux menaçants. Bien sûr, ce n’est qu’un visuel créé pour attirer le chaland, on ne voit jamais rien de cela dans le film en question, qui se contentera de faire claquer portes et fenêtres. Si on est chanceux on aura un fantôme ou deux à se mettre sous la dent. Une déception aujourd’hui vengée par Monster House qui ose répondre à nos rêves d’enfance. Car oui, la baraque s’anime. Ses fenêtres sont ses yeux, la porte sa bouche dont un tapis se déroule comme une langue de caméléon et elle est même capable de se faire pousser des bras ! Autant dire que visuellement, c’est une véritable utopie de bisseux qui prend vie et de la manière la plus impressionnante qui soit. Car le film en jette et pas qu’un peu. Ses auteurs ont bien appris leurs leçons sur les maisons hantées et subliment le tout en faisant entrer ces clichés dans une comédie à l’action bien rythmée et imaginative. Gil Kenan, le réalisateur, tire parfaitement parti de son postulat de base et pousse la maison dans ses derniers retranchements, le monstre finissant même par se métamorphoser au fil du récit. Mais si le coté spectaculaire est bien entendu présent pour justifier la 3D, il y a aussi quelques éléments purement horrifiques, comme l’ombre de la bâtisse qui s’immisce dans la chambre du jeune DJ lorsqu’il dort, se transformant progressivement en une main menaçante prête à le happer. Ou ce menaçant cerf-volant fluorescent qui tente d’attirer une malheureuse victime à l’intérieur de la maison, histoire de la dévorer sans mâcher. Pas étonnant que Gil Kenan fut choisi pour mettre en boîte le remake de Poltergeist après tout ça…

 

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Vos enfants vont donc bien s’amuser, c’est un fait, mais vous ? Ne vous en faites pas, le film pense à vous aussi et va même titiller votre fibre nostalgique en se déroulant dans les années 80. Cassette audio, borne d’arcade avec un jeu qui rappelle le premier Castlevania, console qui joue Pong, vieilles bagnoles, vieux fringues,… Nous sommes revenus dans le passé pour un moment et bordel que ça fait du bien ! Un sentiment que renforcent les héros, qui ne sont pas sans rappeler ceux avec qui nous avons tous grandi, Les Goonies. DJ et Chamallow sont des enfants en passe de devenir des adolescents, des gars comme les autres, qui font des conneries et connaissent leurs premiers émois amoureux, amenés par la petite Jenny, le « love interest » obligatoire. Un doux parfum de naïveté flotte donc sur Monster House, qui risque bien de rappeler leur enfance aux téléspectateurs, ou tout du moins les films qu’ils regardaient durant celle-ci. La première partie du film est d’ailleurs la plus réussie, le jeu de cache-cache avec la maison, les premières découvertes, des moments nettement plus passionnants à suivre que lorsque les gosses entrent dedans, le film perdant un peu de son originalité au passage.

 

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N’oublions pas un détail qui a son importance: nous sommes face à un film d’Halloween, la fête devenant même le principal problème des protagonistes. C’est effectivement le pire jour imaginable puisqu’une armée de gosses va venir sonner à la porte de la maison du diable, qui va très probablement les bouffer sans attendre. Je ne sais pas vous mais moi, quand c’est Halloween, j’aime regarder des films qui se déroulent le 31 octobre également. Et ce n’est pas si fréquent d’en trouver qui arrivent à restituer cette ambiance particulière, froide mais colorée, automnale. Monster House y parvient parfaitement sans attendre, le premier plan montrant une feuille morte voyager au-dessus de la ville qui arbore des teintes orangées et rouges. Alors si vous ne savez pas quoi foutre dans la bouche de votre lecteur lors de la nuit des masques, n’hésitez pas à tenter l’aventure. Cela vous fera même oublier les menus défauts du film, comme une performance capture qui rend un peu bizarre et les visages des persos qui n’avaient pas encore le rendu que les films plus récents ont. Mais avec quelques bonbons et une citrouille à vos cotés, ce sera vite oublié !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Gil Kenan
  • Scénarisation: Dan Harmon, Rob Schrab et Pamela Pettler
  • Production: Jack Rapke, Steve Starkey, Robert Zemeckis, Steven Spielberg
  • Pays: USA
  • Voxographie (USA): Steve Buscemi, Mitchel Musso, Sam Lerner, Spencer Locke, Jason Lee
  • Année: 2006

2 comments to Monster House

  • Nazku  says:

    Tu m’as donné envie de voir le film. Je vais essayer de le voir d’ici Halloween. Super critique comme toujours!

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