Retro Wizard Day: seconde édition!

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La première édition ayant été le succès que l’on sait, c’était avec l’impatience d’un gosse de 12 ans assis devant son premier porno que nous attendions notre deuxième virée au Retro Wizard Day, toujours situé à Liège. Si la ville n’est ni la capitale de la Belgique, ni celle de Wallonie, elle commence dans tous les cas à peser son poids sur l’échiquier du fantastique local. Et puisque le maître-mot de l’évènement semble être « partage », ben on va gentiment distribuer quelques souvenirs, anecdotes, et expliquer pourquoi ce RWD mérite bien que vous appreniez à causer le wallon.

 

 

 

Il y a de ces mecs que même une fatigue intense ne semble pouvoir trainer sous la couette. Pascal Gillon est de cette race d’hommes de fer, de ces true warriors épuisés par une première édition aussi réussie pour le festivalier que compliquée pour l’organisateur. Car comme pour toutes les premières fois, on apprend ses gammes, on essuie ses premières chutes de bébé et l’on a les noix qui font des claquettes rien qu’à l’idée que le fiasco vienne frapper à la porte : autant dire que tout est réuni pour pisser des caillots pendant quelques mois. De quoi donner l’envie de reposer hallebardes et lances à l’armurerie… si ce n’est à un Liégeois resserrant sa poigne sur boucliers et épées, pour mieux repartir au front. Pas pour la gloire, pas pour planter son blason au sommet de la colline – le Mister Gillon étant au contraire de ces mecs préférant la froideur de l’ombre à la cuisson de la lumière – mais plutôt pour faire plaisir. Aux fans du cinoche fantastique/SF/horreur, qui verront là une bonne occasion de faire claquer le verre et renverser un peu de bière au bar, entre quelques achats bien sentis, mais aussi et surtout aux abandonnés du destin. Ainsi, si Pascal s’alliait au Télévie lors de la première édition, en vue d’essayer de couper les pattes de ce foutu crabe, c’est cette fois à Cap48, organisation fondée pour aider les personnes handicapées, que tous les bénéfices seront reversés. Une Mère Thérésa en devenir, le mec ? Avec l’état d’esprit d’une Killer Nun ou de la nonne fantôme de Conjuring 2, alors ! Car plutôt que de distribuer des bibles et tenter de nous faire avaler qu’un beau jour une rombière a craché le sauveur du monde sous les yeux émus d’un âne et d’un bœuf, et ce alors qu’elle n’avait soi-disant jamais pris de coup de piston, le Gillon ouvre la porte des enfers et laisse s’échapper le cirque des freaks. Et nous, quand on nous dit que le curé est renvoyé à coups de fouets pour laisser place à des chasseurs de fantômes, que les hosties sont remplacées par des burgers et qu’au sang du Christ (du vin de chez Lidl, ouais) on préfère la bière fraîche, on a plutôt tendance à faire le déplacement. Oubliez le gospel et les alléluias, ça va roter sévère et rigoler grassement, voire même chier dans la sacristie !

 

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En bonne princesse que je suis (j’ai le cheveu peu soyeux, mais je fais ce que je peux), j’attends le samedi après-midi que mon carrosse arrive, piloté par mon prince charmant Laurent le Fanzinophile, gérant du blog du même nom, que vous avez tous dans vos favoris. Vu que le gaillard m’amène quelques VHS bien velues sous les aisselles (avec en vrac et sans tout citer du Godzilla contre Hedora, Le Lac de Dracula, Dans les griffes du Loup Garou, Satan’s School, La Clinique des Ténèbres, SOS Maison Hantée… une programmation à la TF1 quoi), on traine un peu dans la crypte toxique, mon cerbère Jorge (en fait un simple chaton rouquemoute) en profitant pour faire le tri dans les cassettes pour mieux aller se caler dans les sacs du Fanzinophile. Un vrai démon, comme vous pouvez l’imaginer. Après, on se met en route, on récupère notre chambre d’hôtel et on attend que 16h arrive, Laurent ayant un rendez-vous intime avec une jeune demoiselle de plus de 70 piges, venue lui acheter une guitare. Séduit, le mangeur de zines tentera bien de lui refaire le cordage, mais tout son charme ne suffira pas à trainer cette dame d’un âge vénérable jusqu’à sa couchette. Michelle, si tu nous lis, sache qu’il y a à Mons quelqu’un qui pense fort à toi et regrette sans doute de ne pas t’avoir montré ses talents de compositeurs de slows… Bah, ça sera pour la prochaine fois Laurent, quand tu revendras ton triangle à Mamie Tromblon dans l’espoir qu’elle te montre le sien. Reste que le Fanzinophile n’a pas trop le temps de faire le joli-cœur puisque l’on doit installer tout son matos dans la salle de Chénée, où se tiendra l’évènement du lendemain. On se trimballe donc quelques caisses de bananes Chiquita renfermant en vérité des bandes magnétiques débordant de pros du kung-fu mécontents, de sadiques traquant le top model au rasoir, de soldats décérébrés sortant la sulfateuse et autres joyeusetés bis. D’ailleurs, preuve que cette relique du passé qu’est la VHS a toujours la cote auprès du public, de nombreux passants s’arrêteront pour en acheter, au point qu’elles partiront mieux que les DVD ou Blu-Ray présents sur le stand ! Elle a beau être morte, elle bouge toujours, notre bonne vieille K7… On s’installe, on s’installe, mais on retrouve surtout les quelques amis déjà présents, eux aussi venus planter leur marchandise en vue de la ruée du lendemain. Mais pas encore de convention en ce samedi 7, la soirée étant consacrée à la découverte de courts-métrages.

 

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C’est donc à La Zone qu’est donné le rendez-vous, une petite salle où seront donc diffusés le teaser d’un prometteur Caducea renvoyant aux contes noirs de Del Toro, le thriller/dramatique Le Hibou, l’excellent et spatial La Quatrième Nuit, le joyeusement et génialement gore Révolution et le nettement plus coquin Cruelle est la Nuit. Il y en avait donc pour tous les goûts, que vous soyez portés sur les anniversaires tournant mal, les partouzes ne filant pas bien meilleur, les soirées à se demander si un alien n’est pas venu vous léchouiller les pieds ou les gros délires à mi-chemin entre Robocop et Street Trash. Bien évidemment, réalisateurs (ou réalisatrice) et comédiens furent conviés, l’occasion dorée de rencontrer enfin quelques potes jusque-là résumés à quelques messages sur l’épiderme blanc et bleu de Facebook. Soit le poto Joffrey Schmidt, dont le Révolution cartonna auprès de l’audience et lui apporta un succès mérité cent fois, et Stéphane Leroux et sa petite famille (big up à Ingrid !). Je connaissais déjà le frangin Vincent, qu’il me tardait de revoir en compagnie de sa gentille Delphine ; je pus me rendre compte que le Vince n’est pas le seul à être d’une gentillesse absolue, le Steph étant tout aussi attachant. D’ailleurs, bien triste moment que celui du détachement le lendemain… En espérant vous revoir vite, vous et Joffrey ! Et pour ceux qui n’en avaient pas encore assez avec ces quatre courts et le trailer de celui de Mister Mavroudis – également organisateur/présentateur de la soirée avec un Adam Korman que je suis toujours content de croiser en compagnie de sa Svetlana – était diffusé un film surprise, en vérité le Braindead de Peter Jackson, histoire de finir la soirée dans les viscères et le vieux pus. On a vu pire choix, c’est un fait, mais avec les aminches on préfèrera tout de même aller se remplir la panse. C’est qu’il est déjà pas loin de 21h et on n’a encore rien avalé, il est donc temps de voir si les Français sauront tenir le légendaire boulet liégeois. L’occasion de se retrouver en famille, entre frères de sang, et de passer la soirée avec le prince Laurent, le brother for life Jérôme de Ze Curious Goods, son épouse que j’étais ravi d’enfin rencontrer, David le Vidéotopsieur que l’on voudrait croiser chaque jour, la force tranquille et apaisante qu’est Didier de Médusa et un Tom de The Monsters Squad toujours adorable en toutes circonstances. Difficile de foirer une soirée avec pareille compagnie, et après le resto nous continuâmes la discu jusqu’à pas d’heure dans le hall de notre hôtel, refaisant le monde à notre sauce. C’est-à-dire piquante ! Presque dommage que l’on doive dormir et récupérer des forces, mais on sait que la journée du lendemain sera riche alors mieux vaut retourner dans nos quartiers privés pour baver sur nos oreillers…

 

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On n’est ptet pas des militaires se dressant d’une traite lorsque leur instructeur vient leur hurler dans les cages à miel, mais lorsque le chant du coq résonne, on ne se fait pas prier pour se lustrer les caries, se tremper le fion dans la baignoire, avaler le petit dej’ ensembles en y allant de nouvelles anecdotes (du genre « Sophie Marceau a du sperme entre les dents »), histoire d’être prêts à attaquer le tant attendu 8 octobre. Celui dont on cause par messages privés interposés depuis des mois, celui pour lequel on économise un peu depuis des semaines, celui pour lequel on a fait cartons et valises en espérant croiser un max de monde. A ce niveau, aucune chance de se louper d’ailleurs, le bouche à oreille ayant fait son œuvre, attirant de plus en plus d’amoureux du fantastique dans l’antre du sorcier rétro. Parmi les festivaliers, bien sûr, et l’on recroisera quelques compagnons de route que l’on retrouve toujours avec la joie d’un gosse à Noël (Sandy, les Scopophiles Audrey et Gabriel, Daniel, Manuel, Alan,…) tout en accueillant de nouveaux-venus ayant loupé la première édition, comme une partie de la grande équipe du Boulevard du Cinéma que sont les potos Luis, Patrick et Christian. Belle surprise aussi de tomber sur Lemmy de Film reel from Outer Space, venu passer le bonjour avec sa dulcinée, et ce sans prévenir ! Bien sûr, on rencontre de nouvelles têtes, et que me pardonnent ceux dont j’ai oublié les noms : le mega-guy Cédric Valentin et sa petite famille, Christian et ses belles références musicales (grindgore forever !), Gregory, Ruben, Vincent, Raphael, Stéphanie, Christophe et tous les autres, ce fut cool d’échanger avec vous !

 

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Niveau exposants, que du beau monde également. Inutile de rappeler la présence de David Didelot, venu répandre la bonne parole bis à travers ses Vidéotopsie ou son livre sur Bruno Mattei, son stand n’étant d’ailleurs plus à présenter puisqu’aussi indispensable que celui de Didier Lefèvre, pour sa part venu avec sa nouvelle et grosse livraison : un Médusa 28 de 250 pages environ. Autant dire que ses acquéreurs en auront pour un bon moment avant d’en arriver à la dernière page ! Dans le même genre, aucune chance de jouer les étonnés en tombant sur les goreux fous d’Uncut Movies, toujours de sérieux prétendants au titre de mecs les plus charmants de l’univers connu. De vieux habitués ayant déjà leur petit parterre de réservé que sont également Gino et Léon-Paul de Zeno Pictures, venus alimenter leur petit monde en DVD bien trash. Mais vous connaissez la maison flamande, depuis le temps… Vous connaissez peut-être moins la boutique de l’ami Richard Duquet, et vous avez bien tort, car le Belge nous a monté un véritable « couloir de la mort » : faisant toute la longueur de la salle, son stand dégueulait de films, principalement d’horreur évidemment. Coffrets allemands ultra-rare et donc plus collector que le prépuce de Macron, galettes désormais difficilement trouvables mais ici affichées à des prix défiant toute concurrence, petits prix sur les Blu-Ray, toutes les nouveautés des éditeurs,… Et tout cela avec le sourire d’une famille accueillante et toujours ravie de causer cinoche et bandes méconnues, Richard étant venu avec sa jolie tribu. Bref, c’est un peu LE stand DVD et pour en faire le tour, mieux vaut prévoir une bonne partie de votre journée ! Des gens bien, tout simplement. Belle collec’ aussi chez les sympathiques gaillards de chez Oh My Gore, qui disposaient en outre d’une sacrée galerie de photos officielles de bisseries improbables. Après, on cause, horreur, chauves-souris, zombies à la mâchoire arrachée et giant monsters dégueulant de la bile toxique parce que c’est un peu notre dada, mais il n’y avait bien évidemment pas que ça et les allergiques aux abats moisis du bis trouvèrent leur bonheur ailleurs. De nombreux stands de figurines, de mangas (Le Bouquinophage), de romans (les copain et copine Eric Palumbo et Corinne Philippe y présentaient leurs œuvres), de cartes de collection, d’ustensiles Star Wars ou Ghostbusters (avec bonne d’arcade incluse !), de livres-docus sur le Punisher selon Lundgren (big up à l’ami Jérémie Damoiseau, que je fus là encore tout happy de croiser !), ateliers de maquillages (si vous vouliez savoir comment on fait des tétons pointus…), d’autres vous permettant de jouer à des jeux de société (parfait pour planter vos marmots quelque-part pendant que vous filez acheter du porno chez Zeno !), les « prozines » de chez Cinémagfantastique, Pascal Francaix et ses essais sur le cinéma qui charcle,… Bref, que vous cherchiez la baguette magique d’Harry Potter pour vous gratter la raie du cul ou des cartes Magic pour vous curer les dents après une bonne omelette aux champignons, vous aviez toutes les chances de trouver votre bonheur. Deux fois plus de chances que l’année passée, même !

 

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Car Pascal voyait double cette année, se laissant aller à avoir deux salles pour ses festivités, la demande d’exposants allant de manière croissante et permettant donc de multiplier par deux le bonheur. Alors oui, la salle était placée à l’arrière du site et il fallait donc jouer les curieux et passer par derrière pour découvrir la seconde. Et ouais, certains exposants râlaient car, comme de juste, moins de monde passait au-dessus qu’en-dessous, puisque la première était près du bar et donc dans l’entrée. Et certains pouvaient se demander pourquoi était fermé l’accès aux escaliers permettant de faire le lien entre les deux étages, la raison en étant simple : il fallait passer par des couloirs à moitié délabrés, exigus, par des douches et plusieurs pièces pas loin d’être labyrinthiques. J’en sais quelque-chose, j’ai traversé les lieux pour faire mon boulot de juré pour le concours de cosplay. Car oui, en véritable expert de la mode et en grand maître du dé à coudre, je fus bien évidemment sollicité pour juger du travail des autres, pour scruter les fils qui pendent et dès lors renvoyer à la machine à coudre les mauvais élèves. Et comme il y avait une section enfants, il était bien difficile de résister à la tentation de faire pleurer les plus petits et récolter leurs larmes dans des bouteilles Evian… Je blague, évidemment, et moi et mes collègues jurés, mon pote Killian Ducquet (oui le fils du maître du corridor of death) et la sympathique Laetitia, tentâmes d’être les plus justes possibles et de ne froisser personne, d’autant que tous les costumes des adultes étaient particulièrement réussis. Même si évidemment, lors d’un concours, ben ya des gagnants et des perdants, et donc des contents et des déçus, mais tel est le game les gars et on a fait de notre mieux pour être objectifs. Et ce même si en voyant une jeune Harley Quinn de 7-8 ans, dans un short de la taille d’un gant de toilette, on se demandait si tout cela était toujours bien sain. Reste que l’expérience est globalement amusante, que tous furent des plus méritants et prouvèrent leurs talents de fins tailleurs.

 

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Pas le temps d’assister à la remise des cadeaux jusqu’à sa fin, les gagnants obtenant bien évidemment des sacs avec quelques présents, un stand m’attendant. Car cette année, je passe de l’autre côté du miroir, et d’acheteur (ce que je suis resté tout de même, car on ne se refait pas) je deviens vendeur pour écouler les quelques exemplaires de Black Lagoon que Jérôme et moi avons posés sur la table pour l’occasion. On ne remerciera d’ailleurs jamais assez ceux qui sont venus nous donner leurs impressions et encouragements, passés nous demander des nouvelles d’un numéro 2 et nous ont donné de la force pour quinze ans ! Big thanks à vous tous, les gars et les garces ! Et big thanks aussi et surtout à Pascal et à toute son équipe (bisou baveux à Marie et Laurent) pour l’organisation impeccable et la bienveillance de tous les instants qui découlent du Retro Wizard Day : on ne manque de rien, on a toujours quelqu’un pour répondre à une question et l’on se plie en quatre pour nos petits derches. Rien à redire donc, et plutôt qu’à une froide entreprise visant à nous bombarder des crochets dans les poches, on a la sensation que le Pascal tente plutôt d’étendre sa famille, de faire rêver les autres au prix de son sommeil et de sa santé (car on le sait, pareil évènement, c’est bien évidemment du stress par pack de six pour les pauvres plantés dans les coulisses). Du frottage de glands entre Bisounours, comme ne manqueront pas de le faire remarquer certains ? Non, juste l’envie de pointer du doigt une personne désintéressée, traçant vers le soleil pour la bonne cause et non dans l’espoir de voir son ombre gonfler en même temps que son égo. Et s’il est bien une force dont profite le Retro Wizard Day, c’est bien de la modestie de son géniteur, d’ailleurs catapulté, le temps de quelques heures, dans la salopette d’un bon papy observant du coin de l’œil ses enfants en train de s’amuser. Autant dire que l’on a hâte qu’il puisse nous voir à nouveau faire les gosses dans son parterre l’année prochaine…

Augustin

 

Toutes les photos ici présentes furent lâchement volées sur la page du Retro Wizard Day. Si l’une des vôtres s’y trouve et que cela vous emmerde, n’hésitez pas à le signaler, elles seront retirées.

 

2 comments to Retro Wizard Day: seconde édition!

  • Laurent  says:

    Super week-end ! T’as tout (très bien) dit. Même si t’aurais pu passer certains détails… et en donner d’autres 🙂

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