Shrooms

Category: Films Comments: 2 comments

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Shrooms, un nouveau pas vers la légalisation des hallucinogènes et autres petits bonbons fait pour vous faire voir des dragons roses dans votre plumard ? Ou bien une joyeuse Série B trouvée dans l’un des bons coins à champignons du bis ? Aucun des deux les enfants, cette co-production entre l’Irlande et le Danemark étant plutôt un slasher moderne comme il en existe des centaines…

 

 

 

C’est quand même ballot ! Alors qu’il se démerde pour trouver un synopsis changeant un peu du tout-venant du sous-genre « teenagers cons comme des poires à lavement débités à la chaîne par un ermite des bois » en dégainant la carte de la drugsploitation, l’Irlandais parti pour Hollywood qu’est Paddy Breatnach (Coup de Peigne avec Alan Rickman et Josh Hartnett) finit par faire un peu comme tout le monde. Alors qu’on se voyait déjà tomber en plein trip garni de couleurs à faire tourner de l’œil au premier chanteur de reggae venu, voilà que le principe des héros ayant ingurgité des champis ne débouche sur rien ou pas grand-chose, Breatnach esquivant le siphon psychédélique que l’on espérait pour faire trempette dans une mare de banalités sans fond. Dommage, 666 fois dommage, de ne pas avoir profité de l’occasion pour s’éloigner un peu du carcan visuel du genre, de ne pas avoir renversé les pots de peinture et d’avoir tenté de travestir ce petit slasher/survival forestier en une véritable pochette d’albums de fumeurs d’herbe, façon Cream ou Bongzilla. Mais c’était rêver trop fort et ce Shrooms de 2007 ressort la photographie sombre et froide comme elle était de coutume dans les 2000’s pour les petits budgets, qu’il couple à des hallucinations pas bien éloignées de ce que l’on trouverait dans un simple film montrant une héroïne transpercée de visions prémonitoires. Car après s’être goinfrée de maisons de schtroumpfs en forme de tétons, la blondinette de service avec un autocollant « final girl » collée sur la gueule voit dans le futur de ses petits copains, et donc leurs morts annoncées, perpétrées par quelques furieux du coin…

 

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Non pas que se coincer devant un énième petit massacre sous les sapins soit problématique ou dérangeant, Breatnach parvenant à rendre le tout plus que regardable grâce à sa maîtrise technique, qu’il ne manque d’ailleurs jamais de souligner. Pas grave d’ailleurs qu’il en fasse un peu trop en alignant les contre-plongées ou les effets de style, ça occupe la rétine et ferait presque oublier que, lors des visions, le montage collerait une migraine à un mal de tête, et que les dialogues ont été écrits par des puceaux de 13 ans rêvant encore de caresser leurs voisines de pupitre. Car c’est de puérilité pure dont il s’agit ici, les personnages n’étant caractérisés que par leurs caractères sexuels, qui vont de la non-épilation au voyeurisme, en passant par les seins en silicone. Ca fait léger, voire même carrément con lorsque l’on remarque, après 15 ou 20 minutes, que ne sortent des gosiers de ces futurs éliminés que des « Vas te raser la chatte » et autres débats profonds sur la pipe, quand ce n’est bien évidemment pas les diverses drogues qui trustent tous les débats. C’est un peu comme du Rob Zombie (déjà fatigant au bout d’un moment), mais le sens de la phrase qui claque en moins.

 

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Il faudra donc bien le savoir-faire d’un réalisateur discret (on ne parle pas d’un faiseur à la filmographie dorée, tout de même) pour faire oublier que non seulement les personnages sont agaçants au possible, mais qu’en plus tout cela suit des chemins très balisés. Avec ses déficients mentaux vivant dans une cabane en taules rouillées, ses bécotages sous la tente, ses courses-poursuites entre les arbres, sa visite d’un hôpital désaffecté et ses légendes urbaines. Pas mal d’ailleurs, pour le coup, ce petit background fait d’un chrétien cinglé assassinant ses ouailles ou les ébouillantant, tandis que les heureux parvenus à lui échapper parcourent eux aussi le bosquet à la recherche de victimes à ajouter à leur tableau de chasse. C’est sûr, c’est du déjà-vu, et pas deux ou trois fois mais plutôt 500 fois, mais cela occasionne quelques belles silhouettes flippantes dans la brume et une poignée de meurtres allant du classique (des ciseaux dans le bide) au tellement bien torché qu’on en a les poils qui se dressent, comme cette tendue baignade entre les roseaux, alors qu’un maniaque se cache sous l’eau. Comme quoi, quelques décors de cartes postales lugubres peuvent soudainement élever ce Shrooms restant, du reste, dans la catégorie des menus fretins. Car ce n’est pas avec son twist que l’on devine dans la demi-heure que cette cueillette rupestre va soudainement se hisser au rang des classiques du genre, et il y a fort à parier que même ces quelques jolies images disséminées ici et là ne parviendront pas à la graver dans nos mémoires. Bien que consommable, le plat du jour tient néanmoins plus de la boîte de champignons de Paris chopée en promo chez Carrefour que des cèpes cuisinées par un véritable cordon bleu. Certes, on n’en tombe pas malade et on évite la soirée lavabo, mais on sait aussi qu’on va crever la dalle dans deux heures…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Paddy Breatnach
  • Scénario : Pearse Elliott
  • Producteur: Paddy McDonald, Rob Walpole
  • Pays: Irlande
  • Acteurs: Lindsey Haun, Jack Huston, Max Kasch, Maya Hazen
  • Année: 2007

2 comments to Shrooms

  • Roggy  says:

    C’est pour ça que j’ai arrêté les champignons 🙂

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