Critters 2

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Pâques a beau être encore loin, ce n’est pas une raison pour ne pas casser quelques œufs avec ce Critters 2 sentant bon le mois d’avril. Comptez d’ailleurs sur ces petites boules de poils et leur nouveau dresseur Mick Garris pour bien gâcher le jour de la résurrection du barbu crucifié…

 

 

 

C’est pas que le vieux Freddy Krueger a les jambes qui flanchent en cette année 1988, notre grand brulé étant même au top de sa popularité à l’époque, mais lorsque l’on est arrivé au sommet, on ne peut que redescendre. On devine dès lors que Robert Shaye cherchait une franchise à même de prendre le relais au cas où la face de pizza brisait ses lames au box-office, et vit sans doute en Critters un possible challenger. Il faut dire que le premier opus a bien fonctionné, au point que même les Tortues Ninja sortaient de leurs égouts pour aller se planter dans les salles obscures et profiter du spectacle (si vous ne captez pas la référence, c’est que vous avez loupé le meilleur comic-book movie jamais fait !). Il serait donc bien con de ne rappeler les Crites pour un nouveau tour de piste, d’autant qu’une bonne part des comédiens du premier volet sont prêts à rempiler (Lin Shaye comprise), permettant de faire une suite directe à même de toucher le petit cœur des fans. Ainsi, le pauvre Brad (toujours le rouquin Scott Grimes) revient dans son patelin natal pour voir sa grand-mère, après deux années à avoir pris le large pour éviter des journalistes un peu trop pressés de dire n’importe-quoi sur sa mésaventures avec les aliens velus. Perçu comme un menteur, le gamin fait profil bas, vu par tous comme un demi-dingue qui n’apporte rien de bon à la communauté. Un peu seul, il regrette son ami Charlie (Don Opper, encore et toujours), adulte au bulbe fêlé qui préféra partir avec les extra-terrestres venus chasser les Crites à la fin du premier film. Que Brad se rassure, il reverra bien vite son vieux pote puisque celui-ci et ses potes chasseurs des étoiles (le chevelu Terrence Mann revient à son tour) ont découvert que les monstres avaient laissé quelques œufs sur la planète bleue. Et comme le hasard fait mal les choses, c’est en pleine fête de Pacques, alors que les mouflets partent à la traque aux œufs en chocolat, qu’éclosent les coquilles…

 

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Niveau scénar’, on ne peut pas dire que l’alors débutant David Twohy (oui, celui de Pitch Black et ses suites) se soit particulièrement foulé. Bien qu’aidé par un Mick Garris (spécialiste en adaptation de Stephen King) alors aussi en train de faire ses premiers pas, le futur copain de Vin Diesel se contente de reprendre la formule des Gremlins et d’y ajouter une légère touche de gore. Pas une grande surprise puisque Critters premier du nom lorgnait déjà fameusement du côté de la ménagerie Joe Dante ; n’empêche que le réalisateur d’alors, Stephen Herek, parvenait à masquer son influence évidente derrière un aspect sensiblement plus noir. C’était d’ailleurs le cas de le dire puisqu’une large partie de sa péloche était plongée dans la pénombre ! Bref, bien que trempant son derrière dans les mêmes eaux que Guizmo et ses frères agités, Critters parvenait à trouver son ton propre, puisant plus largement dans une science-fiction débordant de créatures. En somme, par rapport à un Dante bien de son époque, Herek rendait plutôt hommage aux films des fifties. Si Garris et Twohy gardent l’idée d’un bestiaire loin de s’en tenir aux hérissons maléfiques (voir par exemple la plutôt cool introduction montrant un insecte énorme et plusieurs autres bestioles d’une autre galaxie), ils tiennent aussi visiblement à taper dans le bigger and louder… et surtout à calquer leur Critters 2, The Main Course sur le Noël de dingue passé par Zach Calligan. Car tout y est : la fête (certes moins hivernale), la multiplication des monstres, l’humour et le même plaisir pris à dézinguer ces viles ballons de fourrure. Problématique ? Pas vraiment tant que le spectacle est assuré, ce qui n’est qu’à moitié le cas ici…

 

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En effet, si Garris, pas plus inspiré derrière la caméra qu’il ne le sera par la suite (on va la jouer franche en avouant que si le parcours du monsieur est plutôt enviable, il n’a pour autant jamais expulsé de petit classique que l’on s’enverrait chaque matin) parvient tout de même à divertir grassement en donnant un joli rythme à la deuxième partie de cette séquelle, la première trainant par contre un peu trop de la patte. Sans aller jusqu’à dire qu’on se fait ici chier grave, on peut trouver le temps long et l’exposition inutilement étirée, le Mick s’attardant sur chaque personnage au-delà du raisonnable. On parle là d’une bête invasion d’extra-terrestres, d’un pur film popcorn, pas d’une œuvre horrifique où la psychologie des protagonistes joue un rôle important dans la suite des évènements, et attendre la quarantième minute pour lancer réellement le boxon alors qu’il aurait dû démarrer vingt minutes plus tôt tient de la faute pure et simple. Heureusement, le réalisateur de La Nuit Déchirée rattrape le coup avec un beau festival de scènes, que l’on attribuera cependant à l’équipe des effets spéciaux. Supervisés par Martin Bresin (The Hidden, Tremors, Candyman) et en partie créés par les frères Chiodo (déjà sur le premier et responsable du génial Killer Klowns from Outer Space), c’est clairement leur variété et les idées qui en découlent que l’on verra ici faire le show. D’abord avec les Critters en eux-mêmes, bien évidemment, dont les mises à mort sont toujours inventives et fun, que ce soit parce que l’un d’eux est balancé dans l’eau bouillante et perd tous ses poils, qu’un autre est rendu chauve ou qu’ils se retrouvent écrasés ou éclatés. Gros travail en la matière et l’on sent que Garris prend du plaisir à filmer son petit cartoon, qu’il agrémente d’ailleurs de bruitages que l’on ne serait pas étonnés d’entendre dans un vieux Bip-bip et Coyote. Fier de ses monstres, Micky les place donc nettement plus en avant que ne le faisait Hecker, et l’on apprécie le geste de les mettre un peu plus en lumière…

 

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Mais l’autre bonne idée est de se rire des fameux chasseurs de l’espace : déjà soumis à un certain second degré dans le premier, ils sont ici un ressort comique évident, leur capacité à changer de corps devenant un vrai gag. Puisque l’un d’entre eux hésite quant à l’existence corporelle qu’il veut s’offrir, il changera à plusieurs reprises, offrant notamment l’obligatoire plan nichon en prenant pour modèle une demoiselle posant dans Playboy, gardant l’agrafe servant à faire tenir le poster au milieu de son bide ! Dommage néanmoins que Garris n’aille pas au bout de certaines vannes, comme lorsque le personnage en question commence à prendre l’aspect de Freddy Krueger, qu’il découvre via un carton publicitaire grandeur nature, avant que Charlie ne l’en empêche. Décevant, car on sent que l’on est passé à côté d’une scène culte si Robert Shaye avait convaincu Robert Englund de venir faire un petit caméo. Triste mais vite rattrapé par un final évitant la redite, les Critters se réunissant en un énorme boulet passant sur la population pour ne laisser derrière-lui que des squelettes ensanglantés. Bien trouvé et fort légitimement placé sur le très beau poster du film. En définitive, Critters 2 s’en sort donc plutôt avec les honneurs même s’il ne marque évidemment pas le genre d’une pierre blanche. Reste que s’il perd un peu de l’âme du premier opus, il parvient tout de même à en améliorer le rythme, offrant une grosse Série B plus que satisfaisante. On en demandait pas plus pour accompagner notre petite bouffe du samedi soir…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Mick Garris
  • Scénario : David Twohy, Mick Garris
  • Producteurs: Barry Opper, Robert Shaye
  • Titres: Criters 2: The Main Course
  • Pays: USA
  • Acteurs: Scott Grimes, Don Keith Opper, Terrence Mann, Cynthia Garris
  • Année: 1988

4 comments to Critters 2

  • Roggy  says:

    Ah ! Critters ! toute ma jeunesse avec les Gremlins et les Ghoulies ! Tiens, je ne savais pas qu’on fêtait « Pacques » chez vous… 🙂

  • freudstein  says:

    j’adore ce film, que je trouve bien meilleur que le premier…

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