Rayon Action: Episode 15

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tokyoteaser

Tiens, ça faisait un moment qu’on avait plus bandé les muscles et vérifié si les murs de la crypte sont bien porteurs! Il est donc grand temps de suer un brin et de laisser nos rouflaquettes repousser d’une traite avec un quinzième épisode du Rayon Action. Sont venus nous prêter main forte notre vieil ami Dolph et son pote Brandon Lee, un Mark Dacascos en mode bodyguard, un Jackie Chan fatigué et notre bon vieux JCVD national !

 

 

 

Dans les Griffes du Dragon Rouge

Dans sa carrière de casseur de têtes, Dolph Lundgren aura explosé la tronche d’un grand nombre de sales mecs parcourant les Séries B à la recherche de méfaits à réaliser. Ce grand blond extra-terrestre de Matthias Hues, un David Soul devenu nazi, ce bon vieux Brion James dans la poussière de Scorpion Rouge, le squelettique Frank Langella, les punissables Kim Miyori et Jeroen Krabbé, un Ron Perlman plus vil que jamais… Un beau palmarès pour le Suédois, qui rencontra d’ailleurs quelques ennemis à plusieurs reprises : Jean-Claude Van Damme bien sûr, même si celui-ci était généralement du côté des bons et Dolph de ceux des mauvais (mais pas toujours, voir Expendables 2 pour s’en convaincre), mais aussi cette bonne bouille nippone qu’est Cary-Hiroyuki Tagawa (Mortal Kombat, le Vampires de Carpenter, Soleil Levant avec Sean Connery, Nemesis d’Albert Pyun,…). Un mercenaire de la pellicule, vu et revu dans des quantités astronomiques de bandes, de ces gaillards que tout le monde a vu au moins une fois et dont le visage, taillé pour incarner des badguys, est reconnaissable entre mille. Le Tagawa est ainsi un adversaire ou un compagnon fréquent de Lundgren puisqu’ils croisent le fer dans Bridge of Dragons (déjà chroniqué dans cette rubrique) et se retrouvent dans Skin Trade, sorti il y a peu. Mais bien avant cela, c’était Dans les Griffes du Dragon Rouge (1991) que les deux comédiens se lançaient des regards noirs. Et c’est bien normal puisque le Japonais y tuait les parents d’un Dolph encore marmot, ici nommé Chris Kenner, plus tard changé en flic revanchard souhaitant venger la mort de ses vieux en déboulonnant la gueule du Yakuza à l’origine de son malheur. Avec son nouveau partenaire Murata (Brandon « The Crow » Lee), Kenner enquête sur les pratiques de cette mafia de l’est, et ce à coups de talons dans le bide et de bastos dans la tête. Vous le voyez bien, si c’est la finesse que vous chercher à tous prix, c’est pas dans ce Showdown in Little Tokyo à la genèse plutôt perturbée que vous la trouverez. Pourquoi une genèse perturbée, d’ailleurs ? Tout connement parce que plusieurs scénaristes se sont succédés à la barre, que plusieurs montages ont été faits avant de trouver la durée « parfaite » (selon le studio, soit Warner ) de 75 minutes et que le film n’obtiendra qu’un petit run dans les cinémas avant de débouler en vidéo quelques temps après sa sortie. Pas franchement la marque d’une œuvre prestigieuse… D’ailleurs, cette expérience difficile poussera le réalisateur Mark Lester (Class of 1984, Commando, Firestarter,…) à plonger dans le monde du B Movie désargenté, certes moins luxueux mais permettant un plus grand contrôle créatif, lui qui voulait faire de ce Dragon Rouge un film plus long de 15 ou 20 minutes.

 

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Avec ce florilège de mésaventures, on peut fort logiquement penser que la bobine, l’une des dernières grosses productions de Lundgren avant son départ pour la deuxième division, ne doit pas voler bien haut. Et ce n’est qu’à moitié le cas puisque, toute parsemée de défauts soit-il, le métrage de Lester parvient sans mal à divertir le cinéphile adepte des péloches sentant bon la dynamite. C’est qu’avec une durée de 75 minutes, ça file droit et à l’essentiel, les séquences bourrines s’enchaînant sans temps mort, le combat opposant nos deux flics à une horde de yakuzas ne prenant pour ainsi dire aucune pause (si ce n’est pour quelques coquineries, histoire de faire monter le côté érotique, bien sûr). On ne s’emmerde donc guère puisque la fusillade lors d’un combat clandestin, l’échange de pains dans un resto jap, la bagarre dans un nightclub, l’infiltration musclée chez le méchant, la rixe dans les bains japonais, l’assaut du temple que s’est construit Lundgren, la guerre dans l’usine de bière et le duel aux sabres final sont pour ainsi dire collés les uns aux autres. Malheureusement, si Showdown in Little Tokyo gagne quelques points niveau rythme, il en perd tout autant question scénario et plausibilité, l’ensemble ressemblant plus à un épisode de série télé qu’à un véritable buddy movie. D’ailleurs, si les flics font tout à deux, il ne faut pas se leurrer : la vedette, c’est Dolph, Brandon Lee ne disposant pas franchement de développement et étant même moins important au récit que Brian Benben dans Dark Angel, pour rester dans les Dolpheries. Si le fils de Bruce Lee est là, c’est pour faire croire à la présence d’une paire comme celle de L’Arme Fatale, alors toujours très populaire, pour gonfler un peu l’affiche, le regretté acteur ne faisant servant que de faire-valoir au Suédois. Cependant, le script ne se prive certainement pas de copier le boulot de Shane Black (sans retrouver son talent, les dialogues étant ici assez mauvais) puisqu’il reprend la scène de torture à l’électricité par un vil bridé, nous rappelant forcément les tourments de Riggs et Murtaugh. Pas bien grave, en tout cas nettement moins problématique que le fait que les quelques minutes filmées par Lester et sont restées sur la table de montage empêchent la relation entre les deux héros d’être crédible. Ainsi, alors qu’ils ne semblent se connaître que depuis quelques heures à peine et n’ont pas encore traversé grand-chose, Brandon Lee avoue beaucoup aimer Lundgren et vouloir continuer l’enquête avec lui. Un moment censé être poignant mais qui tombe à plat et s’étale lamentablement tant il aurait dû être placé plus tardivement, lorsque les deux hommes bénéficient de plus de vécu… Des détails entachant ce Dans les Griffes du Dragon Rouge néanmoins sympathique, d’une part grâce à sa générosité, d’une autre grâce à son casting : outre les deux stars, on retrouve la sublime Tia Carrere (Wayne’s World, True Lies,…), la boule de billard asiatique Toshihiro Obata (le Tatsu des deux premiers Tortues Ninja, donc un acteur culte !), Gerald Okamura (roi de la Série B s’il en est) dans un petit rôle de tortionnaire et donc Cary-Hiroyuki Tagawa, excellent en méchant. Et par méchant, je veux dire MECHANT : le mec drogue une gonzesse, la baise par derrière, la décapite pendant l’acte, filme le tout et montre la scène à Tia Carrere, qu’il va violer dans les minutes suivantes. Un vrai pourri rendu charismatique par le visage si particulier de son interprète, sans doute le comédien brillant le plus dans cette entreprise. Désolé Dolph, tu t’es fait voler la vedette mais c’est un peu de ta faute : fallait pas porter une tunique ridicule lors de la dernière scène !

 

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  • Réalisation: Mark L. Lester
  • Scénarisation:  Stephen Glantz, Caliope Brattlestreet
  • Production: Martin E. Caan, Mark L. Lester
  • Titre original: Showdown in Little Tokyo
  • Pays: USA
  • Acteurs: Dolph Lundgren, Brandon Lee, Cary-Hyroyuki Tagawa, Tia Carrere
  • Année: 1991

 

 

 

 

Instinct to Kill

Alors que Rayon Action a déjà quelques épisodes derrière lui, aucun n’était encore revenu sur le cas Mark Dacascos, charismatique gaillard popularisé par Crying Freeman et Le Pacte des Loups vite retombé dans le domaine du DTV, comme le prouve Instinct to Kill, petite Série B sans prétention emballée par Gustavo Graef Marino (Diplomatic Siege avec Peter Weller, Darryl Hannah et Tom Berenger). Un actioner bourrin de plus ? Pas vraiment puisque le script s’attarde plutôt sur les méfaits d’un flic tueur en série incarné par ce mercenaire du petit budget qu’est Tim Abell (Sniper : Special Ops avec Seagal, Mega Shark vs Kolossus). Une sacrée enflure dans son genre puisque son grand plaisir est de séduire des femmes pour mieux les tabasser, les violer et les tuer en les asphyxiant à l’aide d’un sac en plastique. De la romance tendre, quoi ! Et sa nouvelle proie, c’est une jeune cheerleader au corps parfait (il a pas  mauvais goût le gars, faut avouer) incarnée par Missy Crider (aperçue dans Emprise et Powder), qu’il drague tellement bien que deux mois plus tard, elle l’épouse. Ouais, deux mois seulement après avoir vu le zig pour la première fois ! Même dans une télé-réalité en mal d’audience, ils n’oseraient sans doute pas. En même temps le fourbe a une technique bien rôdée puisque la donzelle, il l’observe depuis qu’elle a une quinzaine d’années, étudiant les meilleures tactiques pour l’approcher. Bien sûr, une fois la routine installée, le pépère montre son vrai visage, celui d’un mari violant collectionnant des doigts coupés, qu’il cache sous l’évier. Se doutant que son prince charmant ne l’est pas tant que ça, la jolie Tess décide de mener sa petite enquête et parvient, avec un ami policier, collègue de son époux (Kareem Hardison d’Un Vampire à Brooklyn et Les Blancs ne savent pas sauter), à faire coffrer le malotru. Mais le zig’ ne compte pas passer sa vie à servir de chaussette pour les autres détenus et, après quelques temps, il se fait la malle avant de recommencer à semer les cadavres derrière lui. Inquiète pour sa vie, Tess va donc voir un pro de l’auto-défense, bien sûr incarné par Dacascos, qu’elle embauche pour qu’il lui apprenne à briser des noix d’un coup de genou bien placé.

 

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Les gros bourrins espérant de la démolition sans interruption peuvent tourner les bottes sans regrets, Instinct to Kill ne mise que fort peu sur ses séquences d’action. Bien sûr, l’ami Mark lève le pied et fait bouffer sa semelle à des sauvages dans un bar, et on échange quelques balles dans un hosto, une baraque pourrie et une vieille ferme, mais on est tout de même plus proche du Silence des Agneaux que de Commando (malgré la présence de Mark Lester à la production). Malheureusement, en tant que thriller, on ne peut pas dire que l’affaire soit particulièrement bien classée : le script manque terriblement de relief et l’on jurerait être tombés devant un téléfilm de TF1, que ce soit à cause du pitch ou de la réalisation. La facture formelle n’est en effet guère alléchante malgré une photographie correcte et l’histoire est des plus téléphonées. Et ne parlons pas des tactiques choisies par le cinglé, dont le grand passe-temps est de se déguiser pour s’approche de ses cibles. Et faut voir les costumes : mémé pas crédible un instant, vieux policier aux sourcils broussailleux, métalleux avec un nez gros comme mon poing,… Risible ! Par contre, point positif, l’ensemble est réellement méchant, le maniaque n’hésitant pas à buter des vioques, à tirer dans le dos de gens à qui il a vendu de l’espoir ou à cogner sur les nanas. Instinct To Kill, tiré d’une nouvelle, affiche dès lors un fond plutôt glauque, quasiment en contradiction avec sa palette graphique plutôt ensoleillée. Notons également des scènes de culs plutôt franches, aux dialogues bien cochons comme il faut ! Pas de quoi changer de fond en comble une petite prod’ anecdotique, mais de quoi donner une identité à un spectacle pas déplaisant. Pas de quoi se jeter dessus donc, mais pas de quoi l’éviter en se bouchant le nez non plus.

 

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  • Réalisation: Gustavo Graef-Marino
  • Scénarisation:  Randall Frakes, Josh Olson,…
  • Production: Mark L. Lester, Dana Dubovsky, Brian Etting
  • Titre original: Instinct To Kill
  • Pays: USA
  • Acteurs: Mark Dacascsos, Melissa Crider, Tim Abell
  • Année: 2001

 

 

 

 

Police Story Lockdown

La saga Police Story serait-elle à Jackie Chan ce que les Die Hard sont à Bruce Willis ? Un peu, mon neveu ! En plus d’être sa franchise culte (on mettra les Rush Hour de côté, c’est pas franchement le même calibre), elle est aussi celle permettant à Chan de faire évoluer son statut au grè des épisodes, passant de simple courtisant à père de famille rejeté par sa fille pour cause d’absence au foyer. C’est le cas dans ce Lockdown, le Jackie, désormais bien vieilli, rendant visite à son adolescente, qui n’a rien trouvé de mieux que de s’engouffrer dans un piège tendu par un gérant de boîte de nuit ivre de vengeance. C’est que sa petite sœur a été la malheureuse victime d’une prise d’otage dans une pharmacie, un drame que le flic Zhong Wen (Chan of course) n’est pas parvenu à éviter alors qu’il était sur place. Mais les circonstances étant plutôt sombres, le frérot de la morte décide de réunir tous les témoins et coupables pour un procès d’un genre nouveau… Avec sa fifille prisonnière et lui-même forcé de se cacher entre la piste de danse et les chiottes, Chan va devoir la jouer fine, façon John McLane des grands jours. La comparaison avec Piège de Cristal s’arrête cependant là et ne s’étire d’ailleurs pas jusqu’aux premiers opus de la saga Police Story. Autant le dire d’emblée : nous sommes peut-être en face du plus mauvais volet de la série. La faute à qui ? Peut-être à Chan lui-même, à dire vrai, l’acteur-cascadeur étant sans doute trop vieux pour continuer de faire des chutes de vingt mètres à travers des vitres ou subir des explosions de feu d’artifices à trois mètres de lui. S’il en fait toujours plus que la majorité des gens de son âge, n’hésitant pas à cogner sa face contre une table de verre notamment, on sent tout de même que le script fut écrit avec l’intention de le ménager au maximum. Peu de bastons, peu de cascades et même peu d’action tout court, Lockdown tentant de rattraper son retard en la matière en offrant quelques flashbacks montrant d’autres enquêtes du Jackie (course-poursuite en voiture, combat contre un type dans un cimetière de trains, sauvetage d’un type voulant se suicider,…).

 

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Bien gentil sur le papier tout cela ; une autre paire de manche à l’écran. Chan n’étant visiblement plus capable de faire des combats en une seule prise, le réalisateur Ding Sheng (Railroad Tigers) opte pour un montage ultra cut, chaque geste de notre singe malicieux étant couplé à un nouveau plan. Bien loin le temps où notre héros se frittait contre Benny Urquidez lors de longues joutes tournées sans trucages, au fil de longs plans aux coups fendant l’air. Difficile néanmoins d’en vouloir à notre vedette, toujours volontaire, mais ardu également de trouver son compte dans pareil spectacle, mollasson, bavard et très répétitif, ces décors sombres finissant même par nous rendre malades. Voire à donner une étrange odeur de pauvreté à l’ensemble, décidément peu parcouru par les qualités. On louera tout juste le charisme de Chan, toujours intact, le comédien étant même très bon en flic fatigué et vidé de toute envie de faire son job, mais c’est bien tout. Et cela fait hélas trop peu pour tenter l’aventure…

 

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  • Réalisation: Ding Sheng
  • Scénarisation:  Ding Sheng
  • Production: China Vision Group, Wanda Media Co.
  • Titre original: ing cha gu shi 2013
  • Pays: Chine
  • Acteurs: Jackie Chan, Liu Ye, Jing Tian
  • Année: 2013

 

 

 

 

Full Contact

Une petite Van Dammerie en guise de digestif ? Comptez sur mon compatriote pour vous faire digérer des kilomètres de pellicules bourrines, et c’est à coup de talons qu’il va vous malaxer le bide ! Avec Full Contact, l’un de ses classiques, l’une de ses livraisons de la grande époque, on sait d’ailleurs qu’on va pouvoir manger de la baston pure et dure. Sorti en 1990, donc en début de carrière pour notre star, cette pelloche aux noms multiples (Lionheart ici, A.W.O.L.: Absent Without Leave là, Wrong Bet à l’horizon) fait sans conteste partie des meilleurs titres de notre pro du grand écart. D’ailleurs, l’affiche du métrage est pour ainsi dire célèbre dans les milieux velus puisqu’on y voit le Jean-Claude écarter les guiboles sur un chemin de fer, comme s’il voulait déposer un cake au chocolat sur les rails. Notons d’ailleurs que la scène en question n’a pas trouvé son chemin jusqu’au film en lui-même, histoire de décevoir les quelques spectateurs venus rien que pour voir Van Damme s’étendre le scrotum entre deux locomotives. Il y a cependant de grandes chances que ceux-ci ne chicanent pas longtemps, la bande étant suffisamment réussie pour que l’on ne vienne guère râler. Comme souvent, le comédien briseur de mâchoire incarne un pro de la bagarre, ici un légionnaire du nom de Lyon (rassurez-vous, tout le monde se fout de sa gueule dans le film) particulièrement peiné par le dernier courrier que lui a envoyé sa belle-sœur. La missive lui apprend en effet que son frère, un dealer a la petite semaine, a été brûlé vif par quelques salopards d’une bande rivale. Pressé de rejoindre ce qu’il lui reste comme famille à Los Angeles, Lyon demande à ses supérieurs s’il peut quitter son camp au Djibouti, une requête bien évidemment balayée d’un revers de la main par son chef, pas franchement un boss agréable. Mais pas décidé à laisser tomber sa nièce et sa belle-sœur, notre roi des fauves décide de s’enfuir, non sans avoir pété quelques rotules à ses amis militaires. Une fois en Amérique, notre héros découvre bien vite que s’il veut pouvoir offrir une vie correcte aux siens, il va lui falloir user de ses talents de cogneur lors de combats de rue. D’abord organisés par Joshua, un clodo black anciennement combattant lui aussi, ensuite par Cynthia, une richissime demoiselle prenant son pied en organisant des paris sanglants pour ses amis huppés. Et bien évidemment, Lyon, vite surnommé « Le Roi de la Jungle », devra affronter Attila, le plus dangereux de ces street fighters, tout en tentant d’échapper aux quelques légionnaires envoyés à ses trousses…

 

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Réalisé par Sheldon Lettich – un habitué de Van Damme puisqu’il a aussi réalisé Double Impact, The Order et The Hard Cops mais aussi scénarisé Bloodsport et LegionnaireLionheart est une vraie bonne et grosse Série B de tatane. Les combats tombent à intervalles réguliers, sont toujours d’une longueur acceptable et suffisamment chorégraphiés pour assurer le spectacle (même si ce n’est bien évidemment pas du Jackie Chan ou du Donnie Yen). Certes, le montage se fait parfois étrange, un peu trop brut justement, les plans se faisant parfois si brefs qu’ils tiennent presque du subliminal, donnant par la même occasion un drôle de rythme à certaines rixes. Mais il n’y a rien de bien grave à noter en la matière, Lettich offrant pile ce que tout fan de Van Damme souhaitait voir à l’époque : un nouveau dérivé de Bloodsport, une œuvre se plaçant dans la même rythmique, celle d’un enchaînement de duels façons tournoi. A sa manière, Full Contact reste donc dans le giron du jeu Street Figher, une franchise que JCVD n’aura cessé d’incarner, de différentes manières… Mais s’il n’y a rien à redire au niveau des attributs brutaux du film, dont les combats sont sanglants, rudes et variés (dans une piscine, sous un pont, dans des rues peu fréquentables, dans une salle de squash, dans un parking,…), c’est l’aspect sombre de l’ensemble qui marque avant tout. Imaginée par Van Damme lui-même, l’histoire n’est en effet guère drôle et Lyon est une véritable figure tragique : il se met à dos son pays et ses copains militaires pour retrouver son frère, qu’il ne parvient pas à rejoindre avant que celui-ci ne soupire une dernière fois, devient le jouet d’une richissime demoiselle usant des autres pour ses plaisirs personnels, est repoussé par sa belle-sœur déçue qu’il ne soit pas arrivé à temps pour les aider et ne peut même pas trop s’approcher de sa gentille nièce de peur de lui attirer des emmerdes. Et pour venir en aide à sa famille, fauchée de chez fauchée, il répand le sang sur le ring : le sien et celui de ses adversaires. Pas de quoi rire, donc, et on ne peut que songer à la saga des Rocky et se dire que Van Damme a sans doute voulu avoir, lui aussi, sa petite tragédie musclée. Le pari est gagné puisque Full Contact est un film très humain, à la mécanique sensible bien modelée puisque balançant quelques personnages franchement attachants (Lyon mais aussi et surtout Joshua) dans un monde détestable, celui de jeunes femmes portant des colliers de perles et des robes de soirées en train de s’offrir un frisson en voyant des hommes s’entretuer sous leurs yeux. Des combats de gladiateurs organisés pour divertir quelques crétins imbuvables, en somme… Difficile de ne pas adhérer au scénario, à la structure impeccable puisque trouvant le juste milieu entre avancée de l’intrigue et scènes d’action. On regrettera juste un happy end clairement forcé… Par contre, nous serons heureux de retrouver un sacré casting composé de l’excellent Harrison Page (la série Sledge Hammer, Carnosaur,…), de la vénéneuse Deborah Rennard (Le Monde des Maudits), Lisa Pelikan (Ghoulies), cette tronche ahurissante de Brian Thompson (Cobra, Mortal Kombat : Annihilation), ce second rôle toujours reconnaissable qu’est Yoro Goric (Alligator 2, Rambo 2), un Michel Quissi connaissant bien Van Damme (il est dans Bloodsport et Kickboxer, évidemment) et même ce roi du direct-to-video d’action des nineties qu’est Billy Blanks dans un petit rôle ! Difficile de ne pas vouloir assister à ces échanges de politesses sous les ponts avec tout ce beau monde… Ca tombe bien, Full Contact est sorti chez Metropolitan en pack DVD ou Blu-Ray avec Black Eagle, pour un prix fort raisonnable… Si vous voulez votre petit fix à la belge, vous savez donc quel dealer contacter.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Sheldon Lettish
  • Scénarisation:  Sheldon Lettish, Jean-Claude Van Damme
  • Production: Eric Karson, Ash R. Shah,…
  • Titre original: Lionheart
  • Pays: USA
  • Acteurs: Jean-Claude Van Damme, Harrison Page, Abdel Quissi
  • Année: 1990

 

 

2 comments to Rayon Action: Episode 15

  • Roggy  says:

    Je me souviens (et ça fait longtemps dis donc…) de “Full contact” et de “Dans les griffes du dragon rouge” avec une certaine nostalgie. Jamais revus mais ton excellente rubrique me redonnerait presque l’envie ! Bravo pour ces reviews qui font toujours plaisir et j’ai bien souri avec ton “cake au chocolat” 😉

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