Sleepaway Camp 2: Unhappy Campers (Massacre au Camp d’été 2)

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Les vacances d’été étant désormais terminée, les nostalgiques des coups de soleil et des moustiques ont bien besoin d’un remontant. De quoi donner envier de retourner une nouvelle fois dans la hutte Sleepaway Camp, et ce pour un deuxième épisode remisant au placard la sévérité de son aîné…

 

 

 

Attention, cette chronique contient des spoilers sur le premier opus, Massacre au Camp d’été, il vous est donc recommandé de le visionner avant de la lire.

 

 

Cinq ans, voilà le temps qu’il aura fallu a Sleepaway Camp, alias Massacre au Camp d’été (1983), pour accoucher d’un nouvel opus. A une époque où Michael Myers limait sa fourchette en vue de son grand retour, où Jason Voorhees ne prenait jamais ses jours de congé et où Freddy Krueger ne risquait pas de laisser son public refroidir entre deux one-man show, ça la foutait presque mal ! Il faut dire que comparé à ses concurrents, la jeune Angela, tueuse mutique et timide du film de Robert Hiltzik, ne paie pas de mine, la pauvre ayant le slibard plus garni que l’armurerie. On l’apprenait à la fin du premier opus : né mâle, elle fut habillée en demoiselle durant toute son enfance par la tante l’ayant recueillie, au point d’insuffler le doute et une bonne dose de folie dans son esprit fragile. Et la gamine d’assassiner avec les moyens du bord tous les indélicats se moquant d’elle, leur renversant dessus de la soupe brûlante ou leur glissant une ruche dans les chiottes à l’heure de la grosse commission. Si cela sonne presque comme une bonne blague à vue de jumelles, Sleepaway Camp ne prêtait pourtant pas à rire, Hiltzik redoublant d’efforts pour fournir un slasher aussi dérangeant que faire se peut. Le clou du spectacle ? La révélation du sexe d’Angela, que l’on retrouva nue, la bite à l’air avec une tête décapitée dans les bras. Un choc, un vrai, de ceux après lesquels courent tous les apprentis réalisateurs de slasher de la planète, sans même comprendre que si ce coup de boules (oui, au pluriel) final fit aussi mal, c’était avant toute chose parce que le terrain avait été soigneusement préparé. Sans trop en faire, sans s’obliger à taper dans un charcutage digne d’un abattoir de volaille, en misant sur une ambiance lourde et poisseuse. En somme et sans mauvais jeux de mots, Angela cachait bien ses billes pour mieux les dégainer au moment propice. Bref, c’était bien calculé et il n’est guère étonnant que toute une génération de petites têtes blondes, celles passant leurs samedis aprem le nez dans le magnétoscope, subisse encore quelques flashbacks de zobs en gros plan lorsqu’elle passe devant un canoé. Eh bien, chers fans de l’été meurtrier, vous pouvez déjà commencer à faire chauffer vos cordes vocales, car vous allez gueuler devant ce Sleepaway Camp 2 : Unhappy Campers, qui part dans une toute autre direction suite au départ, temporaire, d’Hiltzik du camp Arawak.

 

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Pour la relève, ça sera Michael A. Simpson, auteur d’un Funland (1987) pas franchement entré dans la mémoire collective malgré son histoire de mascotte clownesque tuant du monde pour avoir perdu son job. Reste que ce petit psychokiller movie au nez rouge permit à Simpson d’aller filmer les shorts d’adolescentes plantées devant leur feu de camp, sans doute grandement parce qu’il prit les choses en main puisqu’il produira lui-même son Sleepaway Camp 2. Et vu que le gus bossa sur Funland en compagnie de Jerry et Bonnie Turner, plus tard à l’œuvre sur la série That’s 70’s Show et les deux Wayne’s World, on a tôt fait de se faire une idée sur notre gaillard. Et on devine vite que notre zig est plutôt du genre à verser dans la vanne bien grasse façon « Tu connais celle de la pute et du lépreux ? », et ne fait pas partie disciples de John Carpenter prêts à apprendre le manuel du parfait film à suspense par cœur. Et c’est justement cette mentalité de glandeur passant tout son temps dans un sous-sol à écouter Black Sabbath et Blue Oyster Cult, un joint de dix mètres coincé entre les lèvres, que l’on retrouve au premier plan de cet Unhappy Campers n’ayant jamais eu l’intention de conserver le sérieux papal du premier volet. On le sent d’ailleurs venir dès les premières apparitions d’Angela (Pamela Springsteen, sœur de Bruce) – devenue monitrice dans l’un de ces camps qu’elle détestait tant auparavant – tant celle-ci est devenue souriante et, surtout, cruche. Idiote au possible, nunuche au-delà du raisonnable et flanquée d’une mentalité en sucre que l’on n’avait plus vue depuis La Petite Maison dans la Prairie, l’ancienne petite taiseuse flippante a changé du tout au tout. On comprend d’ailleurs aisément que sa première interprète, Felissa Rose, préféra refuser le métrage, celle-ci ne retrouvant pas ses petits dans la psychologie d’une Angela désormais si bavarde qu’elle a plus de ligne de dialogues en vingt secondes que Rose sur tout le premier métrage. Si tout cela est expliqué plus ou moins finement (quelques électrochocs après son arrestation, un séjour en hosto psy, et Angela est une nouvelle femme), il est d’autant plus difficile d’y croire que la miss Springsteen ne partage guère de traits physiques avec la Felissa…

 

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Mais la plausibilité, Simpson se torche avec, le gaillard n’étant visiblement pas arrivé au camp d’été avec la ferme intention de fournir une suite respectueuse, préférant miser sur la gaudriole d’une part, et sur un rythme plus soutenu de l’autre. Si Hiltzik prenait son temps et soignait un minimum la psychologie de ses personnages, Michael le pressé n’en fera pas autant, jugeant que ce que son public attend de lui, c’est du fun et des meurtres amusants. Du coup, estimant qu’emprunter la ligne droite est la toujours la meilleure façon de toucher au but, il opte pour un slasher basique et sans fioritures (si vous trouvez ici un plan marquant ou le plus petit début d’une idée en matière de filmage, vous me faites signe), à la recette aussi compliquée que celle de la tartine au fromage. C’est donc pas compliqué : Angela découvre que l’un des gosses sous sa surveillance fait quelque-chose heurtant sa sensibilité (exhibitionnisme, sexe avant le mariage, alcool et herbes non prescrites par le doc’), elle le tue, découvre que l’un de ses petits copains commet d’autres impardonnables délits, elle le zigouille à son tour, et ainsi de suite jusqu’à ce que vous obtenez 80 minutes de péloche. C’est sûr qu’on a pas le temps de se poser de questions, le tout filant plus vite qu’un Belge découvrant qu’il n’y a pas de frites/mayo à la carte de la gargotte dans laquelle il vient de poser ses santiags, Angela étant visiblement très décidée à montrer qu’elle en a une paire bien velue comme ça puisqu’elle alignera tout de même 18 morts ! Et la brunette de planter sa tente sur le terrain des Voorhees en variant au maximum les manières de liquider ses prochains, balançant de l’acide d’une batterie de bagnole sur un visage quand elle ne noie pas carrément une demoiselle un peu trop chaudasse dans de vieilles chiottes. Et comme il faut bien rire, on se déguise en Leatherface pour tronçonner deux garnements, pour leur part grimés en Freddy et Jason, histoire de faire un coup de coude complice au spectateur et lui rappeler que l’on n’est pas dupe de l’entreprise. Ce qui est sans doute le problème majeur de Massacre au Camp d’été 2

 

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Car si ce n’est pour profiter d’un patronyme bien installé dans le cœur des fans, pourquoi taper dans la séquelle d’une œuvre culte si c’est pour la renier à chaque instant ? La réponse est bien évidemment dans la question et l’on imagine sans mal que Sleepaway Camp 2, tourné en six semaines en même temps qu’un troisième opus, n’est pour Simpson qu’une manière de gagner de l’argent sans trop se prendre le chou. Après tout, le slasher, s’il est sur la pente descendante depuis un bon moment en cette année 88, continue de faire chuter plus de monnaie que les têtes de tigres de Fort Boyard, et puisque ça ne coûte pas cher, ça ne peut que rapporter. Alors on fonce dans le tas avec l’élégance d’un troupeau de bérets rouges avinés, sans même se demander si cet étalage d’homicides souvent sadiques (mais rarement gore) ne finira pas par lasser l’auditoire. C’est bien évidemment le cas et l’on aurait aimé que cette suite s’offre quelques chemins de traverses plutôt que de suivre les rails qu’elle s’était fixée. Le déraillement est d’ailleurs impossible, Simpson ne s’écartant à aucun moment de son rythme de croisière, confortable un temps seulement. Alors on ne baille certainement pas, on n’en a de toute façon pas le loisir ou le temps, et tout cela est finalement sympatoche (le casting, dans lequel on trouve la sœur de Charlie Sheen et Emilio Estevez qu’est Renée Estevez, semble bien s’éclater) car débordant de heavy metal (les férus d’Anvil apprécieront le générique d’ouverture) et de poitrines généreusement dévoilées. Mais face au 62 371 autres slasher de la même époque jouant la carte de l’autodérision et de la décontraction, difficile de recommander Sleepaway Camp 2 plus qu’un autre. A plus forte raison lorsque l’on a encore le souvenir ému d’une nuit de canicule où Angela plomba l’ambiance de la belle saison en baissant sa culotte… Pas de quoi jeter vos crottes de nez sur le DVD gentiment édité par le site Oh My Gore, cependant, d’abord parce que ces vrais fans ont bien fait d’exhumer cette balade dans les bois jusque-là inédite chez nous ; ensuite parce que si l’on sait oublier son glorieux ancêtre, Unhappy Campers fera office de bon digestif après un barbecue trop riche en merguez.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Michael A. Simpson
  • Scénario : Fritz Gordon
  • Producteur: Michael A. Simpson, Jerry Silva
  • Pays: USA
  • Acteurs: Pamela Springsteen, Renée Estevez, Tony Higgins, Brian Patrick Clark
  • Année: 1988

4 comments to Sleepaway Camp 2: Unhappy Campers (Massacre au Camp d’été 2)

  • Stephane ERBISTI  says:

    je suis du même avis. L’orientation très parodique de l’entreprise ne m’a séduit qu’à moitié (voire même un peu moins). Très peu d’effet gore en plus. Si on est gâté au niveau des « plans nichons » (ceux de la très jolie Valérie Hartman entre autres), ça ne suffit pas pour convaincre totalement. Le N°3 est dans la même lignée, en pire.

  • Roggy  says:

    Je n’ai pas osé lire ta chro parce que je n’ai pas encore vu le film, mais ça doit être bien 😉

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