L’Orgie des Vampires

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Ah, la France des seventies et sa manie de retitrer les bisseries pour leur donner une connotation érotique, à laquelle le matériau de base n’aspirait pourtant que fort peu… Ainsi, Il Mostro dell’Opera (Le Monstre de l’Opéra pour les mauvais élèves ayant trop séché leurs cours d’italien) tente de lever nos braguettes en devenant L’Orgie des Vampires. Pas de bol, on ne bande jamais dans cette opérette gothique bien peu mémorable…

 

 

 

Vous savez ce qu’il en était de la production ritale des sixties. Si vous étiez un réalisateur heureux d’un succès, même mineur, vous étiez bon pour y revenir d’une manière ou d’une autre, pour vous fendre d’un dérivé ou en tout cas baigner dans le même univers pendant un petit moment. Ainsi, puisque Franco Polselli (plus tard metteur en scène de coquineries des 70’s) rapporta un peu de fonte via L’amante del vampiro (1960), il fut bien vite décidé d’en produire une séquelle, Il vampiro dell’opera, dont le tournage débuta dès 61. Mais à en croire les bruits de couloir de l’époque (dont on ne sait jamais trop si l’on peut s’y fier, donc méfiance…), la production aurait subi quelques revers à l’époque et ne pourra mettre la péloche sur le marché qu’en 1964. Soit à une époque où les vampires commençaient à perdre de leur mordant, poussant le présent long-métrage à changer de nom pour draguer un public plus vaste. Ce sera donc Il Mostro dell’opera, en effet plus vague. Par chez nous, pas de problèmes par contre pour afficher une liaison avec les chauves-souris, le distributeur français essayant en prime de remplir les salles avec les érotomanes en renommant le tout L’Orgie des Vampires. Rangez vos queues, les mecs, et cachez vos moules, les filles, l’œuvre de Polselli est à peu près aussi excitante qu’un jeu de photos de nu de Christine Boutin, le but premier du métrage étant plus de refiler la chair de poule que de réchauffer les caleçons. Pas de bol, il n’est pas franchement plus efficace en la matière…

 

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Ca ne commence pourtant pas trop mal lorsqu’une belle brune se voit coursée par un vampire, suffisamment sadique pour la tourmenter avec une énorme fourche. Hilare, l’être des ténèbres met dix ans à la perforer, comme s’il voulait plutôt la chatouiller avec l’arme, laissant tout le temps à un vieil homme présent sur les lieux d’agir et sauver la demoiselle. Par malchance, une sorte de barrière de protection invisible ou on ne sait quel maléfice empêche le grand-père de s’approcher… Certes, la situation affiche un ridicule fini, et l’on se demande franchement où l’on est tombé, mais tant que L’Orgie des Vampires aligne les cartes postales sinistres, nous n’aurons pas trop de quoi nous plaindre, n’est-ce pas ? Las, même ces attentes assez peu élevées ne seront comblées, Polselli préférant se vautrer dans les jupes d’une troupe d’artistes à la recherche d’un théâtre où se produire. Bien évidemment, ils vont se retrouver dans un lieu maudit, où séjourne une créature de la nuit… Si ce que vous aimez dans les vieilleries gothiques, c’est de ne surtout pas avoir de scènes gothiques, de vous balader entre des jeunes gens hésitant entre romantisme et baise à couilles rabattues, d’assister à des dialogues vides de sens entre des clowns toujours prêts à en faire trop (palme d’or collective dans la catégorie «  personnages les plus irritants » pour la troupe) et d’attendre cinquante loooooongues minutes avant que le fameux monstre daigne sortir de sa tombe, alors vous serez aux anges. Et si vous désiriez perdre vos rétines dans de majestueux décors, voir des gonzesses être coursées par un revenant sadique et avoir votre dose de toiles d’araignées, vous l’aurez dans le fondement. Et bien profond.

 

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Non pas que tous ces éléments soient absents, et à dire vrai ils sont présents. Vous retrouverez des demoiselles vampirisées attachées dans une grotte, de la poussière, des lieux lugubres et, of course, des attaques du croqueur de nuque, incarné par un Giuseppe Addobbati (Les Amants d’Outre-Tombe, Opération Peur) à la croisée de Bela Lugosi, Christopher Lee et du côté pincé de Raymond Gérôme. Mais tout cela survient bien trop tardivement, une fois sonnée la cinquantième minute d’un film qui n’en comporte que 80. Autant dire que l’on aura eu tout le loisir de nous désintéresser des allées et venues des uns et des autres, des problèmes de cœurs de nos blondinettes, des envies de saphisme des cocottes. Et, surtout, que l’on aura été largement été agacés par les horribles répétitions du spectacle de nos jeunots qui nous sont offertes, à base de chant irritant et de danses ringardes. Merci mais non merci, hein… Et ne comptez pas sur l’habituelle ritournelle voyant la plus jolie des cantatrices être en fait la réincarnation de la femme du démon, quasiment une habitude dans le genre et un sursaut scénaristiques qui n’avait déjà plus rien à offrir en 1964. A se demander comment Ernesto Gastaldi, faiseur d’histoire pourtant chevronné (on lui doit tout de même Le Corps et le Fouet, Torso ou La Rançon de la Peur), a pu nous sortir une soupe aussi insipide… Erreur de jeunesse ? Allez savoir. En bref, à moins d’avoir une passion pour les coulisses de théâtres, seul décor que vous verrez réellement en long et en large, il n’y a guère de raisons d’aller vous asseoir dans les sièges de la pièce L’Orgie des Vampires. Ou alors installez-vous non loin de la sortie, on ne sait jamais… D’Artus Films, ici éditeur, on préférera cent fois le très bon Des Filles pour un Vampire et l’excellent Des Vierges pour le Bourreau, aux arguments narratifs identiques pour des résultats nettement plus prenants.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Renato Polselli
  • Scénario : Giuseppe Pellegrini, Ernesto Gastaldi, Renato Polselli
  • Titres: Il Mostro dell’Opera
  • Pays: Italie
  • Acteurs: Marco Mariani, Giuseppe Addobbati, Barbara Hawards, Carla Cavalli
  • Année: 1964

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