RIP George A. Romero

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A force de le voir réveiller les morts et trahir la grande faucheuse, on imaginait peut-être que notre vieil ami George Romero parviendrait à éviter ses griffes. Malheureusement, le réalisateur, l’un des plus cultes du milieu horrifique, s’est éteint le 16 juillet à Toronto, et l’on espère qu’il n’y aura plus de place en enfer… Sait-on jamais, il pourrait revenir. Est-il dans tous les cas bien utile de revenir sur son parcours ? Tout le monde sait fort bien que le mythe du mort-vivant n’aurait sans doute pas la même puissance sans sa trilogie culte et qu’il aura tout de même aligné de sacrées perles dans le genre, tels le touchant et flippant Incidents de Parcours, le magnifiquement triste Martin ou l’efficace Deux Yeux Maléfiques, co-réalisé avec son ami Dario Argento. Bien sûr, on n’était pas obligé de tout aimer, et il est évident que le maestro avait subi une petite baisse de régime en fin de course, son Survival of the Dead n’étant pas une grande réussite. Mais voilà, dans la crypte toxique, on a pour ainsi dire grandi avec Zombie et Creepshow, dont les VHS ont tourné si souvent que mon téléviseur garde toujours des marques de morsures gluantes et des morceaux du gâteau de Bedelia. C’est sûr, on ne passe plus des fêtes des pères classiques depuis que Romero s’est penché sur la question, tout comme on s’attend toujours à croiser un vieux zombie décati dans l’ascenseur de notre hypermarché. Et c’était peut-être là le plus beau tour de force du gaillard: être parvenu à modeler le quotidien pour le rendre flippant, changeant les animaux de compagnie en de cruels assassins, planquant la sorcellerie dans la vie d’une femme au foyer, rendant toute une ville démente à cause d’un produit toxique, transformant un adolescent introverti en un doux dingue suceur de sang ou se penchant sur les déboires d’un romancier spécialisé dans le glauque et se faisant passer pour mort. Seul regret, que le bonhomme ne soit pas sorti plus souvent du cimetière, sa première trilogie se suffisant à elle-même sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter une seconde, très inégale. Mais victime de ses gros succès, le nom Romero était malheureusement plus vendeur lorsqu’il était collé aux revenants que sur des projets plus originaux. Dommage mais qu’importe, nous aurons tout de même eu notre dose, et plutôt deux fois qu’une. Merci, George, tu auras bien mérité ta retraite!

4 comments to RIP George A. Romero

  • Lemmy Lemonhead  says:

    Bien d’accord avec toi… à force de le voir mettre en scène des zombies je le voyais totalement immortel. Je suis tombé de haut… Grosse carrière pour le Monsieur et surtout Gros respect !

  • princecranoir  says:

    Bel hommage Rigs, qui accompagne dignement le dernier voyage de papy Roméo vers le cimetière. Il faudra en effet se souvenir de ses autres films marquants (je retiens comme toi les superbes Martin et Incident de Parcours, et un plaisir coupable devant le très King La Part des Ténèbres). Il fallait donc que vienne finalement « George of the dead », mais le caveau est il définitivement refermé ? Pas si sûr si on en croit tous ces zomblards qui peuplent encore les écrans chaque année. En apprenant la nouvelle, j’ai commencé à réunir des provisions et des armes au cas où je le verrais débouler dans la salopette de Big Dady.

  • princecranoir  says:

    Mon correcteur automatique a changé Romero en Roméo ! La transformation a commencé !

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