Devil Times Five

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Vous en avez marre que l’on vous dise que ce n’est pas normal de ne pas vouloir d’enfants ? Ne vous en faites pas, chers amis, Artus a pensé à vous en sortant Devil Times Five, parfaite preuve que non, les chiards c’est pas toujours mignon !

 

 

 

Y’en a qui ne se facilitent pas la tâche ! C’est le cas de Sean MacGregor – réalisateur de seconde zone auquel on doit le scénario de Cry Blood, Apache de Jack Starret – qui pour son troisième long-métrage, Devil Times Five, décide d’aller tourner dans la neige et avec des enfants de moins de dix ans pour la plupart. Manque plus que les animaux pour avoir un tiercé gagnant, pour que toute la famille des éléments à éviter sur un plateau soit réunie, les mouflets étant souvent des plaies à gérer de par leurs jeunes âges et des conditions de tournage modifiées pour eux (un gosse ne peut bosser que durant un laps de temps très défini), tandis que la poudreuse ne facilite jamais le job des techniciens. Serait-ce d’ailleurs pour cela que les premiers rushs de MacGregor ne donnaient rien de bien probant, forçant la production à le virer pour mettre à sa place David Sheldon ? Heureux producteur en matière d’exploitation (Blacula, Black Caesar, Grizzly, Survivance,…), ce dernier doit donc reprendre le boulot après quelques semaines d’interruption, composant avec quelques incohérences : les lieux de tournage ont changé pour les intérieurs et les cheveux de l’un des jeunes acteurs ont subi un changement de teinte pour le bien d’un autre tournage. Pas évident de prendre le relais dans ces conditions, d’autant que le taf fait par MacGregor est présenté comme inutilisable dans sa majeure partie. C’est pourtant lui qui sera crédité comme seul et unique réalisateur, sans doute par compensation. En effet, le bonhomme avait beaucoup bossé sur Devil Times Five, qu’il n’a pas écrit mais pour lequel il a fait des recherches dans des hôpitaux psychiatriques. Logique puisque la petite Série B qui lui fut retirée des mimines se penche sur le cas de cinq gosses mentalement dérangés, en route pour un institut visiblement apte à accueillir les petits psychotiques. Mais la voie étant glissante, le chauffeur du petit bus jaune envoie la carlingue dans le décor, permettant aux jeunes patients de se faire la malle, heureux d’éviter un nouvel asile…

 

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Partis à travers les bois blancs, ils tombent sur un petit chalet dans la montagne, où le rustre Papa Doc (Gene Evans de Shock Corridor) réunit les siens pour parler affaires. C’est que ce grand barbu aux airs d’ours est pété de thunes (ce que l’on ne remarque pas spécialement dans sa villa, assez banale, pour ne pas dire moche) et qu’il compte bien hausser le ton sur ses employés invités, le boss étant du genre dominant. C’est d’ailleurs dans une atmosphère électrique qu’arrivent les enfants, bien évidemment choyés par les adultes, plus ou moins touchés par le malheur de ces êtres qu’ils pensent frêles. Car bien sûr, les petiots se gardent bien de dire qu’ils venaient de la maison des fous, tout comme ils ne se pressent pas de dire qu’ils ont assassiné le chauffeur ! Leurs pulsions meurtrières peu calmées par ce premier crime, ils entreprennent de tendre des pièges à Papa Doc et ses ouailles, trop occupés à s’engueuler pour voir que quelque-chose cloche… D’ailleurs, ça cloche aussi dans le téléviseur, le spectateur éveillé se rendant tout de même compte qu’au fond on se fait un peu chier. C’est que la première moitié de Devil Times Five est lente, très lente, et platement réalisée qui plus est. Que les plans viennent de MacGregor ou de Sheldon ne change pas grand-chose à l’affaire : si l’on perçoit que quelques séquences sont mieux éclairées ou plus propres que d’autres (on suppose que ce sont celles sorties de la caméra de Sheldon), l’un comme l’autre peinent à insuffler le plus petit début d’énergie dans l’affaire, pas loin d’être exsangue. Ce qu’ils rattrapent plus ou moins en usant d’un humour un peu « tongue in cheek », d’un second degré noir naissant de l’opposition entre les deux camps. Ainsi, les gosses se comportent en adultes : le petit Noir joue aux militaires et gère ses troupes, l’albinos se fait nonne, le petit David (l’acteur/chanteur Leif Garret dont nous avons parlé via le slasher Campement de l’Horreur) se présente tel un dandy,… A l’inverse, les « grands » n’ont de cesse de se chamailler comme des gosses : la bien-nommée Lovely tente de séduire tous les hommes passant près de ses jupes ; Rick, le gendre de Papa Doc, n’a de cesse de provoquer ce dernier ; Julie la copine de Rick boude régulièrement ; tandis que le pauvre Harvey (Sorrel Booke de la série Shérif, fais-moi peur !) est constamment en train de lutter avec son alcoolique de femme, qui refuse de lui faire l’amour, quand il ne tente pas de se faire pousser une paire de burnes face au souverain Papa Doc. Un effet miroir intéressant donc, mais qui ne peut passer que par une longue exposition. Fort heureusement, cette attente sera bénéfique pour la suite des évènements, puisque bien connaître les protagonistes permet de rendre leurs décès plus cruels (et de cruauté le film ne manque pas !) ; n’empêche que la patience sera mise à rude épreuve avant cela et que l’on piquera parfois du nez…

 

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Surtout lors du premier meurtre, d’ailleurs, montré au ralenti. Les suivants le seront aussi, mais seulement le temps d’un plan ou deux, lorsque la petite main meurtrière d’un chérubin s’abattra sur des hommes et femmes ne se doutant pas de leurs sombres desseins. Alors que le premier, c’est toute la séquence, longue de plusieurs minutes, qui se déroulera en décéléré, donnant à l’ensemble des airs de calvaire (plus pour le spectateur que pour le supplicié), en prime assez inesthétique. On se demande bien ce qui sera passé par la tête des producteurs et réalisateur pour en arriver là, et la seule explication valable serait que la scène ne fonctionnait pas à une allure normale. Les gosses n’étaient pas crédibles ? Les dialogues, souvent emplis de comédie, diminuaient l’impact d’un passage voulu comme choquant ? Le filmage n’était pas satisfaisant ? Allez savoir… Heureusement, la deuxième partie accélère un peu la cadence, les sales gosses pendent un pauvre simple d’esprit (John Durren, également co-scénariste du métrage) et se font dès lors remarquer par le reste des séniors. Et c’est parti pour des meurtres généralement inventifs : piranhas jetés dans un bain alors qu’une jolie MILF s’y prélasse, pauvre homme empalé par une lame accrochée à une sorte de balançoire de fortune, coup de hache dans la nuque, lance plantée dans le cou, égorgement d’un gars tombé sur des pièges à loups, bonne femme à laquelle on fout le feu,… Ca ne plaisante pas et l’atrocité des faits est encore soulignée par la simplicité avec laquelle les bambins les commettent, ces derniers ne se rendant pas compte de ce qu’ils font. Ou tout du moins s’en foutent-ils, prenant tout cela pour un jeu, tuant pour rire, par intérêt (ne pas retourner à l’asile) ou pour se venger, le petit dandy n’ayant pas apprécié d’être battu aux échecs. C’est donc la puérilité qui servira de guide aux pires actes… et la même puérilité qui empêchera les êtres matures de voir qu’ils sont en présence de jeunes tarés tout juste bons à être enfermés.

 

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Pas mal dans le fond, tout cela, et l’on regrettera que la forme ne profite pas du même soin, ou d’un artisan chevronné aux manettes. Peu de plans impriment ainsi la rétine, tout juste nous souviendront-nous de ce bain en présence de piranhas, séquence assez nerveuse, et de ces petits enfoirés jouant autour d’un cadavre, qu’ils transforment en bonhomme de neige. Du reste, Devil Times Five devra son intérêt à son principe et à son nihilisme saupoudré d’enfantillages. A tenter un jour où vous êtes bien éveillés, donc, d’autant que le DVD (malheureusement accompagné de sous-titres suivant avec approximation ce que racontent les acteurs) sorti par Artus Films est désormais disponible pour pas cher. A montrer a votre conjoint lorsqu’il vous harcèle pour fonder une famille !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Sean MacGregor, David Sheldon
  • Scénario : John Durren, Sandra Lee Blowitz
  • Production : Michael Blowitz, Dylan Jones
  • Titres: Cinq fois la mort (France), The Horrible House on the Hill, Peopltetoys (USA)
  • Pays: USA
  • Acteurs: Sorrel Brooke, Taylor Lacher, Gene Evans, Carolyn Stellar
  • Année: 1974

2 comments to Devil Times Five

  • Roggy  says:

    Même si le film semble assez lent au départ, j’ai bien envie de le mater. D’autant plus que j’ai ramené le film du dernier BWE 🙂

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