Zombie Holocaust

Category: Films Comments: One comment

Vous voulez vous éloigner du stress du quotidien, du métro-boulot-dodo qui vous écrase de jour en jour ? Vous avez besoin de vacances ! Un conseil, n’allez pas sur l’île de Kito, car si le décor est beau, les cannibales et zombies qui y séjournent risque bien de vous faire la peau…

 

« Les 1001 vies des films bis italiens », tel est le nom de l’ouvrage qui pourrait être écrit par certains archéologues du bis comme Christophe Lemaire ou Jean-Pierre Putters. Une œuvre légitime vu le nombre des titres différents que se sont offerts les films gores transalpins de l’époque pour leur exploitation vidéo. Zombi Holocaust n’a bien entendu pas échappé à la tradition, se faisant appeler La Terreur des Zombies (pour sa sortie VHS française), Zombie Terreur (chez les belges), Docteur Butcher M.D (les USA, plus branchés clinique que cimetière), Island of the Last Zombies, Medical Deviate (toujours les USA, qui cette fois mettent en avant le coté mort-vivant tout en continuant à souligner le coté médical) et même Zombie 3, histoire de faire croire à une suite de L’Enfer des Zombies de Fulci, qui se faisait appeler Zombi 2 (parmi 500 autres titres). L’un comme l’autre n’ont d’ailleurs rien à voir avec le Zombie de Georges A. Romero, pas plus qu’avec le Zombi 3 de Bruno Mattei et Claudio Fragasso. Labyrinthique, n’est-ce pas ? Et ce n’est pas fini puisqu’en Angleterre, Zombi Holocaust se fait appeler Zombie Holocaust (l’ajout du « e » sera gardé pour l’édition dvd française par Neo Publishing, qui se fendra même d’une ressortie sous un autre titre, Anthropophage Holocaust !!!) et  Queen of the Cannibals. Tutututut! Attendez un peu, que viennent foutre des cannibales dans un film de zombies ? Là aussi, c’est une longue histoire…

 

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Nous sommes en 1979 et L’Enfer des Zombies est le succès vidéo que l’on sait, et comme tout succès, il ne peut rester sans suites. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud, quitte à s’en bruler les doigts, et ça, le producteur Alberto Moriani l’a bien compris. Déjà producteur du classique de Lucio Fulci, il se met en tête de produire un nouveau film de morts-vivants en utilisant les mêmes lieux de tournage, l’un de ses acteurs (Ian McCulloch, que l’on reverra ensuite dans Contamination) et même une bonne partie du scénario. Inutile de préciser que Zombie Holocaust a donc des faux airs de frère jumeau de L’Enfer…, surtout lorsque le producteur réutilise certains plans du deuxième pour le premier. Il n’y a pas de petites économies. Mais là où l’holocauste zombie se distingue, c’est lorsqu’il s’agit d’amener des cannibales à l’écran. Car oui, les anthropophages sont eux aussi de la partie, Moriani pensant probablement que surfer sur le succès de Cannibal Holocaust serait synonyme de succès. L’équation est simple: zombie + cannibale = jackpot. Ce qui ne veut pas dire que le film sera réussi…

 

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Tout comme L’Enfer des Zombies, le film débute à New-York avec d’étranges évènements dans un hôpital: des membres de cadavres disparaissent. Un bras par-ci, un cœur par-là, le tout sans nettoyer bien sûr. Après enquête, la docteur Laurie Ridgeway (Alexandra Delli Colli, L’Eventreur de New-York) découvre que tout cela est l’œuvre d’un cannibale venant de l’île de Kito, dans l’archipel des Moluques. Avec un autre docteur, Peter Chandler (McCulloch), ils se rendent compte que plusieurs autres cas de cannibalisme ont eu lieu dernièrement et que tout semble les relier à une secte basée dans les fameuses îles. Ni une ni deux, ils décident de s’y rendre, quand bien-même cela doit être terriblement dangereux et qu’au fond pas grand-chose ne les y oblige et que prévenir la police serait bien suffisant. Mais que voulez-vous, il faut bien que le film se fasse alors autant que les persos sautent dans la gueule du loup d’eux-mêmes, ça économise de la pellicule… Une fois sur place, ils font la connaissance du docteur O’Brien (joué par l’acteur Donald… O’Brien ! Ils ne sont pas allé chercher très loin) qui leur prête quelques uns de ses hommes pour les escorter dans les fameuses îles. Il faut porter à votre connaissance que cela fait déjà trente bonnes minutes que le film a débuté et qu’il ne s’est pour ainsi dire rien passé jusqu’ici si ce n’est quelques vols de membres dans l’hosto et un cannibale qui se défenestre. C’est pas qu’on s’ennuie mais pas loin quand même. Fort heureusement, arrivent nos sauveurs, les cannibales, qui vont se faire une joie de se servir au buffet représenté par nos héros, nous permettant de voir ce pour quoi l’on était venu et ce durant une bonne quinzaine de minutes. Machette dans le crâne, yeux crevés, tronche arrachée à l’hélice d’un bateau, égorgements et empalements divers et variés, tel est le menu alléchant qui est proposé, le tout à grand renfort d’effets bien évidemment très gores. Car s’il y a bien une chose que l’on ne peut reprocher à Zombie Holocaust, c’est sa générosité en la matière. L’ennui, c’est qu’il n’a que ça pour lui…

 

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Et les morts-vivants dans tout ça ? Ils arrivent, après trois-quarts d’heure de film pour… ne rien faire. Enfin si, leur présence suffit à faire fuir les cannibales qui attaquaient notre équipe de docteurs. Faut dire qu’il y a de quoi, les cadavres ambulants n’étant pas franchement des modèles de beauté, ni de maquillage. L’un d’entre eux a même une bouche de chat, c’est dire s’ils sont choupis. Mais sinon, ils ne font vraiment rien. Que dalle, nada. Ils essayent juste de rattraper le héros à la fin du film, mais ça ne va pas plus loin. Pas plus menaçants qu’un escargot lancé à toute berzingue à vos trousses, ils ne sont en fait que des pions, des esclaves à la solde du docteur O’Brien, qui s’amuse à jouer à dieu, prenant le cerveau d’une personne pour le greffer sur une autre. Ce qui demande bien sûr une ablation du ciboulot qui n’est pas sans faire penser à l’opération de Saw 3 puisqu’ici aussi on a l’honneur d’assister aux cours du brave docteur. L’accent est d’ailleurs mis sur lui dans certains pays comme en témoigne la bande-annonce du film aux USA, le médecin étant même renommé Dr. Butcher pour l’occasion. Autant se balader avec une pancarte sur laquelle est marqué « coupable »… Fort heureusement, les plans du praticien seront mis à mal par les barbares régionaux qui reconnaissent en Laurie une déesse cannibale, permettant à celle-ci de les contrôler. On notera par ailleurs que la pauvre fille n’est pas plus paniquée que cela à l’idée d’être kidnappée par des affamés qui n’ont qu’une envie: la bouffer. Elle se laisse en effet dessiner des fleurs sur le corps et participe à tous leurs rituels, impassible. C’est ça, la dignité, messieurs !

 

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Malheureusement, le rythme du film est sérieusement redescendu depuis les fameuses attaques des canniboules, qui auront décidément volé la vedette aux zombies. Et n’espérez pas que la réalisation remonte le niveau, ce serait vous faire du mal. Confiée à Marino Girolami, un vieux routard du cinéma italien et père d’Enzo G. Castellari (La Mort au Large), elle est réduite à sa plus simple expression. Dire que le bonhomme n’avait rien à foutre de ce qu’il tournait est un euphémisme tant il semble se contenter de poser sa caméra là où se déroule l’action sans se soucier du manque d’esthétisme de son long-métrage. Il livre la pizza, empoche la thune et se casse, en gros. Difficile de lui en tenir rigueur vu le scénario qu’il devait mettre en image… Et dans le genre « pas motivé », les acteurs se posent là aussi, que ce soit un McCulloch qui n’en à rien à foutre ou une Delli Colli qui ne fait pas le moindre effort. A coté, O’Brien semble exploser, cabotinant avec plaisir dans le rôle d’un savant fou qui rappelle un peu Herbert West, le charme en moins.  L’ennui c’est que si le tout est assez mauvais, il ne l’est pas suffisamment pour obtenir une palme du nanar, pour amuser comme un bon Virus Cannibale des familles. Car mis à part quelques effets ratés comme un tranchage de bras en caoutchouc ou un mannequin qui perd son bras dans une chute alors que l’acteur l’a toujours dans le plan suivant, l’ennui prime sur la rigolade. Heureusement que la quinzaine de minutes offerte à mi-parcours relève un chouia le niveau en caressant le bisseux dans le sens du poil, car sans cela Zombie Holocaust ne mériterait que l’oubli. Ce qui lui pend d’ailleurs au nez, le film n’ayant pas marqué les esprits plus que cela. Comme quoi, le mélange entre deux gros succès ne garantit pas forcément une concoction magique…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Marino Girolami
  • Scénarisation: Fabrizio De Angelis, Romano Scandariato
  • Production: Alberto Moriani
  • Titres: Zombi Holocaust (Italie), La Terreur des Zombies (France, pour VHS)
  • Pays: Italie
  • Acteurs: Ian McCulloch, Alexandra Delli Colli, Donald O’Brien
  • Année: 1979

One comment to Zombie Holocaust

  • Ghoulish  says:

    Le Bis dans toute sa splendeur ! Du cannibale, du zombie ( hélas passif ), du plan nichon, même si ce n’est pas très bon, ça se rattrape avec le gore et la super musique. La VF est à pleurer de rire.

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