The Machine Girl

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Les lycéennes japonaises, avec leur petites jupes typiques, font souvent partie des phantasmes des nippons, et parfois même de certains occidentaux. Mais quand la lycéenne vous fourre dans la bouche une jolie sulfateuse qu’elle a greffée à son bras, c’est moins glamour.

 

Depuis quelques années, les amateurs de cinoche bien cramé du bulbe regardent tous dans une direction bien précise: celle du soleil levant. Car ça fait un moment qu’une bande de fripons nippons s’amusent à faire les films les plus gores possible, dans la joie et la bonne humeur. Enfin, faisaient car ils ont malheureusement laissé tomber leur « label », Sushi Typhoon, fournisseur de bandes cinglées comme Alien Vs Ninja, Mutant Girls Squad ou Helldriver (pas celui avec Nicolas Cage hein, ça c’est Helldriver 3D). Le problème, c’est que généralement les gens reconnaissent The Machine Girl, Tokyo Gore Police, Robogeisha et Vampire Girl vs Frankenstein Girl comme des productions Sushi Typhoon, ce que ces films ne sont pas. Il faut dire que personne ne fait rien pour dissiper le malentendu: Mad Movies lors d’une interview de Yoshihiro Nimura a titré l’interview « Sushi Typhoon » alors que la dite interview parle à peine de Helldriver et pas du tout de Mutant Girls Squad, les deux seuls véritables films Sushi Typhoon de sa filmo. N’oublions pas Elephant Films, distributeur français de ces films, qui a fait un coffret « Sushi Typhoon » dans lequel il n’y a qu’un seul film qui est sorti du studio: Helldriver ! Bref, rien n’est fait pour changer la donne et tout le monde se réfère à ces films comme ceux de l’ouragan de poisson cru. Bon, ce n’est pas bien grave puisqu’ils sont tous très proches (mêmes équipes en général), mais il n’empêche que le film qui nous intéresse ici est une production Fever Dreams, une boite située aux USA qui coproduit des films japonais. On leur doit entre autre Wicked Lake ou Flesh For the Beast, pour les plus connus (c’est à dire les moins inconnus). Nul doute que The Machine Girl (en compagnie de Tokyo Gore Police) restera leur film culte.

 

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Ami et Yui n’ont pas de bol. Leurs parents se sont suicidés suite à des accusations de meurtres et le pauvre Yui se fait racketter par une bande d’enfoirés dont le chef est le fils du boss yakuza du clan du coin. Un jour, ça tourne mal et Yui et son pote Takeshi se font tuer, balancés du haut d’un immeuble. Ami, fouillant dans les affaires de son frère mort, découvre un carnet dans lequel il écrivait le nom de toutes les personnes qu’il voudrait voir mortes. C’est ce qui la mène dans la maison du chef yakuza, où elle se fait légèrement violentée (on lui coupe un bras, quoi). Elle parvient tout de même à se tirer de là et atterrit chez les parents de Takeshi qui sont garagistes. Ils lui construisent alors une mitraillette qu’elle pourra greffer à son bras et l’aidera bien dans sa vengeance. Comme vous pouvez le voir, c’est pas du Hamlet mais bon… qu’est-ce qu’on en a à foutre d’Hamlet de toute façon ? Le script est surtout là pour donner de bonnes raisons au réalisateur de se la jouer boucherie-charcuterie et de déverser du sang dans tous les sens. Et en ce sens, le script est largement suffisant, d’autant que le film, comme les autres « films Sushi Typhoon qui ne sont pas Sushi Typhoon », verse allégrement dans l’humour, souvent noir. Une bonne occasion de critiquer la société sous couvert d’un humour bon enfant, régulièrement crétin mais qui fait aussi mouche…

 

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Si chez nous Noboru Iguchi est principalement connu pour The Machine Girl ou Robogeisha, il a surtout derrière lui une carrière bien garnie dans le porno. Quand on voit des titres comme HyperTrophy Genitals Girls ou First Cum Inside! Excellent Pussy Yura Aikawa, on sait tout de suite qu’on ne va pas assister à de gentilles petites comédies romantiques où on se fait des bisous sur la bouche. Aucune idée de ce que le gaillard vaut comme réalisateur de porno (mais bon, après tout ils sont un peu interchangeables, non ?), mais comme réalisateur de film d’action gore, on va vite être fixés. Bon, soyons honnête, il sera difficile de juger ce film par rapport aux standards habituels. The Machine Girl, c’est du V-Cinema (du cinéma vidéo quoi, le direct-to-dvd du Japon), et le V-Cinema ça déborde pas de moyens. Acteurs qui en font des tonnes, effets spéciaux approximatifs, décors très pauvres, on est pas à Hollywood quoi. Mais ça fait aussi partie du charme, tout ça. Ben oui, on sent bien que c’est bricolé avec des bouts de ficelles et qu’au fond, tout cela n’est pas super réussi, mais devant la bonne humeur ambiante et la réelle envie de bien faire (très palpable), on ne peut qu’adhérer à ce gros délire très généreux ! Et qu’importe si Iguchi réalise ça comme cent autres l’auraient fait.

 

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On dit souvent que les gens qui ont le moins sont ceux qui vous donnent le plus. C’est également vrai pour le V-Cinema. Ils n’ont pas les moyens de faire des combats homériques, de te sortir des personnages utilisant des armes de folie, de faire tout sauter. Et pourtant, ils le font quand même. C’est vrai que tout cela donne un peu l’impression de surfer (tardivement car The Machine Girl date de 2008) sur la vague Kill Bill, ce qui est surtout visible lors du générique d’introduction, qu’aurait pu faire Tarantino. Mais si le Quentin peut démembrer tout un gang de yakuzas sans que cela ne lui ferme les portes des bons papiers de la presse, pourquoi Iguchi ne ferait pas de même ? Têtes tranchées par une tronçonneuse, visage découpé, torse troué, explosions de tronche à la sulfateuse,… Tout y passe dans un délire gore où le sang coule suffisamment pour remplir un lac. Et encore, ça déborderait. C’est bien simple, il est difficile de trouver des productions dans lesquelles il y a tant de sang qui gicle que chez nos amis japonais. Ils prennent d’ailleurs un malin plaisir à en envoyer plein sur la caméra, comme dans un jeu-vidéo. Alors si vous aimez votre viande bien saignante, vous en aurez pour votre argent.

 

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Niveau gore, rien à redire, le contrat est rempli. Niveau action, c’est plus délicat. Il n’y a pas de chorégraphie particulièrement enthousiasmante, les jours de tournage n’étant probablement pas suffisant pour mettre au point des bourre-pif capables de rivaliser avec les films de Jackie Chan et Bruce Lee. Mais ce n’est pas bien grave, tout comme le manque de moyen placé dans les effets spéciaux. C’est même une bonne chose que le larfeuille de la production soit à sec puisque cela permet au film d’avoir des trucages à l’ancienne, à base de latex et de prothèses et tout le tralala. Bon on a tout de même des plans truqués numériquement (et assez mal truqués, en passant) mais globalement moins que dans les films suivants du même genre (Helldriver ou Robogeisha sont largement plus porté sur le numérique). Et si le sang coule, il n’est pas interdit de verser une petite larme devant la triste histoire d’Ami, qui en prend plein la gueule durant tout le film. Incarnée par la très jolie Minase Yashiro, une Idole japonaise (en gros elle pose en petite tenue dans des magazines). Elle fait un très bon job comme héroïne et on est bien emmerdés pour elle quand il lui arrive une tuile. Finalement c’est ça The Machine Girl: un gros délire fourre-tout où on dégobille un instant avant de pleurer cinq minutes après pour mieux rire par la suite. Alors oui, c’est un peu trop long pour ce que ça raconte (pas loin de deux heures quand même) et on sent bien qu’ils n’assument pas le délire à 100% et tentent de glisser une critique de la société quand ils le peuvent mais bon, ça ne ternit en rien le gros plaisir que ce film représente. Probablement l’un des meilleurs de la vague gore de V-Cinema qui nous assaille depuis quelques temps. On en redemande !

Rigs Mordo

 

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  • Titre original : Kataude Mashin Gâru
  • Réalisation et scénario : Noboru Iguchi
  • Production: Fever Dreams
  • Pays: Japon
  • Acteurs: Minase Yashiro, Asami, Kentarô Shimazu, Honoka, Nobuhiro Nishihara
  • Année: 2008

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