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Entretien avec Eric Denis (Scream Fanzine)

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Ceux qui fréquentent la Toxic Crypt connaissent forcément le fanzine au cri : Scream bien sûr, né à l’aube des glorieuses 80’s – Barbara Steele en façade, dans un immémorial numéro 1 -, qui poursuit sa route jusqu’à aujourd’hui… et peut-être même jusqu’à demain. Voilà bien tout le mal qu’on souhaite à ce fanzine des âges lointains, mort et ressuscité plusieurs fois dans sa longue histoire.

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Black Lagoon numéro 3 : c’est dispo !

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Un peu plus d’un an après le deuxième numéro que nous avions consacré à Jim Wynorski, mon ami Jérôme et moi-même reprenons la route du fanzinat avec, c’est la logique qui le veut, un numéro 3. Si nous étions jusque-là des habitués du printemps, nous avons décidé de faire pousser Black Lagoon Fanzine en même temps que les potirons et les citrouilles ricaneuses, parce que le sommaire l’explique (vous le verrez), mais aussi parce que cela nous convient bien de sortir de nos tombes pour la période joliment colorée d’Halloween. Le fanzine a pris quelques couleurs lui aussi d’ailleurs, puisque nous quittons le noir et blanc pour les fichiers en CMJN (qui a déjà fait face à un imprimeur comprendra) sans que le prix s’en fasse ressentir : nous restons à 10 euros (15 avec les frais de port), pour 102 pages au format A4, comme de juste remplies de bêtes crochues et de maniaques adeptes du hachoir.

Niveau sommaire, nous retournons barboter dans les eaux sanglantes de l’épouvante aquatique, sans oublier de rendre hommage à une petite légende du fantastique et à un label qui monte doucement mais sûrement :

Idrofobia : l’un des deux gros morceaux du numéro, un passage en revue des différents sous-Jaws que l’Italie balança dans nos assiettes à la belle époque des VHS. Cruels Jaws, Deep Blood, La Mort Au Large seront bien sûr de la partie, mais nous ne nous sommes pas limités aux seuls requins et les Tentacules et autres Killer Crocodile se rappelleront également à votre bon souvenir. Un gros dossier de 22 pages, dont le but est surtout de revenir sur les naissances souvent agitées de ces Séries B transalpines.

Piranha 2, les tueurs volants : puisque nous étions déjà trempés, autant aller inspecter les contours de la genèse, là encore particulièrement compliquée, du film d’un certain James Cameron. Ses relations plus que tendues avec Ovidio G. Assonitis, la légende selon laquelle Cameron se glissa dans la salle de montage pour retoucher au film dans le dos du producteur, ce qu’il en est véritablement des suites annoncées alors… Vous saurez tout.

Don Glut : l’autre gros morceau du fanzine, puisqu’un peu moins de 40 pages (réparties entre deux dossiers et une interview) sont consacrées à ce pionnier du cinéma horrifique. Le premier dossier se consacre à ses jeunes années, alors qu’il tournait dans sa cave ou son jardin ses remakes personnels du mythe Frankenstein ou des combats entre vampires et loup-garous, quand il ne partait pas dans les jungles préhistoriques pour y rencontrer des dinosaures en terre glaise… ou créés à l’aide d’une chaussette. Le deuxième dossier prend place dans les années 90 et 2000, alors que Don Glut, sans lâcher ses vieilles momies, avait glissé dans un cinéma érotique et généreux en poitrines dévêtues. Enfin, l’interview permettra de faire le point sur ses goûts, intentions et son avenir proche.

The Barn et Scream Team Releasing : puisque le numéro sort en octobre, autant fêter Halloween à notre façon. Et pourquoi ne pas consacrer quelques pages à The Barn, magnifique slasher surnaturel tourné avec les moyens du bord et en gardant les années 80 en tête ? Et tant qu’on y est, pourquoi ne pas jeter un œil au reste du catalogue de Scream Team Releasing, petite boîte fondée par Justin Seaman (réalisateur de The Barn) et balançant aux horror addicts quelques jolies Séries B, voire Z, bourrées de maniaques traquant les jeunes étudiantes, de zombies qui s’en prennent à des adeptes de la weed et de clowns assassins.

Les Tripodes : série culte des seventies, adaptées de romans bien connus des amateurs de science-fiction, le programme télévisé The Tripods connut aussi une production faites de hauts et de bas, l’audimat n’étant pas systématiquement au rendez-vous. On fera le point au détour de trois pages.

Special Silencers : parce qu’il n’y a pas que les USA et notre vieille Europe, on s’en va en Asie pour y croiser un film sacrément dingue. Mélange d’arts-martiaux et d’horreur gorasse, avec à la clé des racines sortant des bides de malheureux qui ne lisent pas la notice avant de prendre un médoc, Special Silencers mérite bien son petit séjour à l’asile. Et c’est pour ça qu’il nous plaît.

Et comme toujours, vous retrouverez les rubriques habituelles (sauf Craignos Sentaï, parce qu’on avait pas envie cette fois-ci) : quelques petites news pour prendre la température de l’underground francophone et des zines sortis entre deux numéros, quelques chroniques de CD de metal (que vaut le dernier Morbid Angel ? Le docu sur le groupe Death est-il bon ? Le nouveau Cardiac Arrest fait-il battre nos petits coeurs?), un petit retour sur un bouquin américain dédié à la saga Phantasm et bien entendu la rubrique DVD/BR, agrémentée pour le coup de quelques articles un peu plus étirés, comme un hommage à Bach Films via trois de leurs antiques monsters movies.

Pour commander le numéro, avec lequel est offert un poster recto/verso, nous vous invitons à passer par Paypal:

– Envoyez la somme à l’adresse suivante : jerome.ballay@orange.fr
– 15€
– Sélectionner « ENVOI D’ARGENT A UN PROCHE »
– Ne surtout pas oublier d’ajouter en message vos NOM, PRENOM et ADRESSE COMPLETE !
– Validez.

A noter qu’il nous reste une toute petite poignée du numéro 2 (moins d’une dizaine) contactez-nous par mail ou mp si vous voulez une commande couplée 2 + 3, ou si vous voulez juste le numéro 2. De même, si vous désirez payer par chèque, c’est bien évidemment possible, nous vous invitons à nous contacter par mail (adresse en fin de publication) afin que nous vous transmettions notre adresse.

N’hésitez pas pour toute question à utiliser les commentaires ou à nous envoyer un message privé ou un mail : fanzineblacklagoon@gmail.com

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L’Appel d’Azathoth

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A L’Appel d’Azathoth, le fantasticophile de base frétille de la saucisse, forcément. Et le sectateur des cultes anciens répond « Sultan des Démons« , connaisseur qu’il est de la cosmogonie lovecraftienne. Allez donc mirer la quatrième de couv’ et vous aurez belle idée de l’entité qui règne au centre de l’univers, et gouverne au destin de ce fanzine…...

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Oraison Funèbre pour Chair Blême n°2

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Qui ne connaît pas Yannick Maréchal ne mérite pas d’entrer en Toxic Crypt… Rappel express pour les cancres : en 2017, le gars publiait Reggae & Horror – The Black Curse of Bloody Island, ce pavé de fanbook sacrifié aux affinités du reggae et du cinéma d’horreur (plus de 200 pages quand même). D’abord, il fallait y penser… et puis le faire surtout. Beaucoup prirent alors la mesure de leur inculture en la matière, dont votre serviteur… Bien parti sur sa lancée, le mec accouchait ensuite d’Oraison Funèbre pour Chair Blême (au printemps 2018), macro fanzine « au tirage limité nanoscopique, dédié au cinéma Fantastique sous toutes ses formes et aux représentations graphiques de l’Horreur« . OFPCB pour les intimes, dans un titre tout en mélancolie macabre et en romantisme noir, tout en ambiance gothique et en langueur maladive… Amis poètes, bonsoir, mais restez quand même hein, car si l’intitulé fait mal au moral, le contenu fait du bien partout ailleurs...

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Trash Times Numéro 19

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Les temps sont durs certes, mais les temps sont trash : Trash Times opus 19 donc, qui s’étale sur nos étals en ce printemps 2019, après un crowdfunding Ulule couronné de succès. Les livres, les films et les zines désormais, au bon vouloir du financement public et de contributeurs généreux… Bon, chacun fait ce qui lui plaît comme disait l’autre, et chacun fait comme il peut surtout, car il est vrai que l’accouchement d’un fanzine – aussi beau que celui-ci – ratiboise vite question picaillons. Seul compte le résultat de toute manière : en un mot, pourvu qu’on ait l’ivresse et qu’importe l’alambic.

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Terreurvision numéro 6

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L’habitude est prise désormais, et c’est une bonne habitude : depuis six ans déjà, le fantasticophile Nicolas François-Tholozan (Nico Tho sur les réseaux) compile et chronique les films de trouille sortis pendant l’année écoulée : Terreurvision autrement dit, ou votre rendez-vous avec la peur comme dit l’accroche. Belle reconversion quand on sait que Nico fut aussi le boss du fanzine Suspiria au début des années 2000 : les collectionneurs iront fouiller dans leur caverne… Terreurvision donc, un fanzine aux contours bien dessinés, à la ligne éditoriale claire et précise, qui ne souffre ni surprise ni déception puisqu’on sait où l’on marche et où l’on va : ici, pas d’obsessions bis ni d’improbables raretés, mais le panorama complet d’une année d’horreur et de frissons, soigneusement dressé par l’ami Nicolas.Inaugurée dans l’opus 5, la rubrique Enter the VOD ouvre le ban, sacrifiée à cette « nouvelle » manière de consommer du film via le monstre Netflix notamment. De belles surprises distribuées sur la plateforme, comme ce Watch Out joliment troussé… Puis vient le corps du zine, ces quelques 40 films passés au crible de la subjectivité la plus assumée : nous sommes souvent d’accord avec Nicolas (tableaux d’honneur à Ghostland), moins parfois (le surévalué Sans un Bruit), mais l’écriture absolument parfaite des chroniques fait chaud au cœur et aux yeux, tant l’ensemble se veut argumenté, éclairé, passionné et savant. Et puis surtout, Nico n’a jamais ce tic insupportable des gens blasés, sachant encore s’emballer après toutes ces années : la marque des hommes sincères, et des vrais amoureux du genre.

L’année défile donc en titres incontournables et en plus petites choses, en buzz immérités (Hérédité) et en trucs moins fameux qui eussent pourtant mérité meilleur sort critique. En cela, Terreurvision fait œuvre de salut public, mémento essentiel pour se rappeler les bonnes choses passées, les coups de bluff et les injustices… parfois réparées à la faveur d’une édition DVD/Blu-ray. En l’espèce, Nicolas n’en oublie donc pas les plus belles sorties qui scandèrent l’année 2018 : sous la toise, les beaux mediabooks ESC consacrés à la Amicus et les très chouettes coffrets Artus Films dévolus au cinéma gore de Lucio Fulci, sans oublier le fameux Jeu d’Enfant de Tom Holland (toujours chez ESC). Au final, se dessine une image de l’année passée, une couleur et un parfum : 2018, c’est le millésime du faux remake (Suspiria), de la sequel plutôt réussie (Halloween), de la suite méchamment ratée (Jurassic World : Fallen Kingdom) du spin-off moyen (La Nonne) et de la déception carabinée (Leatherface). Oui, encore une année à patrouiller dans le déjà-vu, à vadrouiller dans le prémâché et le déjà conçu. Heureusement qu’il y eut The Devil’s Candy, Le Rituel et le petit frenchie Cold Ground, found footage sympatoche dont le réalisateur est d’ailleurs interrogé dans le présent numéro. Comme le Belge Jonas Bloquet d’ailleurs, héros de La Nonne.
Bref, si la couverture a perdu de son épaisseur et de sa brillance (so what ?), et si le zine a très légèrement maigri (48 pages), Terreurvision fait toujours ce beau travail d’archives et de mémoire, qui propose une mise en page simple et carrée, très confortable à la lecture. Prions maintenant pour que Nicolas continue à éditer son fanzine sur papier (nous sommes du vieux Monde), et que l’année 2019 soit un peu plus riche d’originalité et de vraies surprises. (Contact : http://www.terreurvision.com/ : le zine est dispo au format PDF au prix de 3 euros, et en version papier au prix de 6 + 3,20 euros de frais de port).

David Didelot

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Scream numéro 16

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Qu’Eric Denis me pardonne, mais la profession de foi qui gouverne à tous les Scream mérite bien d’être reproduite ici, extraite de l’une de ses dernières lettres : « J’aime tellement le cinéma bis et j’essaie de le faire apprécier à ma poignée de lecteurs. » Point barre et point final. D’une simplicité biblique, et d’une honnêteté parfaite. D’où cette fringale de la plume, d’où cette compulsion du clavier chez Eric Denis, sans calcul ni compromis : depuis des années maintenant, les Scream s’enchaînent et se ressemblent, et l’on ne parle là que de cette dernière série née dans les années 2010 (n°1 paru en 2013)… Plus encore, le bon Eric fait du prosélytisme bis puisque il convertissait sa fille il y a peu – Emilie, l’enfant des ténèbres – aux joies de fanzinat et aux plaisirs du ciné populaire. Tel père telle fille en un mot...

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By the Sword – Chronique de l’Heroic Fantasy au Cinéma

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Yeah, we’re warriors, warriors of the world comme diraient nos bestiaux de Manowar : alors please Thierry Augé, tell me a story, celle de l’heroic fantasy au cinéma… Dans une yourte si possible, au feu crépitant et sauvage d’un foyer rustique. Pas dans La Séance à Roggy hein – site imparable s’il en est – mais sur beau papier, comme dans l’ancien Monde (qui a définitivement du bon), et dans un fanbook déjà majeur pour qui bande dur aux exploits des Conan, Frodon et autres Roi Arthur, ou de leurs petits frères – même les plus mal fagotés.

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Scream numéro 15

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Décidément, la famille Denis est une famille en or (pardon pour la réf.) : dans la maisonnée, je demande le père – Eric, et la fille – Emilie, qui enquillent les numéros de Scream sans sourciller ni bavarder alentour. Fanzine aux multiples séries, né à l’entame des années 80, Scream ne s’adresse qu’aux vrais connaisseurs, peinards dans leurs cavernes et loin du babillement des réseaux. En effet, le fanzine d’Eric Denis a construit sa belle réputation dans la régularité métronomique de ses parutions et la passion simple de son boss pour le cinéma bis. Point barre. Dans son opus 14 (juin 2018), Eric nous causait ainsi des Mad Max à l’Italienne, et voici qu’il revient dans la Botte cet automne, pour un volume 15 entièrement sacrifié à Nicoletta Elmi. Qui ? Nicoletta Elmi, gamine maléfique (ou pas) du cinéma bis italien, redhead qui dira forcément quelque chose au client du rayon, sans que l’on mette d’emblée un nom sous la bobine de la rouquine. En parcourant la carrière de la donzelle, on s’aperçoit que la petite Nicoletta fut d’abord une comédienne-enfant, avant que d’être une comédienne-tout court : souvenons-nous de La Baie Sanglante et du Baron Vampire si l’on cause Mario Bava – elle n’a alors que 8 ans -, de Qui l’a Vu Mourir ? et d’Emilie, l’Enfant des Ténèbres (dans des rôles plus substantiels), ou des Frissons de l’Angoisse bien sûr, dans la peau d’une étrange enfant s’amusant à torturer les insectes… Bien sûr, il y eut le cas Demons en 1985 (la belle ouvreuse du Metropol, transformée plus loin en goule déchaînée),  mais le parcours de Nicoletta Elmi reste définitivement attaché aux seventies, et à cette bizarre angélité d’un minois tout à la fois innocent et inquiétant. Bref, une telle actrice méritait bien pareil dossier, 50 pages richement illustrées, fabriqué selon les règles de la maison : approche chronologique des faits, synopsis et avis critique à chaque film évoqué, tout cela commandés par la bienveillance contagieuse d’Eric et d’Emilie. L’enthousiasme aussi, qui pousse père et fille à fuguer parfois, et à sortir des clous pour déclarer leur flamme au Frissons de l’Angoisse ou à La Baie Sanglante : les films deviennent alors prétextes à des envolées critiques plus denses, qui sont largement bienvenues pour tout dire. On sent en ces pages un stylo plus libre, affranchi de son objet principal, comme on perçoit cette volonté de faire famille autour du cinéma populaire, quand Eric partage sa passion pour telle édition DVD ou telle publication bis du cru… Oui, s’il ne doit en reste qu’un au pays des gens sympas et des fanzines sincères, c’est bien Eric Denis et toute la collection Scream. (Pour en savoir plus et commander la chose, toquer à cette adresse : http://cinema-scream.fr/)

David Didelot

Scream15

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Abordages numéro 1 ramène le vieux Myers dans vos bibliothèques!

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Il vous reste certainement un peu de place pour un bol de soupe à la citrouille, non ? Ca tombe bien car le premier numéro d’Abordages, piloté par Jocelyn Manchec, sacrifie ses 25 pages à La Nuit des Masques. Parfait, c’est de saison! Et comme il pense que old-school is da best school, c’est avec ses ciseaux, ses tubes de colle et sa photocopieuse en fin de vie que Jocelyn s’est chargé de la maquette de ce zine résolument à l’ancienne, agrafé comme en 84 et garni de quelques passages à l’écriture manuscrite. Les nostalgiques apprécieront et retrouveront, le sourire aux lèvres et le caleçon humide, ces menues bourdes d’un autre temps, comme ces mots manquants, ces coups de crayon ou de marqueur rajoutés pour palier à certains oublis, et ces photos granuleuses en noir et blanc qui nous en font plus deviner qu’elles nous en montrent. Abordages, c’est donc le retour aux méthodes ancestrales, à une certaine maladresse, pour le coup assumée et presque désirée, comme si le spectre de Pierre Pattin était sorti de son caveau pour user un dernier ruban encreur. Question écriture, on oscille entre les poèmes et chutes de mots en freestyle plus ou moins réussis, quelquefois accompagnées de dessins sentant, eux aussi, le fanzinat des origines, et des analyses. Tantôt portées sur le fond et la forme (étude de la séquence dans l’école, retour sur le caractère d’incapable du Dr. Loomis, minutage du film), tantôt plus personnelles, comme cette première vision d’Halloween pour Vincent Jordan en 86 avec une blonde à ses côtés. Ou encore ce texte, très bon, de Vincent Roussel sur sa première rencontre avec le vieux Myers, l’auteur n’hésitant pas à crier son amour pour les conditions parfois difficiles et cracra via lesquelles les fantasticophiles devaient découvrir leurs futurs classiques. Et le Vinz de viser (et tirer) juste en clamant que « quiconque a goûté le plaisir de ces bandes abimées par un usage intensif du magnétoscope ne peut trouver que grotesques ces délires fétichistes et perfectionnistes de l’ère glaciale du numérique! » Bien dit. Pour en savoir plus sur Abordages et se le procurer, un seul lien, celui de la page Facebook du zine !

abordages

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